Films
Séries
Emissions
Des plis sur le visage de Rita Hayworth
Il y aurait tant à dire sur ce chef d’œuvre intemporel du cinéma. De la bouleversante scène finale (un fardeau toujours aussi lourd à porter lorsque l’écran s’éteint) à la façon dont l’injustice frappe Ricci, le personnage principal, qui ne souffre que d’être un type bien et un homme de peu. Mais je propose ici de partager quelques réflexions autour du métier qui est offert à Ricci ...
Lire plus
Lire plus
Calamity est un récit d’apprentissage ouvertement féministe. On pourra trouver qu’il force le trait en faisant des pères de famille des êtres aussi défaillants : celui de Martha Jane se blesse dès le début du film et devient un fardeau ; celui de Ethan, le meilleur ennemi de Martha, voit son autorité de chef de convoi contestée par un militaire de passage. Quant au personnage féminin à la tête d’une exploitation de chercheurs ...
Lire plus
Lire plus
On ne peut s’empêcher de penser à ce que Lacombe Lucien serait devenu s’il avait pu s’engager dans la résistance (on lui refuse à cause de son jeune âge). S’il avait mis autant de zèle qu’au sein de la Gestapo, nul doute qu’il aurait été un maquisard valeureux et efficace. On m’objectera que le jeune homme est de nature violente, ce que la scène introductive avec l’oiseau semble suggérer, qu’il aurait fait un piètre ...
Lire plus
Lire plus
Des bobines de film, entassées dans un local quelconque, vomissent des kilomètres de pellicule abîmée, rongée par le temps. Un homme en déroule un morceau qui a visiblement été épargné. Il semble y chercher quelque chose de précis. Les photogrammes défilent un à un. On croit percevoir la présence d’une danseuse. Soudain, les images prennent vie et la danseuse apparaît à l’écran. Sa beauté est saisissante. En tenue ...
Lire plus
Lire plus
Il s’agit donc de suivre le quotidien, "atrocement banal" a-t-on envie de dire, d’un commandant du camp d’Auschwitz et de sa famille. De hauts murs séparent le jardin soigneusement entretenu par la maîtresse de maison et l’endroit où se déroulent les atrocités que l’on sait. Mais de ces atrocités, on ne verra rien ou presque. Invisibiliser à ce point les victimes de l’Holocauste, voilà un parti pris risqué qui aurait pu faire ...
Lire plus
Lire plus
L’action de L’Âme sœur est difficile à dater. La famille dont il est question vit de l’élevage dans les Alpes suisses. Il y a le père et la mère, déjà âgés, et leurs deux enfants : "le Bouèbe", adolescent sourd et muet, et la bien nommée Belli, jeune femme qui a renoncé à devenir institutrice afin d’aider ses parents. Ils vivent dans les montagnes à l’écart de la civilisation. Ils n’ont ni téléphone, ni ...
Lire plus
Lire plus
Il aura fallu attendre 1966 et un cinéaste italien, Gillo Pontecorvo, pour que le cinéma livre son œuvre la plus puissante sur la guerre d’Algérie, mélange de lyrisme révolutionnaire et de rigueur historique qui continue de servir aujourd’hui le nécessaire travail mémoriel. Et d’entrée de film, le décor est planté : celui-ci s’ouvre sur un détenu du FLN encore tremblant, "réconforté" par des militaires français alors que ...
Lire plus
Lire plus
Pour qui connaît la filmographie de Jean Eustache, pour qui a eu la chance de voir ou de revoir son chef d’œuvre La Maman et la Putain (1973), le silence qui s’impose dès les premières minutes de Mes petites amoureuses ne manque pas de surprendre. On ne croisera donc pas, dans ce film sec, de personnages hâbleurs ou de dandys adeptes de bons mots. Le personnage principal est ici un adolescent taiseux, en proie à des désirs très ...
Lire plus
Lire plus
D’abord il faut dire que le dernier film de Christophe Honoré est très plaisant. Il nous promène aussi bien dans les rues de Paris, que celles de Rome ou de Livourne. On y traverse paisiblement les époques, de l’âge d’or du cinéma italien à aujourd’hui, au gré de raccords souvent étonnants, nous transportant d’une simple loge à un hôtel classieux au bord de la Mer Tyrrhénienne. Des déambulations tranquilles et charmantes, ...
