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Le cinéma de Gus Van Sant réussit l'exploit d'être constamment léger et dense à la fois. Ici, il est intéressant de voir comme le cinéaste traite d'un sujet d'actualité – en l'occurence l'exploitation du gaz de schiste : il en fait presque une approche pédagogique. En effet, ce sont au cours de l'histoire toutes les facettes de la source d'énergie qui sont progressivement et clairement abordées : d'abord l'enthousiasme lié aux ...
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L'œuvre de Bresson se fait ici des plus ambiguës. La première séquence du film pourrait illustrer la quête du Graal selon le cinéaste ; une quête qui se résumerait alors aux combats passablement sanglants entre quelques chevaliers un peu balourds (on penserait presque à « Sacré Graal »). On se dit alors qu'on va assister à une véritable entreprise de désacralisation d'un mythe, ce que la suite ne semble pas tout à fait ...
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Ayant laissé perplexe une bonne partie de la critique lors de sa sortie en 1968, le plus célèbre des films de Kubrick aura su, au fil des ans, gagner son statut de chef-d'œuvre du cinéma – statut qui lui semble aujourd'hui difficile de contester. Il suffit de voir la quantité colossale d'ouvrages d'analyse lui étant consacrés pour se rendre compte de son potentiel intellectuel et esthétique, continuellement exploité et toujours ...
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« Saló ou les 120 journées de Sodome » est un film définitif. Il vient clore une œuvre idéaliste – l'œuvre et la vie d'un artiste engagé, qui croyait en l'art, aux sens, à l'Homme. On ne peut bien sûr pas parler de tournant – c'est le dernier film de Pasolini – , pas plus qu'on ne peut y voir l'aboutissement d'une œuvre ou d'une pensée : encore lors de son avant-dernier film – « Les mille et une nuits » – , le cinéaste ...
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Fellini avait décrit son sublime "Casanova" comme une transposition de "La Dolce Vita" au XVIIIème siècle. On peut sans doute voir "Satyricon" de la même façon : "La Dolce Vita" transposée dans l'Antiquité romaine. Après tout, qu'importe l'époque : ces sociétés renfermées sur elles-mêmes, livrées à une futile recherche du plaisir - ou plutôt à une fuite de l'Ennui - que nous dépeint le Maestro dans ces trois films ont beau être ...
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Après avois réalisé son "Chinatown" qui lui avait valu de se faire une fois de plus acclamé par la critique, Roman Polanski se lance dans la réalisation de ce film, qui n'est pas sans rappeler son mythique "Rosemary's baby" (il s'agit d'ailleurs du dernier volet de sa trilogie de l'appartement maudit, constituée de ces deux films et de "Répulsion").
Le film s'ouvre sur une fenêtre. Puis la caméra se déplace ... sur d'autres fenêtres, ...
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Si "Princesse Mononoké" avait déjà révélé au monde entier le génie de son auteur, il aura encore fallu attendre "Le voyage de Chihiro" pour que ce dernier soit définitivement gravé dans le marbre. Chef d'œuvre parmi les chefs d'œuvre, il est l'occasion pour le maître japonais de laisser exploser son imaginaire et de faire voyager le spectateur dans l'univers foisonnant d'une culture fascinante (qui ne manquera pas de nous dépayser, ...
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"Le Silence des agneaux": rien que le titre suffit à effrayer bon nombre de personnes. Pourtant, ce n'est pas un film d'horreur. Plus qu'un simple thriller, le film de Jonathan Demme (l'adaptation du roman de Thomas Harris) est à la fois un film policier, un thriller, un drame et une critique de la société macchiste. Le scénario, tournant autour d'une enquête à la fois troublante et fascinante, est d'une grande subtilité, privilegiant ...
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Si "Breaking the waves" est peut être le film le plus déterminant de la filmographie de Lars Von Trier, il constitue sans aucun doute son oeuvre la plus puissante. Après sa glaciale "trilogie de l'Europe" (véritable œuvre expérimentale constituée des objets abstraits que sont"The element of crime", "Epidemic" et "Europa"), où l'esthétique incroyablement travaillée et l’étanchéité à tout sentiment étaient le reflet d'une volonté ...
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Moretti l'engagé politique est un agressif, a le goût de la polémique, on le sait bien. Mais le Moretti qui se questionne sur la religion, tout athée qu'il est, sait se montrer bien plus humain et témoigne de la compassion à ses personnages : il interprétait lui même un prêtre soumis à des questions existentielles dans "La messa è finita", il centre maintenant son attention sur le pape en personne. Pape qui, une fois arrivé au sommet ...
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De tous les films de Tarkovski, "Solaris" en est peut être le moins sensitif, le moins majestueux, le plus glacial : le cinéaste dépeint les tourments de l'âme et l'incapacité d'oublier avec une austérité peut être jamais atteinte dans son œuvre. Une fois de plus, l'intelligible s'oppose au sensible, la raison aux impressions : mais le point de vue de Tarkovski se fait ici particulièrement pessimiste en ce que la confrontation à la ...
