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Sans que je l’ai jamais considéré comme un chef d’oeuvre, ‘Ma vie de courgette’ m’avait semblé installer le Suisse Claude Barras dans le rôle de la petite voix singulière qui méritait qu’on l’écoute. En dehors du plaisir que je prend systématiquement à observer des figures animées en volume d’une adorable imperfection, le réalisateur s’était montré capable d’amener le thème de la vie à l’intérieur d’un orphelinat - la vraie - à hauteur d’enfant, sans les poncifs puérils du cinéma américain pour lequel vivre en milieu d’accueil (qui n’ont apparemment pas changé depuis l’ère victorienne) est une condition sine qua non à l’apparition d’un être ou d’un portail magique. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai du mal à comprendre la relative insipidité de “Sauvages”. La technique du stop-motion a été peaufinée mais en ce qui concerne les autres caractéristiques du projet, on assiste plutôt à un net reflux. S’il aborde beaucoup de thèmes différents (déforestation, droits des populations indigènes, regard colonial sur le “primitif”, spiritualité animiste, etc ), il n’en traite aucun en profondeur. Je sais qu’il s’agit d’un dessin animé pour les enfants, qu’il ne faut donc pas en attendre trop de complexité sociologique mais avec ‘Sauvages’, j’ai souvent eu l’impression d’être face à un de ces petits mécanismes animés d’autrefois : tout est à sa place, on devine comment tout va bouger, on devine même ce qu’ils vont dire à chaque instant : je ne lui reproche pas de dire “quoi penser” aux enfants mais je suis déçu qu’il le fasse avec autant de naïveté et si peu de subtilité, d’autant plus que tout concentré qu’il est sur ses ambitions professorales, ‘Sauvages’ en oublie d’être amusant, émouvant ou même simplement intéressant à suivre.