Lire plus
Lire plus
Premier long métrage réalisé par Steven Soderbergh, écrit par ses soins en seulement huit jours, Sexe, Mensonges et Vidéo est un film très inspiré. Inspiré par le propre échec sentimental du cinéaste au moment de l’écriture du scénario, inspiré par les mœurs américaines en matière de sexualité tandis que s’achèvent les années 80. Ainsi sommes-nous en présence de deux sœurs dont la vie sexuelle est aux antipodes : ...
Lire plus
Lire plus
Quentin Dupieux est un petit malin. Et il a des idées, beaucoup. Certaines font mouche, d’autres tournent un peu en rond. Il y en a qui font carrément pschit spoiler: – ou bang, c’est selon
. Et malgré ce foisonnement d’idées, malgré la distribution impressionnante, quelque chose manque : la finalité. Sur le sujet du film, les acteurs, que nous apprend Le Deuxième Acte que nous ne sachons déjà ? Où nous mène ce ...
Lire plus
Lire plus
Le film s’ouvre sur une voix féminine qui raconte les mauvaises aventures vécues avec d’ex-compagnons par le passé. Menteurs, beaux-parleurs, manipulateurs… "Il faut croire que c’est mon genre" se demande la voix, pensive. On comprend que cette voix est celle de la cinéaste. Le documentaire s’écrira donc, aussi, à la première personne. Un fait divers a retenu l’attention de Sonia Kronlund au point de vouloir en faire un film : ...
Lire plus
Lire plus
C’est l’histoire d’un éveil. L’histoire d’un employé de banque, Moran, qui se rend compte de l’absurdité de sa vie. Il décide de réagir. Il vole l’équivalent du salaire qu’il aurait perçu jusqu’à sa retraite afin de ne plus avoir à travailler. Il est prêt à faire de la prison pour cela : trois ans et demi derrière les barreaux. Mais il a besoin d’un complice. Il choisit donc l’un de ses collègues, Roman, qui ...
Lire plus
Lire plus
Redevenir "un bon soldat"
Voleurs, déserteurs, trafiquants. Tandis que la deuxième guerre mondiale fait rage, les soldats de l’armée britannique ayant manqué à leurs devoirs se retrouvent dans une prison au beau milieu du désert lybique afin d’expurger leurs fautes. La chaleur y est écrasante et une étrange colline trône en son centre. Celle-ci est faite "de sable, de pierres et de sueur – celle des prisonniers" explique le ...
Lire plus
Lire plus
C’est un documentaire qui s’offre le luxe du temps long. Un voisin (Gilles Perret, le cinéaste), admiratif de ses voisins, les frères Bertrand, éleveurs de bovins en Haute-Savoie. Il les a filmés en 1997, il récidive en 2023, soit une génération plus tard, saisissant ce qu’il reste d’eux, corps et outil de travail, ce qu’ils laissent en héritage. Les images de ces deux époques s’entremêlent. S’ajouteront celles d’un ...
Lire plus
Lire plus
Pour qui aime les comédies romantiques, en voici une qui, à défaut d’être originale, est parfaitement interprétée. Hans Weingartner a dit avoir mis beaucoup de temps à trouver ses interprètes, mais il a eu le nez creux.
Soit Jule, jeune femme allemande au regard triste mais franc, sorte de Mélanie Laurent d’outre-Rhin, en quête de retrouver son compagnon exilé au Portugal, père de l’enfant qu’elle porte depuis peu dans son ...
Lire plus
Lire plus
Une silhouette gracile se détache sur les rochers d’une plage déserte. Il s’agit d’une jeune fille nommée Vika, lors de son "dernier jour de vacances" (traduction du titre original) chez son grand-père, un modeste pêcheur. Elle tient à la main un étrange cor de chasse qui lui donne des airs de Néréide. Elle l’utilise parfois en regardant le large - s’adresse-t-elle aux vents, aux nuages, aux dauphins qui osent s’aventurer ...
Lire plus
Lire plus
Il y a, bien sûr, cette musique entêtante, ces successions de deux notes dissonantes empruntées au Messager (Joseph Losey, 1971). Mais au film anglais, Todd Haynes emprunte également son ambiance ouatée, sa lumière cotonneuse. L’atmosphère de May December est ainsi nimbée de mystère et le cadre idyllique dans lequel évolue le couple scandaleux paraît être une prison cernée par le mensonge, les non-dits et le poids des conventions. ...
