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Aussi virtuose que bouleversant, "Birdman" condense le meilleur d'Innaritu : le souffle romanesque, l'audace narrative et l'intensité dramatique. S'y ajoutent un sens du décalage poétique et un humour qui mettent définitivement son cinéma sur orbite. Partant du particulier (les angoisses narcissiques d'un comédien), le film rejoint le général (l'altérité du monde et la réalité comme construction mentale, le désir d'amour qui nous ...
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Il fallait oser : le scénario de ce film qui raconte une imposture littéraire est lui-même un plagiat !! "Un homme idéal" est en effet une adaptation pirate de "LILA, LILA" du romancier allemand MARTIN SUTER. Non seulement le réalisateur-scénariste s'approprie impunément ce magnifique bouquin, mais en plus, il l'édulcore pour en faire un téléfilm très scolaire. Sans doute aurait-il fallu que les Editions du Seuil lui colle un procès ...
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Le côté « auberge espagnole » du film, mêlant farce bouffonne, drame psychologique et fantastique, est à la fois son principal atout et son gros défaut puisque le cinéaste ne parvient pas vraiment à conjuguer tous ces aspects, laissant s’installer une impression d’inachevé. La critique de la société consumériste est un peu trop facile, la narration un peu molle, la dimension métaphysique un peu fumeuse… Reste de bonnes idées ...
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Une vraie honte ! La médiocrité du scénario (qui fait se succéder les pires clichés sur la "passion amoureuse", ici complètement dévitalisée et absolument pas crédible, l'infidélité et la province), le maniérisme insupportable de la mise en scène, la fausseté globale du jeu (faut dire qu'avec des dialogues aussi catastrophiques, les pauvres comédiens se débattent avec le vide abyssal de leur personnage - Voir Chiara Mastroianni ...
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Certes, l’écrin est magnifique (photo, cadre, décor), mais l’histoire qu’il abrite est tellement verrouillée dans un implacable misérabilisme que la question de la misanthropie se pose clairement pour le cinéaste. Dresser le portait d’un pays gangréné par la corruption et raconter la tragédie d’un homme frappé d’injustice(s) est certes efficace (difficile de ne pas s’apitoyer sur le pauvre héros victime de tout et de ne ...
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L’intrigue se veut maline, elle est vite laborieuse : croisement d’« Un jour sans fin » et de « Starship troopers », elle marque l’influence définitive des jeux vidéo sur le cinéma d’action hollywoodien, puisqu’ici on bénéficie d’un gros réservoir de vies et qu’il s’agit de recommencer les mêmes épreuves pour passer au niveau supérieur. Ce dispositif, plaisant au début, finit pas s’épuiser car il bute sur la ...
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Mélodrame fiévreux de belle tenue et bénéficiant de la présence abrasive de Natalie Wood, « La Fièvre dans le sang » est aussi un brûlot contre le puritanisme américain et son corrélat : l’aliénation matérialiste. Une société où le bonheur passe avant tout par l’avoir et où l’homme est réifié ne peut aboutir qu’à un malaise profond, à un étouffement existentiel. Celui-ci est illustré par cette frustration sexuelle ...
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Cela commence comme un thriller classique et plutôt bien mené : une mère se retrouve à dissimuler les preuves du meurtre dont elle croit son fils coupable. Mise en scène élégante, justesse de l’écriture et belle intensité de Tilda Swinton. Rien de transcendant, mais une première partie efficace. Puis on assiste à un glissement progressif du polar vers le mélo, via un début de romance aussi improbable que pudique. Le feu sous la ...
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Marchant sur les pas du cultissime « Mémories of murders », ce premier film de Na Hong-Jin est une bonne surprise, même s’il n’atteint pas l’intensité et l’inventivité de son modèle. Noirceur de l’intrigue, mise en scène sous tension, sens de l’ellipse : le jeune cinéaste fait preuve d’un surprenant savoir-faire et sait mettre en valeur un casting quatre étoiles. Les deux premiers tiers du film sont prenants et ne nous ...
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Une série B qui s’attaque au racisme à travers l’histoire d’un chien dressé pour attaquer les noirs et que l’on tente de « récupérer ». Belle idée qui rappelle que tout vient de l’éducation. Après une efficace première partie, le film tombe dans les travers d’un récit programmatique (la partie rééducation), qui souffre en plus de personnages assez insipides. Reste la force du message, la tension sourde du début et des ...
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Un beau film d’aventures, qui fait aussi preuve d’âpreté, avec ses personnages animés de sombres pulsions (Kirk Douglas et sa volonté de puissance, Janet Leigh et sa troublante ambigüité, Tony Curtis et sa rage latente). La violence des vikings est décrite sans concession (le motif du viol parcourt le film), bien qu’ils ne soient pas exempt de noblesse, tandis que le monde soi-disant civilisé (l’Angleterre) renvoie à une autre ...
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Une version boursouflée et étirée de « Moon» de Duncan Jones. Les enjeux sont les mêmes (le clonage, le rapport au double, le trouble identitaire, le formatage des esprits), tout comme la forme (une SF low file sous forte influence kubrickienne, un goût pour le décor léché), mais ici tout est englué dans un cérémonial pompeux et une dramaturgie maladroite (le rapport au double reste anecdotique, le suspens inutilement étiré, les ...
