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Le Pont de Walid Mattar est une comédie pop et nocturne qui, sous des airs de grand clip de rap bricolé, dresse un portrait lucide d’une jeunesse tunisienne prise entre survie, débrouille et rêves de réussite rapide. On suit Foued, Tita et Safa, trois jeunes ni délinquants ni héros, juste un peu seuls et perdus, embarqués dans un plan cocaïne qui les dépasse complètement. La drogue sert surtout de révélateur d’un système où ...
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L’Entente frappe par sa manière de nous jeter au cœur d’un monde ouvrier rarement montré, et de le regarder droit dans les yeux, sans misérabilisme ni complaisance. La mise en scène dépouillée, le jeu brut des non-professionnels et la présence d’Alexandrie, rugueuse et vivante, donnent au film une puissance de réel saisissante. Rashad ausculte les liens familiaux, les humiliations sociales et les dérives possibles sans jamais ...
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À travers une lettre à son fils, le cinéaste transmet une mémoire menacée, faite de colonisation, sécheresses, conflits et déracinements. Fruit de plus de dix ans de recherches, le film donne la parole aux derniers témoins d’un monde en disparition, entre camps de réfugiés et nostalgie d’une autonomie perdue. Sa forme poétique, nourrie de chants et de paysages désertiques, permet d’entrer dans cette histoire complexe et ...
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À voix basse s’impose comme un geste de cinéma courageux, où Leyla Bouzid affronte frontalement la répression de l’homosexualité en Tunisie et montre comment loi, patriarcat et normes sociales pèsent sur l’intime. En filiation avec l’œuvre de Nouri Bouzid, le film reprend le lien entre homosexualité, violence et domination masculine, tout en assumant plus nettement l’identité queer de son héroïne, loin du fantasme de la « ...
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Entre conte écologique, spiritualité émancipatrice et résistance aux violences faites aux femmes, le film mêle rituels animistes, héritages ancestraux et appel à la liberté intérieure, pour réactiver une spiritualité africaine vivante, non folklorisée, qui aide à penser le présent. Lire la critique sur le site d'Africultures.
Claire Denis tient enfin la promesse faite à Bernard‑Marie Koltès en adaptant Combats de nègres et de chiens, transposé en huis clos nocturne sur un chantier d’Afrique de l’Ouest, entouré de grilles et de miradors. Sans en faire un film « sur » le racisme ou la colonisation, Le Cri des gardes montre comment ils s’infiltrent dans les gestes et les paroles de trois Blancs – Horn, Cal, Léone – pour qui l’Afrique reste surtout ...
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Un film d’atmosphère, d’une grande beauté plastique et sonore. Les impressions, les gestes et les silences parlent davantage que la trame du récit, si bien que le film est une véritable expérience sensorielle, renforcée par la bande originale de Duval Timothy et CJ Mirra qui évite l’afrobeat attendu pour se rapprocher du post-rock. Ce beau filme respire ainsi dans une sourde étrangeté. Sans doute celle que développe sans le dire ...
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Dao est un éblouissement. A l’heure où ce monde se déchire et se suicide, il est essentiel d’en rappeler le dao pour mobiliser ses forces de résilience. Lire la critique sur le site d'Africultures.
L’animation permet d’évoquer ce qu’éprouve l'enfant mieux qu’une trop réaliste fiction. Regardons le réel en face mais continuons de croire qu’un espoir est permis, ce qui ne manque pas d’actualité. En cela, le film colle à l’ironie permanente du livre et échappe à l’infinie noirceur de la cruauté des situations. C’est sur cette crête étroite qu’il réussit son pari. (...) Cela n’aurait pas fonctionné si le ...
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Fantastique valorise la force de la jeunesse de Guinée, confrontée aux pannes de courant, à la vétusté de certaines habitations, aux pénuries alimentaires ou à l'inconfort scolaire, à travers les efforts et la démarche d'une artiste talentueuse et décidée. Avec Fantastique, elle illustre finement le nom du Cirque Amoukanama qu'on peut traduire en français par : "ce qui ne casse pas persiste toujours". Lire la critique de Michel ...
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Une vielle dame qui va revitaliser son existence : le thème est fort et le film réussi ! Véritable hymne à l'enracinement, à la vieillesse, Rue Málaga capte la flamme de son héroïne espagnole, ancrée avec détermination dans le cosmopolitisme de Tanger. Lire la critique de Michel Amarger sur le site Afrimages
Les deux héros s'aiment comme ils aiment la musique et reportent cette sensualité sur les ballades populaires en voie d'extinction qu'ils récoltent dans des régions reculées des États-Unis en 1919. Pour eux, la musique n'est pas seulement des sons, mais aussi des couleurs ou ce que l'on voit dans la nature. Voilà beaucoup de délicatesse, une façon d'exprimer les sensations autrement que par les mots. Comme dans son impressionnant remake ...