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A l'heure où le cinéma hollywoodien, continuellement nourri par les progrès technologiques et les possibilités qu'offre le numérique, vire de plus en plus à l'industrie, "The Artist" semble se poser comme l'un des films les plus audacieux qu'on ait vus dernièrement.
Ce qu'il y a de plus audacieux en fait, c'est le concept : tourner, au XXIème siècle, un vrai film muet d'époque. D'un point de vue scénaristique, Hazanavicius nous emmène ...
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Il est intéressant de constater à quel point la croyance chez Tarkovski se fait ouverte ; elle exalte l'art, aime la vie, questionne librement l'esprit et les sens, et s'affranchit de tout dogmatisme. C'est par cette même"foi éclairée" (pas tant en Dieu qu'en l'art) que le célèbre iconographe, alter-égo du cinéaste lui-même, tente de faire comprendre sa vision du monde. Si "Andreï Roublev" tient une place si importante dans l’œuvre ...
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Lauréat du grand prix du jury au festival d'Angers, "La Pivellina" est un film très sobre, filmé comme un documentaire, plein de beaux sentiments. Une histoire à priori banale, mais portée par d'excellents comédiens (qui plus est amateurs). Et c'est aussi grâce à la sobriété de la réalisation que cette histoire gagne en interêt: elle nous devient vite familière et parvient à nous toucher. Cependant, le film est trop long pour le ...
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Monument absolu du cinéma. Je ne me permettrais pas d'écrire une critique, même élogieuse, ce serait l'insulter. Le meilleur film de Kubrick.
Il est triste de voir ce qu'est devenu Tim Burton. Plus d'imagination, plus de poésie, plus rien de beau. Rien. "Alice au pays des merveilles" risque bien de devenir le symbole de ce nouveau Tim Burton. Cette 'suite' du conte original est une parfaite honte : c'est archi-conventionnel, ça trahit totalement l'esprit de l'oeuvre de Lewis Caroll, et, surtout, c'est incroyablement laid. La photographie dégouiline de couleurs ultra-surfaites; ...
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Pas grand chose à dire … Anthony Hopkins a toujours été un grand acteur et son interprétation dans « Le silence des agneaux » restera dans les annales, mais il faudra qu'il se décide un jour à abandonner définitivement le rôle d'Hannibal Lecter. Enfin, on peut plutôt s'en prendre aux scénaristes, qui semblent cruellement avoir manqué d'imagination pour développer ce rôle … ça aurait pu être juste passable, sauf que c'est ...
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En voyant "Attenberg", on se dit qu'il est impossible de ne pas penser au brillant "Canine" : cette austérité absolue, cette rigoureuse géométrie qui vient habiter chaque plan, et surtout cette sexualité glaciale rappellent inévitablement l'oeuvre de Yorgos Lanthimos (lequel apparaît d'ailleurs dans le film). De la même façon, les humains sont montrés comme insignifiant, vains et vides de substance.
Si tout cela était justifié chez ...
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On reproche beaucoup à "True Grit" d'être trop classique, de ne pas assez porter la marque (et donc le mordant) des frères Coen ... mais c'est peut être justement l'exact contraire. Quelque part entre le bon vieux western à la John Wayne, la comédie noire et le conte, le nouveau film des cinéastes n'est pas dénué d'ambition et emporte le spectateur dans une jolie aventure ... seulement une jolie aventure. Et oui, à force de trop jouer ...
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Difficile de comprendre pourquoi "Chez Gino" est si boudé par la presse et par le public ... car c'est non seulement très (très) drôle, mais aussi loin d'être dénué d'intérêt. Le simulacre (qui vire à la parodie) de film de gangsters qui se retrouve au coeur de l'intrigue fait écho au film de Benchetrit lui-même ; il s'interroge le "remodelage" des plus grandes références cinématographiques (sous forme d'hommages à Coppola ou ...
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"Une séparation" est un film impressionnant, tout d'abord par ses acteurs, tous exceptionnels autant en terme d'intensité que de naturel. Il y a aussi la façon à la fois subtile et directe dont le réalisateur nous raconte son histoire ; c'est fort, c'est presque un coup de poing, mais ça adopte un point de vue très nuancé, refusant toute schématisation (aucun personnage n'est cantonné à une simple position ; chacun dispose de son ...
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A première vue, on pourrait trouver à "Black swan" le même grand défaut qu'à "Requiem for a dream" : l'emphase. A l'image du film qui avait valu à Darren Aronofsky de se faire connaître dans le monde entier, l'emploi presque à overdose d'effets horrifiques et paranoïaques (comme les miroirs et leurs inquitants reflets ...) pourrait lui porter préjudice. Mais il n'en est rien. Si Aronofsky cherchait avant tout à appitoyer et à ...
