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Arrivé fatigué à la séance, j'ai très vite accepté la main tendue par le film. Posée sur mes paupières, j'ai dormi. Mais heureusement bien vite, je me suis réveillé et j'ai continué à rêver les yeux ouverts. J'ai rêvé d'une histoire d'amour bancal (un homme fuit sa fiancée, comme chez Duras le Marin de Gibraltar, la fiancée se lance à ses trousses, passe à côté d'un autre homme) et j'ai rêvé à ce grand voyage, ce tour de l'Asie, oscillant entre sa reconstitution imaginaire (en studio) et sa captation documentaire. Le film développe à la fois un objet conceptuel : faire avancer l'histoire avec des plans divers (NB, couleur, studio, prises de vue contemporaine), des voix différentes (à chaque fois la voix-off adopte la langue du pays) et une stratégie narrative : donner de la sensualité à chaque plan (souvent somptueux). Malgré tout, et à la différence de Tabou, le film manque un peu d'enjeux, d'une vraie densité ou d'une dramaturgie plus affirmée et le sommeil à tenter de me rattraper à quelques reprises.