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À travers un subtil mélange de mélodrame populaire et de critique sociale, Lino Brocka livre une représentation frontale des sexualités marginalisées. Sans jamais céder à l’exotisme, le cinéaste refuse aussi bien l’approche pédagogique que le misérabilisme. Il choisit au contraire de laisser circuler le désir avec une liberté et une fluidité qui ne laissent pas indifférent•e.
Même si le film est froidement monocorde, sa photographie a le mérite de mettre en lumière les tensions qui traversent le monde ouvrier égyptien.
Dans ce flow où les histoires individuelles, familiales et collectives se rejoignent, on ressort avec cette sensation de plénitude propre aux grands gestes cinématographiques.
Un film qui ne parvient pas à dépasser le drame qu’il met en scène, tout en cherchant sans relâche à arracher des larmes aux spectateur·rice·s.
Cette fable féministe, où le réel et le fantastique se mêlent avec élégance, interroge nos peurs collectives et la violence d’une société patriarcale à travers une esthétique superbe. Mais cette belle mise en scène finit par l’emporter sur le récit, au point de donner parfois l’impression d’une progression narrative trop faible.
Derrière cette comédie en apparence légère se dessine un portrait de la société algérienne. Si les personnages sont parfois poussés jusqu’à la caricature, l’œuvre n’en demeure pas moins une satire sociale grinçante.
En transposant Koltès dans une expérience sensorielle, Claire Denis fait affleurer la violence coloniale comme structure persistante. Le film impose un inconfort moral salutaire, condition d’une véritable décolonisation du regard. Si l’objectif était de faire de la pièce de Koltès une expérience sensorielle, l’exercice est pleinement réussi.
Ce qui demeure le plus intéressant, c’est la portée politique du désir que la réalisatrice assume pleinement, en interrogeant le néocolonialisme à l’œuvre dans les relations amoureuses. Les personnages ne sont jamais figés ; au contraire, ils se transforment au fil du récit. spoiler: Ainsi, Mehdi, jeune homme vraisemblablement attaché à sa famille et à sa culture, finit par céder à sa soif d’émancipation à la suite de sa ...
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Le film ne suit aucune véritable direction, sinon celle de la colère et du chaos des adolescents qu’il met en scène. Prévisible et certainement oubliable.
Roustaee propose une fois de plus un film à la Farhadi, mais avec une écriture moins fine et des personnages bien plus creux.
Dans ce petit joyau qu’est « Calle Málaga », Maryam Touzani explore non seulement les liens affectifs qui nous rattachent à une ville et à nos familles — qu’elles soient biologiques ou choisies — à l’âge avancé, mais aussi, et surtout, le droit de rester debout face aux adversités. Il en résulte un film drôle, intelligent et profondément habité, porté par la performance puissante de Carmen Maura, qui nous plonge dans une ...
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« Un monde fragile et merveilleux » n’est pas seulement le récit (peu) ordinaire d’un couple à Beyrouth ; c’est aussi celui de nombreuses Libanaises et de nombreux Libanais contraint·es de composer avec l’instabilité politique de leur pays. La force du film réside surtout dans sa manière singulière de filmer Beyrouth à l’image de ses personnages : chamboulée, blessée, brisée, et à la fois débordante, charmante et vibrante de vie.
Si Timothée Chalamet peut crever l’écran avec l’une de ses performances les plus habitées, son personnage — caricatural, geignard et narcissique — finit par révéler le vide abyssal d’un scénario qui peine à lui donner chair. L’intensité visuelle de certaines séquences ne suffira sans doute pas à sauver Marty Supreme d’un oubli rapide.
À travers l’histoire d’un jeune toxicomane sorti de prison, le premier long métrage de Harris Dickinson a l’incontestable mérite de ne pas proposer de vérités ni de solutions toutes faites. Au contraire, il nous interroge et nous oblige à regarder, toutes et tous, notre part la plus sombre, tout en faisant preuve d’une réelle maîtrise du langage cinématographique.
Sans doute l’un des chefs-d’œuvre de John Woo et l’un de ses films les plus politisés. Face à la violence coloniale et aux horreurs de la guerre du Vietnam, « Une balle dans la tête » donne la place aux valeurs de loyauté et à la charité, dressant le portrait d’une amitié poussée à bout par la folie des hommes.
