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Le Lys brisé
Le Lys brisé
4,0
Publiée le 26 juillet 2012
Un magnifique mélodrame, dans sa naïveté et sa sublimité. Naïveté dans le personnage du chinois, avec toute son idéalisation. Le bouddhisme ressemble à une sorte d’évangélisme parfait. La sublimité est dans le platonisme de l’amour liant le chinois à la pré-adolescente, dans l’abnégation et l’innocence dans le malheur extrême de Lucy. Griffith montre tout son art du montage, de l’action alternée : les séquences du combat de boxe avec le repos de la fille avec son hôte sont très réussies. Le paysage londonien dans la brume, sa photographie, sont splendides. L. Guish a par moment la beauté d'une icone. Voir « Le lys brisé » après « Naissance d’une nation » est très surprenant. Autant la seconde partie de ce dernier film apparaît clairement comme un manifeste raciste, autant « Le lys brisé » en prend le contre-pied et le démonte. Le chinois, le « jaune » est un prototype de « bon » personnage. Le Blanc, l’anglais raciste, est une brute ignoble, imbu de ses origines, mu par une jalousie ou un complexe sexuel sous-jacent dans sa haine et sa violence. C’est réellement à se demander si le même homme a tourné les deux films. Ou alors le racisme peut lui aussi être sélectif.