Films
Séries
Emissions
102 ans après le chef-d'œuvre indémodable de Murnau, cette nouvelle version du conte gothique "Nosferatu" avait de quoi attiser la curiosité de tous les cinéphiles et des friands de cinéma d'horreur. Avec un casting de luxe, une bande-annonce alléchante et une durée conséquente (2h12), tous les ingrédients sont réunis pour la réussite d'un des blockbusters de cette fin d'année 2024. Robert Eggers semble le directeur idéal au vu du travail créatif mené, notamment dans "The Lighthouse", qui fut aussi l'occasion de le voir travailler avec Willem Dafoe.
Très rapidement, il s'avère que l'esprit originel de Murnau est bien loin. Tout à ses images gothiques, d'une beauté visuelle qu'on ne peut nier, on comprend que tout ce que le réalisateur allemand ne faisait que suggérer ou rendre mystérieux, est rendu grossier et "facile" par Eggers, qui joue dès la première scène du "jump-scare", attendu et bien peu inspiré. La noirceur des décors, du château est un dénominateur commun avec Murnau, mais là où résidait la force du muet, qui suggérait, le parlant rend le personnage d'Orlok des plus grotesques, avec un accent caricatural, des traits physiques adaptés au public du XXI° siècle (peau grisâtre, chair en putréfaction), rendant ce personnage mythique des plus impersonnels. Comble de la déception, la scène culte de l'ombre d'Orlok dans la maison des Hutter est réduite à un vague hommage et est dépourvue de toute utilité, sinon rappeler la vague parenté avec l'œuvre originale. La durée du film est finalement un moyen pour étirer à l'infini une intrigue qui ne le méritait pas ( spoiler: toute la dernière heure se déroule à Wisburg
). Les scènes "inédites", dans l'hôpital de Sievers ou sur le bateau laisse place à une esthétique plus gore que gothique, d'autres laissent la place à ses personnages, dont ceux du professeur Von Franz et d'Ellen. Le seul (vrai) mérite d'Eggers dans ce remake indigeste, qu'on subit plus qu'on apprécie, est de centrer l'intrigue sur son personnage féminin, campé par une Lili-Rose Depp habitée. Le reste n'est que le produit de procédés d'horreur devenus interchangeables.
Très rapidement, il s'avère que l'esprit originel de Murnau est bien loin. Tout à ses images gothiques, d'une beauté visuelle qu'on ne peut nier, on comprend que tout ce que le réalisateur allemand ne faisait que suggérer ou rendre mystérieux, est rendu grossier et "facile" par Eggers, qui joue dès la première scène du "jump-scare", attendu et bien peu inspiré. La noirceur des décors, du château est un dénominateur commun avec Murnau, mais là où résidait la force du muet, qui suggérait, le parlant rend le personnage d'Orlok des plus grotesques, avec un accent caricatural, des traits physiques adaptés au public du XXI° siècle (peau grisâtre, chair en putréfaction), rendant ce personnage mythique des plus impersonnels. Comble de la déception, la scène culte de l'ombre d'Orlok dans la maison des Hutter est réduite à un vague hommage et est dépourvue de toute utilité, sinon rappeler la vague parenté avec l'œuvre originale. La durée du film est finalement un moyen pour étirer à l'infini une intrigue qui ne le méritait pas ( spoiler: toute la dernière heure se déroule à Wisburg
). Les scènes "inédites", dans l'hôpital de Sievers ou sur le bateau laisse place à une esthétique plus gore que gothique, d'autres laissent la place à ses personnages, dont ceux du professeur Von Franz et d'Ellen. Le seul (vrai) mérite d'Eggers dans ce remake indigeste, qu'on subit plus qu'on apprécie, est de centrer l'intrigue sur son personnage féminin, campé par une Lili-Rose Depp habitée. Le reste n'est que le produit de procédés d'horreur devenus interchangeables.