Lire plus
Lire plus
On peut voir les films de Kaurismäki comme des actes de résistance. Ils résistent au temps qui passe, aux idéologies changeantes ou encore aux gadgets modernes. A l’actualité aussi, bien sûr, et ce dès la première scène des Feuilles mortes, dans laquelle on entend des nouvelles du conflit russo-ukrainien au travers du poste radio de Ansa. Ce sera bref. Ansa changera vite - comme nous tous ? - de station pour écouter des chansons hors ...
Lire plus
Lire plus
Sans même parler de sa beauté formelle, époustouflante, voilà un film qui ouvre bien des portes. Au fond, qu’est-ce qui permet à l’homme d’avancer, de construire, de transmettre malgré ses pulsions destructrices ? Qu’est-ce qui guide son geste, ancestral, de créateur ? Sa foi en Dieu ? Ce serait trop simple et la question reste en suspens longtemps après visionnage, la fabrication de la cloche (véritable morceau de bravoure) ...
Lire plus
Lire plus
Mépris de la jeunesse, violences policières, spéculation immobilière délirante : le propos de ce film maudit, échec aussi bien commercial que critique, classé parmi les "pires films réalisés" d’après Wikipedia (j’ai peine à l’écrire), reste toujours très actuel. Pour illustrer sa critique de la société américaine d’alors, Antonioni colle aux aspirations de la jeunesse dont il partage le sentiment de révolte. C’est ...
Lire plus
Lire plus
Dans ce film sur la pulsion scopique, Powell joue habilement des points de vue de la caméra pour faire nôtre la scopophilie de son personnage. Un exemple : lorsque Helen découvre la pulsion morbide de Mark. A ce moment du récit, on sait l’intérêt tout particulier de Mark pour la capture des visages terrifiés de ses victimes au moment du coup létal. Mais on sait aussi son refus obstiné de ne pas filmer Helen pour qui il a des ...
Lire plus
Lire plus
Persistance rétinienne et persistance du souvenir :
Il est donc question du visage d’une femme. Ou plutôt de l’image d’un visage. "Photographié" juste avant le tumulte. Entre "les avions en partance" (cette réplique est pour moi inoubliable), les coups de feu, la foule dominicale venue assister aux départs des avions sur "le décor planté de la jetée" ; et surtout juste avant la guerre.
Une image de visage donc, gravée dans la ...
Lire plus
Lire plus
Film qu’on ne présente plus, adaptation du célèbre roman de Lyman Frank Baum, le Magicien d’Oz fait partie de ces grands récits initiatiques qui ont marqué des générations de spectateurs. Mais s’il compte autant dans le cœur de beaucoup de cinéphiles, c’est peut-être pour la force de son allégorie : "au-delà de l’arc-en-ciel" il y aurait donc tout un imaginaire en technicolor, de la même manière qu’il y a un monde à ...
Lire plus
Lire plus
Si l’interprétation de Léa Drucker, aussi ambiguë qu’impressionnante d’autorité, mérite d’être saluée, il ne faudrait pas oublier la part de la mise en scène dans ce qui fait la réussite de ce film. La comédienne, qui campe ici un personnage de Phèdre moderne, a été particulièrement bien dirigée : la longueur de ses silences, laissant planer l’incertitude sur ses réactions ; la façon dont elle est installée à ...
Lire plus
Lire plus
C’est donc l’histoire d’une relation d’amitié. Toxique, pense-t-on dès la scène d’ouverture, avec un clair dominant et un clair dominé. Soumis plutôt. Et puis arrive l’élément perturbateur. C’est une femme, évidemment, qui va jouer ici un véritable rôle de tiers séparateur. On pourrait s’attendre à ce qu’elle révèle des rivalités entre les deux hommes, des envies, peut-être des jalousies. Il n’en est rien et ...
Lire plus
Lire plus
C’est en rouleau compresseur que la fête est représentée ici. La pression sociale qui entoure ces jeunes gens, les exhortant à avoir le plus de rapports sexuels possible, ou au minimum avoir le premier d’entre eux (l’héroïne est encore vierge au début de son "Spring break"), ce à quoi il faut ajouter une consommation d’alcool démesurée, tous les ingrédients sont réunis pour que le drame survienne. Pourtant, la fête continue ...
