Gérard Delteil
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Les Assassins sont parmi nous
Les Assassins sont parmi nous
3,5
Publiée le 15 avril 2025
Très marqué par la tradition expressionniste allemande, ce film est le premier sorti en Allemagne après la fin de la guerre. Et par conséquent le premier à aborder, d'un point de vue allemand, le problème de la responsabilité face aux crimes de guerres et au génocide commis par l'Etat nazi. Depuis, bien sûr, de nombreux films ont abordé cette question de façon plus élaborée et plus subtile. Il a été produit par la DEFA, dans la zone d'occupation soviétique, avant que celle-ci ne devienne la RDA. C'est donc une oeuvre de propagande, même si on n'y voit ni soldats américains et soviétiques, ni militants communistes. Le réalisateur, Wolfgang Staudte, contrairement à ce qu'écrit un critique sur ce fil, n'a pas été le metteur en scène de l'ignoble Juif Suss. Il n'y a participé que comme comédien, ce qui n'est tout de même pas la même chose. Cette participation, dont on ignore les conditions, ne suffit donc pas à le disqualifier. Pas davantage que le fait qu'il soit passé à l'Ouest après avoir poursuivi sa carrière en Allemagne de l'Est. Le discours politique est tout de même relativement simpliste : les assassins doivent être condamnés, sans que soit fait allusion au nazisme. Le seul élément qui semble relever de la propagande communiste, c'est le personnage de l'officier sanguinaire qui retrouve une situation confortable comme patron d'une entreprise qui recycle les casques en les transformant en casseroles. Mais les causes de la guerre ne sont évoquées. Si le côté politique est faible, l'aspect humaniste donne tout son intérêt au film. Une des meilleures scènes, très émouvante, est celle où le médecin traumatisé par la guerre reprend goût à la vie en sauvant une jeune fille. On notera en revanche que le personnage de la jeune déportée est peu développé. En dépit de ses faiblesses, ce film est à voir, non seulement comme document, mais comme une oeuvre forte qui suscite l'émotion davantage que la réflexion.