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Un magnifique mélodrame, dans sa naïveté et sa sublimité. Naïveté dans le personnage du chinois, avec toute son idéalisation. Le bouddhisme ressemble à une sorte d’évangélisme parfait. La sublimité est dans le platonisme de l’amour liant le chinois à la pré-adolescente, dans l’abnégation et l’innocence dans le malheur extrême de Lucy. Griffith montre tout son art du montage, de l’action alternée : les séquences du combat de boxe avec le repos de la fille avec son hôte sont très réussies. Le paysage londonien dans la brume, sa photographie, sont splendides. L. Guish a par moment la beauté d'une icone. Voir « Le lys brisé » après « Naissance d’une nation » est très surprenant. Autant la seconde partie de ce dernier film apparaît clairement comme un manifeste raciste, autant « Le lys brisé » en prend le contre-pied et le démonte. Le chinois, le « jaune » est un prototype de « bon » personnage. Le Blanc, l’anglais raciste, est une brute ignoble, imbu de ses origines, mu par une jalousie ou un complexe sexuel sous-jacent dans sa haine et sa violence. C’est réellement à se demander si le même homme a tourné les deux films. Ou alors le racisme peut lui aussi être sélectif.