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Si Pablo Larraín refuse de montrer une Jackie Kennedy plaisante (au mieux elle apparaît fausse), il parvient néanmoins à faire éprouver pour elle une certaine peine. Même si ses sentiments pour son défunt mari ne sont pas une priorité, on ne peut occulter sa détresse. Se baladant de pièce en pièce un verre en main, réessayant ses différentes tenues, tout en écoutant la comédie musicale Camelot qui fait écho à ses années passées à la Maison Blanche, c’est une « princesse » qui en un instant aura tout perdu et semble abandonnée. Elle laisse ainsi entrevoir son humanité, notamment aux côté de John Hurt (qui vient malheureusement de nous quitter, le 28 janvier 2017), qui entendra sa confession dans une courte mais importante scène. Il y a quelque chose de superbement tragique dans ce tableau que dépeint Pablo Larraín. Le réalisateur apporte un contraste entre la beauté visuelle – des images tournées en 16mm mais aussi son actrice et sa musique (bien que beaucoup trop présente) – et le caractère parfois monstrueux de son personnage. Par la rencontre de ce personnage complexe et d’une interprète brillante, sous la direction d’un réalisateur qui jouit d’une vraie personnalité, JACKIE s’avère cohérent de bout en bout et simplement grandiose.