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Deux ans après Casino, Martin Scorsese illustre une partie de la biographie du dalaï-lama, passant de l'énergie fiévreuse et furieuse de l'univers du jeu à Las Vegas à la vie d'un ascète à Lhassa. En matière de grand écart, c'est le top. Le réalisateur choisit souvent la focalisation interne pour mettre en images et en sons les rêves, les hallucinations, mais aussi les doutes, les angoisses d'un homme religieux et politique. ...
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Le début du film n’est pas très bien posé, un peu brouillon, laborieux. On peine à y entrer. Les choses s’améliorent dès l’arrivée du fils Courge au village. Se déroule alors un récit plus limpide, sur le mode du roman d’apprentissage, entre nature et culture. Ouverture au monde, approfondissement de la relation filiale, évocation du deuil, naissance d’une amitié sont autant de thèmes développés avec tendresse, drôlerie ...
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Sean Penn s’est probablement laissé un peu emporter par son sujet (inspiré d’une histoire vraie et d’un livre du journaliste Jon Krakauer) : longueur du film, style trop appuyé parfois, absence de regard critique. Into the Wild n’en demeure pas moins le récit passionnant d’une aventure humaine, empreinte d’idéalisme. Une histoire extrême. Un voyage au bout de la solitude. Le réalisateur et son acteur Emile Hirsch se sont ...
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Un film au sujet scabreux, traité de manière à la fois crue et délicate, avec des acteurs méritants. Le topo sur le monde du porno contemporain paraît réaliste, sans être manichéen. Il est question de business, de violences psychologiques et physiques (avec une scène animalière à la limite du soutenable), de consentement, de responsabilité, de dépendance et surtout d'influence sur le comportement amoureux et sexuel des jeunes. Il y ...
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C’est un récit intime, nourri de l’histoire personnelle de la réalisatrice, Carla Simón, et porteur à ce titre d’une forme de catharsis. Une catharsis déployée en douceur. C’est aussi une chronique sociale, avec un va-et-vient temporel entre les années 1980 et les années 2000, qui permet de plonger dans la période post-Franco en Espagne, période de liberté et d’excès, période de l’apparition du sida, tout en posant une ...
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Du texte originel de Mircea Eliade, spécialiste des mythes et des langues. Francis Ford Coppola a tiré un scénario touffu et compliqué, mêlant tonalités fantastiques, historiques, mélodramatiques, et brassant trop de thèmes : l’éternelle jeunesse, le double, les origines du langage, l’amour à travers les âges… Le projet est intéressant et ambitieux, mais le mélange de fiction et d’érudition ne prend pas vraiment. Et même si ...
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Un film d'une grande originalité, d'une grande richesse et d'une grande beauté. C'est à la fois une expérience narrative, une expérience intellectuelle et une expérience sensorielle, unies dans un geste poétique vraiment étonnant. Et souvent fascinant. En prenant pour cadre unique une université allemande et pour personnage central un arbre enraciné dans son jardin botanique, lequel voit passer différents groupes de personnages humains ...
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Deux tableaux dans ce premier long-métrage partiellement autobiographique. Le tableau intime d’une relation entre père et fils. Le tableau social et politique du Nigéria de 1993, en plein chaos électoral, sous contrôle (et répression) militaire. Le film est tourné à hauteur d’enfants de 8 et 11 ans, avec l’ambition semble-t-il d’épouser leur regard, leur subjectivité, à travers leur découverte d’un monde urbain et leur ...
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Une très bonne surprise. Ce film, adapté d’un roman d’Andy Weir, est un divertissement original, ludique et vraiment plaisant. Il évolue à la confluence étonnante de différents genres et tonalités, entre film catastrophe “survival”, science-fiction, aventure, comédie et drame. Côté SF, le scénario se positionne entre celui de Sunshine, pour le sujet de l’extinction du Soleil et d’une mission de la dernière chance, celui de ...