Lire plus
Lire plus
Il est possible de voir dans le geste d’Aliocha – demander une permission pour aller embrasser sa mère (mais aussi pour lui "réparer son toit", ce qui n’est sans doute pas aussi insignifiant, symboliquement tout au moins, que semble le penser le camarade général) – une allégorie de ce que doivent les jeunes russes, en ces temps de guerre contre l’Allemagne nazie, à leur "mère patrie". Vu sous cet angle, le chemin parcouru par le ...
Lire plus
Lire plus
La filiation saute aux yeux dès les premières images : l’univers visuel de Benoît Chieux emprunte beaucoup à Miyazaki. Son bestiaire, son jeu sur les échelles de taille et la profusion, ses "mouvements de caméra" (le motif au cœur du film, le vent, donnant lieu à des séquences au caractère très dynamique) et même ses thématiques (éléments naturels, divinités, famille…) Trop ? Non. Le tour de force du réalisateur français est ...
Lire plus
Lire plus
La référence au Magicien d’Oz revient plusieurs fois dans le film et l’on ne peut s’empêcher de faire le lien entre cet attachant robot et le bûcheron en fer-blanc avec qui se lie Dorothée dans le célèbre roman (adapté au cinéma par Victor Fleming en 1939). Et ce parallèle entre les deux œuvres est tout à fait pertinent. On se souvient que, dans le roman, le bûcheron réclame à Oz un cœur – qu’il va finir par obtenir, un ...
Lire plus
Lire plus
Dans L’Âge atomique (2012), premier et jusqu’ici unique long métrage de la réalisatrice, Héléna Klotz épousait les tourments de deux jeunes désargentés, consumés par le désir d’amour et de poésie lors d'une nuit d’errance à Paris. Etrangement, la jeune héroïne de La Venus d'argent semble n'avoir d'autre motivation que de réussir dans le monde de la finance. Pour y parvenir, celle-ci fracasse tout d'abord une vitrine de ...
Lire plus
Lire plus
J’étais à peu près certain que la scène où Michel Descombes (interprété par Noiret) retrouve Madeleine, qui a élevé son fils après la mort de sa femme, avait été tourné dans la propre maison d’enfance de Tavernier. Vérification faite, c’est bien le cas, l’ancienne demeure familiale se situant alors dans le quartier de Montchat, à Lyon. J’ai d’ailleurs appris que Tavernier avait regretté de ne pas l’avoir filmée en ...
Lire plus
Lire plus
Magnifique exemple de la malice de Chris Marker, de son art de faire jouer entre eux son et images : lorsque Kurosawa explique que les plus beaux plans sont finalement ceux que l’on n’a pas l’occasion de filmer.
Et ce dernier d’évoquer les matins de tournage (il est alors en train de tourner Ran), les préparatifs dans la lumière diffuse de l’aube, lorsque figurants guerriers et chevaux s’affairent tandis que les braseros, ...
Lire plus
Lire plus
Jeanne Dielman n’est pas un film facile. L’action se déroule sur trois jours et se focalise sur le quotidien de Jeanne, veuve et mère au foyer, la plupart du temps dans son appartement bruxellois. Le linge, la vaisselle, le ménage, la cuisine remplissent ses journées qui ne s’achèvent qu’avec le retour du lycée d’un fils taiseux, qu’elle élève seule. Il y a les passes aussi, l’après-midi, pendant la cuisson des pommes de ...
Lire plus
Lire plus
Anne Dessuant, du magazine Télérama, souligne le sens nihiliste de ce film assez fou. Il est vrai que Marie 1 et Marie 2 ne cessent de se demander si "elles existent vraiment". Mais on peut, à mon avis, y voir aussi un manifeste féministe en avance sur son temps et d’une grande vitalité (vitalité figurée par l’appétit vorace des deux héroïnes ainsi que la frénésie créative dévorant littéralement le film de l’intérieur : de ...
Lire plus
Lire plus
Voilà un film qui ne risque pas de laisser indifférent. Il y a d’abord la violence paternelle, installée dès les premières minutes quand le personnage du père vient chercher (arracher plutôt) son fils Gavino à l’école pour qu’il l’aide à garder les bêtes. Cette scène s’accompagne d’une prédiction étrange à l’égard des enfants qui sont en train de se moquer de Gavino : « Aujourd’hui, c’est mon fils mais bientôt ...
Lire plus
Lire plus