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J'avais bien aimé le livre de Sylvain Tesson. Le cabotinage laissait place à une certaine autodérision et l'auteur s'y révélait plus authentique que dans tout ce qu'il avait pu écrire auparavant. Il communiquait son plaisir à être vivant tout en traversant ces chemins noirs, réfractaires à "l'aménagement du territoire" dont il faisait au passage un état des lieux sans concessions. Dans le film rien de tout cela. Jean Dujardin (une ...
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Les paysages Islandais même filmés avec un smartphone premier prix sont naturellement somptueux, il n’y a donc aucun mérite à faire de « belles images », et il se trouve que là, elles sont plutôt en dessous de la réalité. Le format carré n’apporte rien sinon l’agacement d’un maniérisme gratuit. Quant au scénario… Il est juste pauvre. Aucun personnage n’est suffisamment fouillé pour acquérir un minimum d’existence. ...
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Comme dans Tau zero de Poul Anderson, ce film raconte le voyage sans retour et non choisi d’un groupe d’humains dans le vide de l’espace. La science fiction n'est que le prétexte à une sombre allégorie de la condition humaine dont le propos est d’autant plus fort qu’il y a une espèce d’humilité dans la forme. Par certains côtés ce film fait penser au cinéma d'auteur des années 70, le côté intello en moins, le côté ...
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Adaptation bancale du chef d’oeuvre de Stanislas Lem. Quelques scènes sublimes, soulignées par le choral BWV 639 de Bach, illuminent un film trop bavard rendu austère par la laideur assumée des décors soviétiques années 70. On est assez loin du roman, mais il y a quelque chose d'attirant dans ce film, dont l'étrangeté ne réside pas tant dans l'histoire originale que dans la vision qu'en a Tarkovski.
J’avais aimé Blade Runner 2049 car même si cet opus 2 n’apportait pas grand chose au film de Ridley Scott, on en retrouvait l'ambiance et Villeneuve avait capté quelque chose de l’univers de Philippe K. Dick. J’avais aussi aimé Premier Contact, son atmosphère crépusculaire et ses perspectives qui rappelaient les installations de James Turrell. J’attendais mieux pour Dune. La trame narrative est fidèle au roman, mais Denis ...
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Bien que j’aime le genre, je vais rarement voir les films de SF car les bons films de SF se comptent sur les doigts d’une main (depuis 50 ans : 2001, Alien, Blade Runner…). J’ai fait une exception en 2019 pour Ad Astra qui a confirmé ce que je pensais, les films de SF, et particulièrement ceux qui se passent dans l’espace, sont globalement mauvais. Je ne connaissais pas non plus le cinéma de Christopher Nolan, dont j’ignorais ...
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La guerre c'est du cinéma. Absurde forcément. Dans ce film, derrière la bouffonnerie apparente façon Alfred Jarry, sur la guerre tout est dit.
Des questions essentielles sur l'engagement et la trahison sur fond de guerre (d'Algérie, mais c'est secondaire).
Une narration en patchwork, qui fait appel avec dérision et esthétisme aux clichés du cinéma américain et donne à entendre le vide du discours politique. Déjà.
Deux mecs s'embrassent dans les WC (on est en 1965 !), JP Léaud écrit sur la porte "à bas la république". Déjanté, inclassable, drôle. Plein d'idées, l'air de rien.
Où les pompiers brûlent tous les livres, même mein Kampf. Film de science fiction minimaliste des années 60 qui brasse les thèmes de la modernité et du totalitarisme. Même si on a de la sympathie pour le cinéma de Truffaut, il faut reconnaître que ça ne fonctionne pas. Ce film est raté.
Godard nous démontre de façon magistrale qu'on peut faire un film de science fiction avec rien, qu'un certain décalage du regard suffit. Et on y croit ! Alphaville rend caducs tous les effets spéciaux à venir.
Fable bouffonne qui nous balade entre un paradis perdu et la sombre réalité de l’élevage intensif. Le premier film veggie ! Pas un chef d’oeuvre mais sympathique.
Contrairement à Tarkovski, Soderbergh passe totalement à côté du roman de Stanislas Lem, réduit ici à un mélo peu convainquant sur le thème du deuil impossible. La seule chose vraiment réussie dans ce film est la bande son.
LE film qui a fait rêver des générations. Accueilli du bout des lèvres par la critique à sa sortie avant de devenir plus tard (et pour les mêmes) un film culte. Quand on le revoit en 2020, il y a une lenteur dans ce film, avec ses longs plans séquences, qui signe l’époque. 2001 est un film de 1968 qui se différencie essentiellement des films à grand spectacle actuels par son rythme. On est très loin du montage syncopé ...
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Hollywood années 40. L’histoire hésite longtemps entre sérieux et burlesque puis dérape vers un thriller surréaliste et sanglant dans des décors qui rappellent Edward Hopper. La séquence où l'hôtel prend feu est d'une beauté époustouflante.
Un prédicateur diabolique poursuit deux enfants dans la nuit. Un chef d’oeuvre sombre et mystérieux totalement atypique dans le cinéma hollywoodien de l’époque et très mal reçu par la critique. Et c'est vraiment dommage car Charles Laughton a renoncé ensuite à faire d'autres films.
Un thriller lent et détaché sur les thèmes de l'identité, de l'errance et de la disparition. Dans la séquence finale, sublime, l'image persiste, c'est le regard qui s'absente.
Créé à une époque où tout était possible, un objet cinématographique fascinant dont la substance est la mémoire et le temps.
Quelle déception ! La cicatrice intérieure n'est qu'un long clip nunuche où Nico hurle d’obscures imprécations tandis qu’un archer androgyne se promène à poil dans les déserts d’Islande. Desertshore, cette merveille, ne méritait pas ça.
La grâce disloquée de Joaquin Phenix a une beauté déchirante et comme dans Dogville de Lars Von Trier, l’apocalypse vengeresse du dénouement est parfaitement jubilatoire.
Totalement focalisé sur la psychologie supposée (et à 2 balles) d’Armstrong. A part ça, Apollo 11 se résume à quelques scènes où pour faire vrai on a monté la caméra sur un shaker.
Malgré le jeu de Brad Pitt et les somptueuses images de Hoyte Van Hoytema (Interstellar) cet Oedipe sidéral est plombé par un scénario bâclé.
Dans un paysage âpre, un homme oscille entre désir de mourir et désir de vivre. Aucun affect, aucune émotion ne sont imposés au spectateur : une sorte d'anti-mélodrame.
Dans un décor post apocalyptique, une méditation tourmentée sur le besoin de croire. Entre voyage initiatique et critique désespérée du matérialisme, le meilleur film de Tarkovski.
Le début du film pourrait être un pastiche abscons et verbeux de Bergman, puis la fin du monde est annoncée et on entre alors (ou pas) dans l’univers magico-mystico-poétique de Tarkovski.
Une histoire en voix off dans le temps suspendu de la mémoire. Aux confins de la littérature et de l’image, ce que le cinéma peut inventer de plus beau.