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Premier mérite de ce film : celui d’aborder frontalement, via des histoires vraies et des personnages réels, un chapitre peu glorieux de la Seconde Guerre mondiale, celui de la collaboration, sous l’occupation allemande. Un chapitre sur lequel le cinéma français n’a jamais été très enclin à se pencher, en tout cas pas avec la profondeur, l’ampleur et le détail de cette fresque. Second mérite : celui de ne pas se limiter à une ...
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"La première fresque sur l'histoire de la Palestine", indique l'affiche du film. On apprend cependant peu ici sur l'histoire de cet État en tant que telle. L'histoire et la politique servent avant tout des fins romanesques, à travers une saga familiale marquée par la spoliation, l'exclusion et l'humiliation, entre souffrance et résilience. Le point de vue palestinien, "de l'intérieur", est intéressant. Et la perspective, plus humaniste que ...
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Un film difficilement classable. Disons qu'il s'agit d'un mélodrame trash, aux accents burlesques, vaguement autobiographique. On ne suivra peut-être pas Guy Maddin dans tous les tours et détours de cette histoire abracadabrante, où il est question de mains coupées et de musée de cire, mais la façon que le réalisateur canadien a de triturer son image et de travailler son montage est intéressante et saisissante. L'auteur réalise le grand ...
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“Pillion”, en anglais, désigne un siège arrière. C’est la place que va prendre le personnage principal sur la moto de son amant et amoureux, et dans leur vie de couple, basée sur une relation dominant/dominé. Le sujet est scabreux et le film, osé (interdit aux moins de 16 ans). Rien n’y est ordinaire, mais tout est abordé comme si cela l’était, ou presque. Avec un naturel étonnant. Pas de fausse pudeur ici : l’expression ...
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Très beau film qui trouve une très belle place dans la filmographie d’Ettore Scola. Filmographie variée, avec quelques récurrences, notamment un regard critique sur l’Italie et une attention particulière aux personnages en marge. Deux ans avant cette réalisation, le cinéaste faisait dans l’originalité scandaleuse avec Affreux, sales et méchants. Il fait ici dans le classicisme subtil et délicat pour donner à voir l’Italie de la ...
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Titre qui interpelle, cadre dystopique, mystère, histoire d’amour naissante, noir et blanc… La formule de ce moyen-métrage est originale, ambitieuse et surprenante. Les moyens sont là pour bénéficier d’un excellent casting et permettre une réalisation soignée. Et le résultat formel est à la hauteur de ces moyens. Sur le fond, on est intrigué par ce tableau social et saisi par certaines idées, comme celle des cercueils jetés dans ...
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Un bon divertissement qui mêle plusieurs genres : satire sociale (du monde du travail, des relations hommes-femmes…), film catastrophe, aventure survivaliste, thriller et horreur/gore. L’évolution des rapports de forces au fil du récit, entre dominant et dominé, humiliant et humilié, est assez réjouissante. Sans manichéisme. Les deux personnages principaux abusent tour à tour de leur pouvoir dans des contextes différents, ayant en ...
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C’est le premier long-métrage réalisé par les frères (devenues sœurs) Wachowski, trois ans avant Matrix. Le début est un brin vulgaire et m’as-tu-vu, mettant l’accent sur un jeu de séduction lesbien qui n’a plus grand-chose de sulfureux aujourd’hui. Il faut passer sur quelques clichés (notamment concernant le personnage de Gina Gershon, reine du bricolage en marcel blanc et conductrice virile d’un gros pick-up). Et se ...
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Premier long-métrage en solo de Josh Safdie, sans son coréalisateur de frère, Benny. Le sujet : un épisode de la vie de Marty Mauser, pongiste voyou new-yorkais (1930-2012). Un sujet certes original, mais qui, sur le papier, ne semble pas des plus emballants. Eh bien le réalisateur a réussi à l'emballer de manière assez jubilatoire. Le récit est une succession un peu folle de petites aventures. Qui rebondit dans tous les sens, comme une ...