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Ce film à la fois pédagogique et sensible est essentiel pour qui voudrait mieux comprendre pourquoi perdurent les préjugés contre les étrangers et la situation sur le terrain. 5 ans de travail pour un véritable outil contre la désinformation. (...) La fermeture des frontières coûte cher, engraisse les passeurs et provoque des drames tandis que leur ouverture permettrait au contraire de gérer les flux plus humainement, au bénéfice des ...
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(...) Peck convoque Orwell en tant que visionnaire, qui alerte sur le danger totalitaire tel qu’il l’a compris quand il publie son livre en 1949 après le nazisme et les camps, tel qu’il l’a compris bien plus tôt par son propre vécu colonial. (...) Comment pouvoir dire que deux et deux font quatre face à une pression idéologique qui renie jusqu’à la science et soumet la perception même de la réalité à sa volonté ? Peck ...
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L'art de Namir Abdel Messeeh est de trouver les images et les sons qui permettent de faire vivre les émotions et les sensations. Il puise autant dans de vieux films de Youssef Chahine que dans ce que finit par raconter son père et tous les documents laissés par sa mère. Cette histoire familiale est dès lors une histoire du siècle.
Comment parler de cette inhumanité, qui n’a plus rien d’exceptionnel par les temps qui courent ? A Cannes, Erige Sehiri l'a présenté comme un film qui « cherche à promouvoir l'empathie pour que la déshumanisation de l'Autre cesse ». Un film marquant pour éviter le naufrage. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures.
Ce film issu d’ateliers et d’une longue pratique avec ses sujets propose un changement de regard sur les jeunes migrants, et en définitive qu’on leur foute la paix avec nos questions déplacées ! (...) La volonté du réalisateur est de les placer au centre du film et d’ouvrir nos sensibilités pour que l’on cesse de faire de l’immigration un problème. Quand ils chantent sur le port « La Liberté » de Soolking avec les supporters ...
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Il ne s'agit pas de percer le mystère mais de vivre avec. Rien n'est forcé, pathétique ou excessif. C'est cette volonté de laisser Fatima convaincre par elle-même, hors de tout discours asséné ou de scénario persuasif, avec aussi bien sa rage que ses incertitudes, qui fait davantage de ce film une ouverture qu'une démonstration. Tant et si bien que le film répond à la mission qu'il se donne : la tolérance et l’inclusion. (lire ...
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Cela commence par un choc. Le choc sera entretenu durant tout le film. Film-choc, Muganga n'est pas un biopic mais plutôt un plaidoyer fortement documentaire sur l'action de Denis Mukwege. Souhaitons que ce film contribue à ce que sa voix porte. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures.
"Nous ne pouvons plus nous contenter du mot horreur" , écrivaient 300 écrivains dans un tribune en mai 2025. C’est exactement ce que font les cinéastes Gazaouis. Ces 22 courts métrages tournés sur place entre janvier et juin 2024, entre les exodes forcés et les bombardements, sont des gestes de cinéma forcément inégaux mais riches non seulement de leur empreinte du réel mais aussi des rêves face à l’enfermement mortifère. Chacun ...
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Ce n’est pas un film-enquête. C’est une plongée. Un travail collectif pour un film choral. Une terrible machine : l’exploitation des précaires est généralisée, autant que le banditisme. Une économie parallèle s’est installée, alimentant un trafic international souvent les minerais extraits dans le pays, le coltran est celui qui permet notamment à nos téléphones de fonctionner. « On a tous un morceau de Congo dans la poche ...
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Un film belge sur l’immigration qui contourne habilement les clichés. Alors que le repli généralisé rend toute immigration un parcours du combattant, réaliser ce que cela signifie humainement n’est pas de trop. Jahia est ivoirienne, Mila est biélorusse. Bien que d’un tempérament opposé, elles deviennent amies dans leur foyer d’accueil isolé dans les bois en Belgique, peut-être parce que les contraires s’attirent. C’est cet ...
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C’est avant tout au Fanon psychiatre que s’intéresse Zahzah, donc entre 1953 et 1956. Restreindre cette approche biographique à ces trois années est intéressant à plusieurs titres. C’est d’une part le centrer sur l’aliénation psychique subie par les Algériens en situation coloniale. C’est d’autre part voir comment Fanon va réfléchir cette détermination jusqu’à écrire son livre Les Damnés de la terre et s’engager aux ...
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Une plongée radicale dans la mémoire guyanaise (...). Toujours cadré serré, comme les autres protagonistes, Melrick est l’incarnation d’une volonté d’aller de l’avant sans renoncer à la mémoire. (...) D’apparence décousue, le film ne pâtit pas de sa petite économie et profite au contraire de sa modestie : dans leur durée, ses plages sont des plateaux d’intensité. Leur relation apparaît peu à peu, sans que la succession ...
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Une formidable introduction à la démarche de Germaine Acogny. Ce ne sont pas tant les explications données qui nous éclairent, mais ce que le cinéma donne le mieux à voir : les corps en action. Le résultat du travail de formation est là : au-delà des chorégraphies précises qui permettent au groupe d’illustrer son élan, on voit des êtres habités. Ils ont appris à se décoincer, à vivre dans la danse leur flamme intérieure, et ...