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Un film assez chaotique où le geste prédomine un peu trop sur la vérité intérieure des personnages, au risque de brouiller le propos dans l’exercice de style. De beaux moments de cinéma (l’accident du début, le magma mental de la mise en scène), mais une impression d’artificialité qui empêche l’émotion et l’adhésion.
Le sujet aurait pu être intéressant (l’inceste par transfert, les lois du désir qui s’opposent aux lois sociales), mais le traitement est tellement insipide et lisse (intrigue molle et convenue, acteurs sitcomisés, mise en scène réduite à un catalogue d’images sur papier glacé) que le film échoue complètement à créer le trouble voir même de l’émotion. Ennuyeux et superficiel.
Retour décevant au giallo pour Argento avec ce remake faiblard de « Profondo Rosso ». Le premier quart d’heure fait illusion avec une séquence de meurtre ferroviaire promptement exécutée et la présence classieuse de Max Von Sidow, mais très vite le film se met sur pilotage automatique. Ni la présence troublante de Chiara Caselli, ni la musique des Gobelin, ni les quelques meurtres parsemant une enquête poussive viennent nous sortir de ...
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Souvent très juste, le film poursuit la veine « adulte » d’Apatow, après l’excellent « Funny People ». Le dosage est réussi entre humour et mélancolie douce-amère (celle de grandir, évidemment), même si le cinéaste se fait ici plus tendre, ce qui est cohérent avec son sujet « familial ». Une comédie réjouissante.
Confusion de la forme, opacité du propos, « Persécution » prend de grands airs mais ne dit pas grand-chose. Les rapports humains comme des rapports de forces, où dominé et dominant ne cesse d’échanger leurs rôles ? Pas vraiment original et tellement mieux dit ailleurs… Comme par exemple dans « De battre mon cœur s’est arrêté », avec le même Duris dont Chéreau fait bizarrement rejouer la même partition – celle de ...
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D’un ennui mortel, « Au bout du conte » sent la naphtaline : l’humour y est éventé (dialogues poussifs, blagues surannées), le propos indigent (décalage éculé entre le réel et l’imaginaire, clins d’œil ringards avec l’univers des contes), les personnages caricaturaux et la mise en scène d’une absolue platitude. Pour couronner le tout, les acteurs sont absolument exécrables (c’est la première fois que je vois Bacri mal ...
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Un thriller oubliable qui repose sur un scénario poussif de John Carpenter (pas vraiment son point fort) et une mise en scène qui a terriblement vieilli. Dommage, l’idée de l’artiste comme victime de ses propres visions et la fin joliment évanescente recelaient des possibles…
Ken Russell s’attaque au fantastique et, comme d’habitude, ne fait rien comme les autres. Il mélange thriller psychiatrique, chronique psychologique et quête métaphysique pour l’un de ses films les plus aboutis. Son goût pour l’ésotérisme et le baroque trouve idéalement sa place ici, sans pour autant étouffer le récit, comme c’est souvent le cas chez lui. « Altered states » est une bonne surprise, le film d’un iconoclaste ...
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A l’instar d’une œuvre ponctuée de grands films (L’Anglais, Kafka, A fleur de peau, Erin Brockovich), de films mineurs (The Good German, Solaris, Magic Mike, The Informant), de fascinants ovnis (Sexe, mensonges & vidéo, Bubble, King of the hill, Girlfriend experience), d’excellents films de studios (Hors d’atteinte, Ocean’s eleven, Traffic) et de gros ratages (Contagion, Full Frontal, Ocean twelve, le Che), Soderbegh clôt ...
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Assez méconnu, ce beau film d’Alain Cavalier est l’occasion de découvrir Jean Rochefort dans l’un de ses meilleurs rôles. Cinéaste de l’intime, Cavalier nous fait partager la quête d’un homme parti à la recherche du corps de sa mère disparue durant un voyage en train. Sa fille va le rejoindre et cet étrange voyage va aussi être celui de l’un vers l’autre. Le postulat est presque hitchcockien, la dramaturgie fait penser à ...
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Un grand film mental, l’histoire d’une persuasion, d’un combat de cerveaux. Ou comment l’évanescent Al Pacino parvient à détourner de sa trajectoire le bloc de conscience qu’est Russell Crowe. Somptueux visuellement, palpitant dans sa gestion « onirique » de l’action, pertinent dans sa description de l’opacité du monde des puissants comme sur celui vacillant des organes de presse, « Révélations » est sans nul doute le chef ...
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Dès les premières séquences, une ambiance s’installe, chargée de mystère. Les images, très belles, plantent efficacement l’isolement du personnage et le cadre angoissant de la montagne enneigée. Si le suspens s’instaure vite, au détour d’une étonnante séquence de rêve, il reste en demi-teinte. C’est à la fois la belle ambition et la limite de ce premier film : tout ici est dans le non-dit, et parfois un peu trop. Du coup, le ...