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L’idée de départ est originale et intéressante à plus d’un titre, notamment pour sa valeur métaphorique. La discrimination et la persécution des chiens bâtards, opposés aux chiens de race pure, évoquent bien sûr quelques épisodes fascisants du passé et quelques dérives inquiétantes du présent, en Hongrie ou ailleurs. Le réalisateur hongrois Kornél Mundruczó développe en outre un thème général qui lui était déjà cher ...
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Pour son quinzième long-métrage, Pixar renoue avec son originalité de la fin des années 2000, qui avait fait merveille dans Ratatouille, Wall-E ou Là-haut, et qui s’était, depuis, plus ou moins diluée dans des prequels ou sequels commerciaux. Ce Vice Versa repose à la fois sur une histoire toute simple (un récit d’enfance classique, une perturbation liée à un déménagement) et sur un concept ambitieux et audacieux, celui de mettre ...
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Park Chan-wook adapte ici très librement un roman de Donald Westlake, Le Couperet, qui fut également adapté au cinéma en 2005 par Costa-Gavras. Costa-Gavras à qui le réalisateur sud-coréen dédie d’ailleurs son film. Entre les deux adaptations du roman, on peut largement préférer la française, plus sobre sur la forme et plus convaincante sur le fond.
Le début de ce film est toutefois plutôt réussi avec son regard critique sur la ...
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L'affiche du film annonce que Kelly Reichardt revisite le film de braquage. Au vu de sa filmographie très "art et essai", c'est en soi une information qui titille la curiosité. Et de fait, la réalisatrice revisite le genre. À sa façon. Hors de tout canon commercial, n'allant ni vers l'action spectaculaire, ni vers la parodie, même si la première moitié du film prête à sourire, eu égard aux maladresses de cambrioleurs amateurs. Kelly ...
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Le film vaut essentiellement pour son regard (rare) sur l’Irak. La reconstitution des années 1990 est réussie, via de superbes paysages d’eau avec habitations flottantes (sur le delta du Tigre et de l’Euphrate) et des paysages urbains (à Bassora) en proie au chaos économique. Les images granuleuses rappellent les images de l’époque. Par ailleurs, les intentions narratives sont bonnes. Le film présente, via un récit d’enfance ...
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Pour ceux qui ont lu et aimé le roman flamboyant de Barbey d’Aurevilly, dont ce film est l’adaptation, la déception est grande. Il y a d’abord un gros problème de casting. Fu’ad Aït Aattou est certes très beau, mais pas très bon… et surtout beaucoup trop jeune pour le rôle de Marigny, personnage qui a connu mille et une aventures avant d’épouser Hermangarde. Si Asia Argento (trop jeune elle aussi pour jouer une “vieille ...
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Cette chronique de la vie paysanne par temps de guerre vaut surtout pour son cadre insolite, un îlot cultivé au milieu du fleuve Inguri, et pour sa thématique centrale qui confronte l’homme à une nature sauvage, à la fois généreuse et cruelle. Le cinéaste géorgien George Ovashvili, dont c’est le second long-métrage après L’Autre Rive (2009), exploite joliment ce décor grâce à une réalisation attentive, contemplative, et un ...
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À l’origine, il y a une histoire vraie, celle de Danièle Delpeuch qui fut la cuisinière attitrée de François Mitterrand pendant deux ans. Étienne Comar (qui a notamment coécrit Des Hommes et des dieux) et Christian Vincent (dont la dernière réalisation, Quatre Étoiles, remonte à 2006) en ont tiré un scénario de facture honnête, centré sur les plaisirs gustatifs et les us et coutumes d’un palais présidentiel aux privilèges ...
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Au début, on craint d’avoir affaire à un long clip délirant sur l’univers des drogués et sur les effets des drogues. Mais c’est bien plus et bien mieux que cela, cinématographiquement et sociologiquement parlant. Même s’il cède parfois à une certaine surenchère visuelle, Darren Aronofsky (dont c’était le deuxième long-métrage, après Pi) propose une expérience cohérente pour transcrire l’expérience vécue par les ...