Loin de s’en tenir à l’action spectaculairement chorégraphiée, Woo inscrit son récit dans un contexte ...
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François Perlier fait le choix de donner voix aux laissés-pour-compte d’Haïti. On y ressent l’énergie et la charge émotionnelle de ces « âmes bossales », au risque — assumé — d’en faire affleurer les contradictions et les blessures. Une œuvre qui se savoure lentement et qui, pour autant, ne laisse pas indifférent·es.
Cette nouvelle œuvre de Park Chan-wook s’inscrit pleinement dans son engagement satirique et social. Porté par un scénario superbement écrit et une mise en scène remarquable, fidèle au style du cinéaste coréen, « Aucun autre choix » interroge avec finesse ce que nous sommes prêt·es à accomplir pour regagner un statut social — et les privilèges qui l’accompagnent — au sein de la société capitaliste. Le casting ...
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Kelly Reichardt revisite le film de braquage pour livrer, avec une pointe d’humour et une grande lucidité, le portrait très fin d’un homme hors de son époque – ou peut-être trop ancré en elle. Si le rythme peut paraître parfois lancinant, le coup de génie final vaut sans doute le détour.
Sans doute l’écriture du film se révèle-t-elle d’une rare finesse, et sa mise en scène est drôlement stimulante. Ce qui dérange davantage, c’est que le sujet du film soit raconté depuis une perspective privilégiée. Au final, Paul reste un homme issu d’une famille bourgeoise, qui a pu se permettre de faire de son rêve d’écrivain un métier, tout en bénéficiant de la légitimité et de la célébrité que ses livres lui ont apportées.
À travers une mise en scène épurée, ce geste de cinéma fait surgir chez le·la spectateur·trice une émotion ancienne, de celles qui nous tiennent en vie. Plus qu’un voyage dans le temps, le film se déploie comme un hommage à l’amour — force motrice essentielle, y compris (et peut-être surtout) lorsqu’il appartient au passé.
Tout tenait jusqu’au moment où Sorrentino choisit, une fois de plus, de tout expliquer et de tout rationaliser. Là où il aurait pu accepter de laisser affleurer le doute — comme son personnage tente de le faire, en vain, tout au long du film.
Malgré l’ambition de livrer au·à la spectateur·rice une fresque de la Palestine, de la Nakba à nos jours, le film de Cherien Dabis demeure non seulement convenu, mais aussi excessivement romancé. En renonçant à montrer le brutalité d’1sr@3l et les injustices dans toute leur réalité, la mise en scène atténue la portée politique de son sujet. À travers l’histoire intime d’une famille exilée de Jaffa, la réalisatrice semble ...
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Comment créer une réalité ?
Avec Le Mage du Kremlin, Assayas interroge la politique moderne et la fabrication des récits de pouvoir, en privilégiant la nuance plutôt que l’effet. Si le jeu de Jude Law impressionne par sa maîtrise et si l’écriture se révèle souvent fine, l’ensemble souffre d’un intellectualisme exacerbé et d’une tendance au bavardage qui affaiblit parfois la force dramatique du film.
Avec Le Mage du Kremlin, Assayas interroge la politique moderne et la fabrication des récits de pouvoir, en privilégiant la nuance plutôt que l’effet. Si le jeu de Jude Law impressionne par sa maîtrise et si l’écriture se révèle souvent fine, l’ensemble souffre d’un intellectualisme exacerbé et d’une tendance au bavardage qui affaiblit parfois la force dramatique du film.
Le parti pris de « Hamnet » est, sur le papier, passionnant : raconter la genèse d’une œuvre de Shakespeare non pas par la glorification du génie, mais par l’expérience intime du deuil qui la traverse. Ce déplacement du regard — de l’œuvre vers sa source affective — est sûrement l’idée la plus intéressante du film, et l’écriture, à ce titre, est souvent d’une grande finesse.
La performance de Jessie Buckley mérite ...
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Le film peine à trouver sa juste mesure : trop convenu pour réellement captiver, trop elliptique pour être pleinement lisible. Les choix de mise en scène étirent inutilement le récit, donnant lieu à de nombreuses longueurs qui finissent par égarer le/la spectateur•trice. Si l’interprétation de Valeria Bruni Tedeschi impressionne par sa maîtrise et son intensité, elle ne suffit pas à porter un ensemble qui demeure, au final, lourd ...