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Tarantino s’éclate avec son nouveau train électrique (le western spaghetti) et nous fait (en partie) partager son plaisir. Il faut reconnaître que la première partie du film est une réussite : magnifique direction artistique (décors, costumes, images), personnages hauts en couleurs (même si le réjouissant Christopher Waltz refait exactement le même numéro que dans Inglorious – mais du côté des bons), sens du dialogue décalé ...
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Le cinéma de Cimino est celui d’un homme seul, luttant envers et contre tous pour imposer un projet singulier et non référentiel (contrairement aux Scorcese, Spielberg, Coppola ou De Palma). L’attirance du cinéaste pour les paysages sauvages et la nature inviolée traduit son désir de filmer un endroit, un groupe, comme si c’était pour la première fois, sans être influencé par une vision antérieure. C’est ainsi que l’espace de ...
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Noir c’est noir : tous les protagonistes sont pris dans la nasse de leurs désirs aveugles ou de leurs faiblesses. Ici, comme dans toutes les tragédies classiques, chacun se construit sa propre prison. Sans concession, le récit est d’un fatalisme absolu et la narration est redoutablement étouffante (un huis clos dans une chambre diffractée par de nombreux flashbacks comme une toile d’araignée qui piège l’héroïne). Tous les ...
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Redoutable parabole sur le Vietnam, « Sans retour » nous montre une Amérique en proie à ses démons (la peur de l’autre, la vanité guerrière et la tendance au travestissement du réel). Le premier ennemi de cette petite escadrille de la Garde Nationale qui part en vrille lors d’un exercice d’entraînement dans le Bayou, c’est elle-même : entre la schizophrénie des uns et la fatuité des autres, ces soldats si sûrs d’eux-mêmes ...
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Les innombrables trouvailles visuelles de Gondry accouchent d’un monde à la fois déréalisé, au romantisme de plus en plus noir alors que l’histoire avance. A cet égard, le film se montre fidèle à l’implacabilité du livre (au risque d’être antipathique). Malheureusement, le diktat du casting produit de catastrophiques aberrations : Omar Sy détonne par la fausseté de son jeu et Audrey Tautou nous refait son « Amélie Poulain ». ...
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J.J. Abrams donne un coup de jeunesse à l’antédiluvienne USS Enterprise : dynamisme du récit (qui mélange habilement les temporalités), efficacité des scènes d’action et des effets spéciaux : le cocktail d’un bon blockbuster, pas trop con, est réuni. Deux gros bémols : un mist-casting pour Kirk, particulièrement fade, qui contredit la volonté de donner une densité humaine au personnage (par contre, ça marche avec Spock, vrai ...
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Un exercice de style plutôt jubilatoire, qui pousse les motifs du giallo jusqu’à l’abstraction, jouant sur le fétichisme inhérent au genre. Il y a là un vrai geste de cinéma, et un beau travail sur les sensations pures (on est souvent proche d’un cinéma expérimental). Le récit, très elliptique, mais à fortes connotations psychanalytiques, oscille entre le conte horrifique et le poème visuel. Il nous réserve de très beaux ...
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A moins d’être féru d’arts martiaux, difficile de ne pas sombrer dans un ennui profond face à ce récit interminable qui enchaîne les variantes de combats sans aucune dramaturgie ni vrais personnages (la déclaration d’amour finale, complètement artificielle, révèle l’échec patent du dispositif). Certes, les images sont belles… mais complètement dévitalisées. Elle est loin, la poésie sauvage des « Cendres du Temps ». Wong ...
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Refn n’a rien à dire et il le dit haut et fort. D’une prétention infinie, le film se résume à une succession de postures artificielles, où le hiératisme le plus stupide fait office de mise en scène (et de jeu d’acteur). Tout sonne creux dans cet assommant récit de vengeance et de virilité bafouée par une mère castratrice (Ah, bonjour Œdipe et Médée en mode gamer). Les images sont léchées jusqu’au maniérisme le plus ...
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Malgré ses atouts (la présence puissante de Mathias Schoenaerts, le cadre « exotique » d’une Belgique toute en discontinuité et rivalité linguistiques, le milieu singulier du trafic d’hormones), « Bullhead » échoue dans sa tentative de renouer avec la grande tradition du film noir où l’étude sociologique se mêle au drame antique. La faute à un scénario pataud qui joue au plus malin, laborieusement construit sur le mystère et ...
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Les intentions sont là : l’ambiguïté des relations humaines où chacun à ses raisons et ses déraisons, les prisons qu’on se construit soi-même à travers ses névroses et ses culpabilités, l’intime qui prend la dimension d’une tragédie grecque… Malheureusement, Farhadi semble avoir perdu toute sa subtilité en venant tourné à Paris. Les incessants rebondissements du récit finissent par devenir artificiels (il y a plus de ...
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Un sens du décalage, de l’absurde, du poétique et du rythme absolument réjouissant. La première heure est un modèle de comédie kafkaïenne et existentielle (un mélange de Lubitsh et des frères Cohen) : les dialogues virevoltent, les acteurs sont touchés par la grâce et le récit joue habilement des chausse-trapes, se teintant d’une inquiétante étrangeté qui fait la puissante originalité du film (la scène du diner-humiliation ...
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