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Humour et charme, rythme enlevé, impertinence et légèreté… Une belle réussite, digne des comédies américaines des années 1950. Avec un tandem qui marche parfaitement : la fausse ingénue et l’arnaqueur. Le rapport de force et de séduction entre les deux ne manque pas de piquant. Le petit jeu du chat et de la souris s’inverse malicieusement : elle se révèle joueuse, gonflée, aventurière ; il se laisse amadouer, charmer, piéger. ...
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Deux dimensions dans ce film. La première, d’inspiration tchékhovienne, est une variation autour de La Mouette. Claude Miller dresse un portrait de famille et cerne un mal-être, des désirs, des frustrations… La seconde dimension, c’est une mise en abyme du cinéma, avec une réflexion sur l’aspect cathartique de la mise en scène, l’art et la vie. Pour lier ces deux dimensions : les thèmes de l’arrivisme, de la trahison, de la ...
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Portrait savoureux d’un arriviste, serial killer, aussi pervers que flegmatique. Peinture caustique de l’aristocratie de l’Angleterre victorienne. Narration enlevée, où l’élégance du verbe se conjugue à un humour noir, un cynisme allègre, une touche de non-sens… Tout cela ponctué par une ironie finale assez jubilatoire. Ce film, adapté d’un texte de Roy Horniman, est une petite perle de la comédie anglaise. Et un grand ...
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C’est une histoire de rapports : rapports sexuels, rapports de classes, rapports de forces. Des rapports entre une héritière états-unienne d’âge mûr et un jeune danseur mexicain. Où l’amour et le désir sont mis à l’épreuve (cruelle) d’un certain ordre familial, social, voire politique. L’auteur, Michel Franco, taille au scalpel dans la matière d’un sujet aux résonnances très contemporaines, ouvrant toutes sortes de ...
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Voyage au bout de la nuit à bord d'un chalutier labourant la mer au large de New Bedford (États-Unis). Du métal fendant l'écume, des hommes travaillant comme des machines, des poissons aux yeux globuleux, des mouettes jaillissant comme une constellation d'éclairs blancs dans la nuit, des eaux tumultueuses brassant une masse informe de vie et de mort...
La mer, la pêche, comme on ne les avait jamais vues. Lucien Castaing-Taylor et Verena ...
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Scénario habile, transposant la passion du Christ à la fin des années 1980. La tonalité est originale, entre ironie et sentiment tragique, visée humaniste et réflexion critique sur la religion, la société du spectacle, la communication moderne... On ne sait pas toujours sur quel pied danser, mais l'ensemble est intelligent et surprenant.
Mondialisation, consommation, communication… Cristián Jiménez (dont c’est le premier long-métrage) donne à voir une certaine image de la modernité dans son pays, le Chili, sur un ton burlesque et triste à la fois. Il capte l’absurde au quotidien, les rapports de force et de pouvoir entre les gens, la déshumanisation en marche. Côté style, on songe à Kaurismäki ou à Tati, avec beaucoup de plans fixes. C’est souvent l’action ...
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Fabrice Luchini retrouve Christian Vincent 25 ans après La Discrète. Il le retrouve pour un rôle écrit sur mesure, dans un cadre judiciaire certes inaccoutumé pour lui mais qui l’intéresse depuis longtemps. Un palais de justice, une salle de procès et ses “coulisses” qui sont sans cesse comparés à l’univers théâtral. Autant dire tout de suite que Luchini, homme du verbe, et dont le personnage s’appelle Racine (!), y est à ...
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Au-delà de l’histoire, connue et abordée dans de nombreux autres films, c’est le portrait psychologique du héros qui est ici très intéressant. Arthur Penn présente un jeune homme qui garde toutes les blessures de l’enfance et s’attache en vain à plusieurs figures paternelles. Un chien fou, tourmenté, obsessionnel, qui se laisse submerger par la violence et perd le contrôle de sa vie. Paul Newman, qui reprend un rôle initialement ...
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