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« Father Mother Sister Brother » est un triptyque composé de trois tableaux familiaux en apparence banals, presque anodins. Jim Jarmusch y déploie une mise en scène minimaliste, oui, mais jamais sèche : elle sait au contraire laisser surgir les émotions là où on ne les attend pas. Chaque segment fonctionne comme une composition précise, faite de silences, de gestes retenus, d’objets et d’une étrange familiarité qui trouble ...
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Le film entend interroger la violence genrée et son articulation avec la question de classe. Malheureusement, cette ambition se heurte à une écriture trop superficielle et à une mise en scène terriblement convenue, qui empêchent le propos de réellement prendre corps.
Mendonça Filho bouscule les codes du film policier pour livrer le portrait de plusieurs figures de la résistance, chacune ancrée dans un vécu singulier. Si le film exige un véritable effort de la part du spectateur ou de la spectatrice — notamment en raison de l’entrelacement de multiples strates temporelles —, cet engagement est largement récompensé par la richesse de la réflexion qu’il propose, en explorant la résistance hors ...
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Dans Fuori, Mario Martone adopte un rythme qui reflète la respiration de Goliarda Sapienza, portée avec une intensité précieuse par Valeria Golino. À partir du moment de sa sortie de prison, le film s’ouvre progressivement, comme si la caméra accompagnait la réémergence d’une femme en quête d’espoir. Par un tissage subtil de flashbacks et de flashforwards, Martone dévoile les strates d’une personnalité complexe, insaisissable, ...
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Si le propos, clairement énoncé et loin d’être banalisé, porte le film, ce roman d’apprentissage queer souffre d’un manque de structure. L’usage abrupt et systématique des ellipses nuit à la lisibilité sans réellement apporter de valeur ajoutée.
Hou Hsiao-hsien puise dans ses souvenirs d’enfance pour livrer un film d’une grande sincérité. Un été chez grand-père capte le réel avec grâce, une beauté sans artifice, où chaque geste et chaque silence respirent la vérité du vécu.
« Bel Ami » est un véritable geste d’amitié, et surtout un geste de cinéma : Jun Geng offre un film queer sincère et audace, qui bouscule les codes du genre avec une grâce subtile. En noir et blanc presque total, le film transforme une ville froide du Nord-est de la Chine en décor d’intimités tendres, d’humour absurde et de désirs longtemps tus. Dans ce petit monde de marginaux — hommes d’âge mûr, couples lesbiennes, ...
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Avec Bugonia, Lanthimos signe une satire éminemment contemporaine, profondément ancrée dans nos peurs collectives – complotisme, effritement des institutions, dérives du discours corporate. Le film est politisé, frontal, même si un peu moins fin que ce qu’on pouvait attendre de lui. Par ailleurs, il reste porté par une énergie visuelle puissante et par des performances impeccables, notamment Emma Stone et Jesse Plemons. Le grotesque ...
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À travers l’errance d’un jeune homosexuel hongkongais qui adopte tour à tour la personnalité de ses amants, le film met en scène avec finesse l’aliénation et la solitude de son protagoniste, sans oublier la question identitaire et la construction coloniale du désir. La photographie en noir et blanc, d’une grande justesse, ainsi que les dialogues sottovoce renforcent cette atmosphère d’égarement intime et à la fois réinvention ...
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Le dernier film d’Agnieszka Holland, consacré à la vie et à l’œuvre de Franz Kafka – jusqu’à son héritage dans l’industrie culturelle – ne suit pas la linéarité du biopic classique. Il ose une mise en scène audacieuse, éclatée, parfois brillante. Mais cette audace est aussi sa limite : le style maximaliste, les ruptures de ton et certains gimmicks narratifs peuvent finir par désorienter, surtout quand le geste intellectuel ...
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Là où l’idée de raconter l’histoire méconnue d’un architecte incompris face aux enjeux politiques de son œuvre séduit, Demoustier s’affirme comme un réalisateur sobre et élégant, dont la mise en scène séduit par sa géométrie maîtrisée.