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"Road to nowhere" est un objet informe et indescriptible. Il serait difficile d'en comprendre le sens (disons plutôt "les sens", car les pistes de réflexion qu'il dévoile semblent infinies) en un seul visionnage. L'expérience sensorielle y joue donc un rôle capital ; et le moins que l'on puisse dire, c'est que, on le sent, ce film est l'un de ceux qui parlent le mieux de cinéma depuis un bon nombre d'années. On peut le vivre comme un ...
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Le premier long-métrage d'Andreï Tarkovski est d'une beauté stupéfiante. S'il n'a pas encore certes la portée philosophique et universelle de ses futures œuvres, la sensibilité du cinéaste et sa maîtrise formelle sont d'ores et déjà évidentes : l'histoire, d'une douce et âpre simplicité, est mise en scène avec un sens du symbole et de la poésie extraordinaire et laisse déjà entrevoir les grands thèmes de l’œuvre ...
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Il est une chose qui a toujours fait le charme du cinéma de Clint Eastwood – la même chose qui, paradoxalement, semble a priori le limiter. C'est cette étonnante simplicité, cette justesse plus ou moins constante (le récent "Hereafter" est plutôt dans le moins, mais passons) dans sa manière d'approcher ses histoires et ses personnages, bien souvent porteurs de réflexions philosophiques et sociales. Le problème (s'il en est vraiment ...
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Niveau rythme et mise en scène, c'est assez parfait : d'une « ironie discrète » à des moments « silencieusement hystériques », Miike arrive à de vrais tours de force et crée quelque chose de vraiment original. Dommage quand même que le film se retrouve un peu limité par son final : pas par le final en lui-même, non, qui est saisissant à tous les niveaux (comme quoi une réalisation sobre et intelligente suffit à impressionner …). ...
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Si « Les amants crucifiés » paraissaient comme assez lourds, ce Mizoguchi subjugue par son incroyable justesse : autant dans ce qu'il a de tragique et romanesque que dans ce qu'il a de plus métaphysique et mystique. Mais c'est surtout une œuvre de pure poésie, construite essentiellement sur les sentiments de ses protagonistes et offrant des moments absolument sidérants de beauté (ah, le chant cette voix intérieure semblant surgir du ...
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D'un côté le rêve, de l'autre la réalité. D'un côté l'enfance, de l'autre l'âge adulte. Cependant, ces deux côtés ont un point commun; ils sont particulièrement sombres, et habités par des personnages qui cherchent désespéremment à atteindre un seul objectif: vivre heureux. De plus, le scénario, incroyablement intelligent, réussit un tour de force en faisant s'opposer deux côtés qui naissent du refus de se laisser aller à ...
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"Démineurs" est un film de guerre intelligent et complexe. Réalisé d'une main de maître par Kathryne Bigelow, qui installe une grande tension, le film fait réellement réfléchir sur le pourquoi de la guerre, les raisons de s'engager dedans, les motivations de l'homme etc. L'aspect documentaire rend le film extrêmement réaliste, et offre une vision complète et probante de la guerre en Irak et du métier de démineur. Interprété par ...
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Eh ben ... Miyazaki prouve une fois de plus qu'il est un immense cinéaste et qu'il sait parfaitement éviter de se répéter ! Dans cette histoire touchante et pleine de tendresse, il explore encore une fois mais avec, comme d'habitude, un regard nouveau mais toujours plein de sensibilité ses thèmes de prédilection; l'écologie, bien sûr, mais aussi la recherche d'une identité. S'il s'agit de l'un des films les plus .... "enfantins" du ...
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Un film puissant et exceptionnel qui trouve un écho fort dans l'actualité. Un scénario fort et irréprochable, une solide réalistion, de très bons jeunes comédiens, le ton passe superbement du drame au thriller, et même jusqu'à la tragédie. Mais le point le plus fort du film est sans hésitation Isabelle Adjani, livrant une performance extrêmement bouleversante, digne d'un César et même plus. Un des films forts du cinéma français. 17.5/20
Encore une fois, Werner Herzog réalise un film voué à la démesure des ambitions humaines et à la puissance de la volonté … celle qui peut amener un grand rêveur à devenir un véritable mégalomane et à affronter les forces brutes de la nature pour concrétiser ses fantasmes les plus effarants. A l'image du personnage de Fitzcarralo, le cinéaste allemand repousse toutes les limites naturelles et semble pouvoir mettre en image ce qu'il ...
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Le premier long-métrage professionnel de Stanley Kubrick. Soyons francs : on ne peut pas dire que le scénario présente un très grand intérêt. Les personnages sont plutôt sommaires, l'intrigue classique, et le happy-end plutôt décevant ... Ce qui importe dans "Le baiser du tueur", c'est la réalisation, les signes préfigurateurs du génie visuel du réalisateur : on sent déjà l'immensité du savoir-faire du réalisateur ... et tout le ...
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