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A la fois un saisissant drame intime et une magnifique introduction au bruit de Yaoundé. On pourrait penser que l’humoriste camerounais Thomas Ngijol sort de son rôle avec cette sorte de polar réaliste où il se met en scène en commissaire de la section criminelle qui tape sur les malfrats comme il gueule sur ses enfants. En fait, c’est tout le contraire. Lire l'intégralité de la critique sur le site d'Africultures : /
Dans cette région, un enfant rouge est une expression pour dire qu’il est courageux. Il sait faire face à l’adversité. Ce n’est donc pas seulement le sang, c’est aussi la capacité de résistance. Tout un programme en somme. Sur quoi s’appuie cette résilience ? Le film répond par son esthétique. L’image en scope du directeur de la photographie polonais Wojciech Staron capte la beauté des paysages et des êtres, qui sont cadrés ...
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Il s'en fallait pourtant de peu pour que Reda arrive à déconstruire ses entraves. L'espoir reste donc permis mais il faut libérer la parole, ce que suggère le livre éponyme de Samir Toumi dont le film est librement adapté. C'est une alerte que lance dès lors Karim Moussaoui : cette société qui ne veut pas se voir telle qu'elle est mène tout le monde à la catastrophe. Il n'y a là rien de spécifiquement algérien. Lire l'intégralité ...
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Voilà une esthétique qui ne juge personne et déconstruit ce qui pourrait tomber dans le sentimentalisme ou le pathos par l’humour, des dialogues d’une grande finesse, une musique bien dosée, des plans fixes denses sans être intrusifs, où le son est très travaillé, riches de multiples questions, tandis que le vent renforce l’incertitude qui parcourt le film. La construction du récit et le montage jouent sur les non-dits pour que le ...
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Une biographie sans mystification qui donne envie de (re)lire les écrits du penseur martiniquais. Confronté au racisme comme il l'était en France, Fanon vit sans cesse la méfiance et le rejet. Sa réponse est sa détermination à condamner la violence coloniale. Sa force est sa théorisation : il a la répartie vive car il analyse son vécu. C'est tout au long du film un Fanon profondément humain que le réalisateur met en avant, un ...
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(...) La mise en scène est discrète et fluide pour ne rien marteler. Les personnages sont habités par leur complexité plutôt que d'être stéréotypés. Ils sont inattendus et ont l'épaisseur de la vie où rien n'est en noir et blanc. Aya est travaillée par sa culpabilité, et ne pourra s'épanouir qu'en résolvant l'intrigue politico-policière, qui est justement une histoire de culpabilité. C'est cette imbrication qui fait la force de ...
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Une approche à pas feutrés de l’intimité du traumatisme, comment on gère ce qu’on a subi quand l’Autre est un monstre, et comment on gère en retour le monstre en nous pour ne pas reproduire la violence – mais aussi comment, dans leur ignorance et leurs stigmatisations, les monstres nous entourent. Le jeu épuré et subtil de Justin Mirichii mais aussi les clairs-obscurs et les difficultés relationnelles évoquent combien il est ...
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(..) Si la dimension fantastique s’impose peu à peu, c'est que ceux qui sont partis ne reviennent que dans l’espoir des vivants. (...) Plutôt que d’en faire une maxime, Myriam Joobeur en fait un conte halluciné, intriguant et dramatique certes mais profond, inquiet, lumineux. (...) La réussite du film tient dans ce savant dosage où rien n’est en trop et tout appelle la suite. Lire l'intégralité de la critique sur le site ...
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Le nouveau film de Raoul Peck impressionne par la pertinence du traitement de son sujet. (...) Raoul Peck, qui fut lui-même photographe, met les images en valeur. Il s’y attarde et les éclaire. Et surtout, il se met dans la peau d’Ernest Cole. Il fait entendre sa colère face à la myopie du monde occidental, ses tourments, son désespoir. (...) On retrouve là la touche du réalisateur qui sait faire d’une voix-off un commentaire intime ...
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Margarida Cardoso décrit l'engrenage colonial mais déterre aussi les ressentis. Elle le fait avec la même subtilité que dans ses autres fictions : non pas avec les mots mais en travaillant des personnages et des situations qui installent une ambiance. (...) Margarida Cardoso sait trop bien que le sort des Noirs n’émeut pas davantage aujourd’hui qu’en 1907. Ce serait presqu’une banalité de le rappeler. Son propos va au-delà : ...
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Les discussions des étudiants d’un ciné-club engagé et les incursions dans leurs luttes se répondent pour nous donner une image passionnante des enjeux actuels. (...) Lorsque le film montre les manifestations, ce qui était parole prend corps et s’inscrit dans la rue. C’est ce lien qui rend le film passionnant : nous vivons cette évolution de la parole au geste comme une nécessaire logique existentielle. La prise de parole cherche à ...
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