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il fallait bien un film de presque 3 heures, auto-produit collectivement hors des circuits de production courants, tourné chaque week-end par un cinéaste qui travaille la semaine comme chauffeur routier, pour nous faire ressentir aussi savamment le vague à l'âme de ces ouvriers de chantier nippons, ce climat de dépression économique, sur fond de hip-hop identitaire, où l'on côtoie davantage les immigrés brésiliens, les hôtesses de charme thaïlandaises, dans cette ville désertée, rideaux de fers des commerces tirés