Films
Séries
Emissions
L’Ultime Héritier (2025) et son récit d’héritage opère un déplacement discret mais déterminant. Il ne s’agit plus seulement de recevoir, ni même de contester, mais de redéfinir les conditions mêmes de la transmission. Hériter devient ici une question de position : une place à occuper, ou à reprendre, au sein d’un ordre déjà structuré.
Le film s’organise ainsi autour d’un manque initial, non pas affectif, mais ...
Lire plus
Lire plus
Kristoffer Borgli construit avec The Drama un dispositif d’une redoutable efficacité : un couple comblé, à une semaine de son mariage, voit son équilibre vaciller à la suite d’un événement inattendu. Tout semble alors réuni pour un drame sentimental classique. Et pourtant, très vite, le film choisit une direction plus risquée.
Car le récit s’ouvre sur une lecture frontale, presque dérangeante dans le contexte actuel : celle ...
Lire plus
Lire plus
Tout commence par une impression familière, presque trompeuse, dans Dolly, de Rod Blackhurst et Brandon Weavil. Une balade en forêt, un couple, une situation qui semble relever d’un imaginaire déjà connu. Mais très vite, quelque chose se décale. Deux trajectoires coexistent sans jamais totalement se rejoindre : celle du couple, lisible, presque classique, et en face, celle de Dolly, qui obéit à une logique plus opaque, plus ...
Lire plus
Lire plus
Dans Wedding Nightmare, tout commence par une promesse simple : une nuit, un rituel, une femme plongée dans un jeu dont elle ne maîtrise ni les règles ni les enjeux. Le film ne cherche pas à masquer cette mécanique. Il l’expose d’emblée pour mieux en organiser la progression, en plaçant son héroïne au cœur d’un système qu’elle devra apprendre à comprendre pour survivre.
Très vite, la photographie installe un cadre familier. ...
Lire plus
Lire plus
They Will Kill You semblait annoncer un retour à une horreur frontale, presque primitive. Le titre lui-même ne laissait place à aucune ambiguïté : une menace claire, directe, assumée. Pourtant, à mesure que le film se déploie, cette promesse se trouble, jusqu’à déplacer le récit vers un territoire inattendu.
Car très vite, l’horreur se voit concurrencée par une autre logique. Le film glisse vers une forme de stylisation de la ...
Lire plus
Lire plus
Le récit de Reminders of Him s’ouvre non sur une promesse, mais sur une dette. Tout est déjà là, et ce qui se joue n’est pas la découverte, mais la capacité à traverser ce qui a été fait. Le mouvement du film ne tient pas à l’action, mais à l’ajustement : comment continuer à entrer en relation lorsque le passé en conditionne chaque possibilité ?
Le retour initial ne vaut pas comme recommencement, mais comme mise à ...
Lire plus
Lire plus
Le film de Corin Hardy, à qui l’on doit notamment La Nonne (2018), prolonge une approche de l’horreur fondée sur la retenue plutôt que sur l’effet. Rien n’y est brusqué ; tout s’installe avec une lenteur calculée, comme si le trouble devait d’abord se former avant de se manifester.
Au centre du récit, un objet : un sifflet ancien, issu de traditions mésoaméricaines. Le son qu’il produit ne relève pas du simple détail, ...
Lire plus
Lire plus
Le mythe imaginé par Mary Shelley en 1818 n’a jamais cessé de revenir hanter le cinéma. Non pas seulement parce qu’il met en scène la création d’un être artificiel, mais parce qu’il pose une question beaucoup plus dérangeante : que devient un être qui existe avant même d’avoir choisi d’exister ?
Avec The Bride!, Maggie Gyllenhaal ne se contente pas de revisiter l’héritage de Frankenstein. Elle déplace le regard. Là où ...
Lire plus
Lire plus
Depuis 1996, la saga Scream, initiée par Wes Craven, ne s’est jamais limitée à l’horreur. Elle a toujours observé son époque à travers le prisme du genre, transformant le slasher en réflexion sur ses propres règles. Le masque de Ghostface n’a jamais été une simple figure de menace : il est un rôle, une fonction narrative, une structure capable de se réinventer sans disparaître.
Ce qui distingue profondément Scream d’autres ...
Lire plus
Lire plus
Cold Storage de Jonny Campbell s’installe d’emblée dans une forme de retenue, comme si la menace qu’il met en scène n’avait pas vocation à éclater, mais à s’insinuer. Cold Storage ne construit pas son efficacité sur la surprise, mais sur la progression : un danger contenu, latent, déjà présent avant même d’apparaître. Cette logique de confinement — presque mentale — donne au film sa structure et son rythme.
Le ...
Lire plus
Lire plus
Le rythme de Hurlevent s’impose d’emblée comme une condition de perception. Lent, presque méditatif, il ne cherche ni l’efficacité immédiate ni la dramatisation des sentiments. Cette temporalité étirée restitue quelque chose de l’univers narratif d’Emily Brontë, écrit dans les années 1800, à une époque où la maturation intérieure primait sur l’urgence. Le film ne précipite rien : il laisse les émotions se former, se ...
Lire plus
Lire plus
Send Help — Critique
Avec Send Help, Sam Raimi — cinéaste indissociable de la trilogie Evil Dead — revient à un territoire qui a toujours constitué le cœur de son cinéma : celui de l’être humain confronté à une situation limite, où les cadres ordinaires se fissurent et où l’identité réelle des individus se révèle sous contrainte. Mais derrière l’apparente simplicité du dispositif — survivre, attendre, s’adapter ...
Lire plus
Lire plus
Adapter Silent Hill au cinéma pose un problème central qui n’a rien de nouveau : comment traduire une horreur née d’une expérience active — celle du joueur — dans un médium qui rend le spectateur passif ? Cette question était déjà au cœur du premier Silent Hill en 2006, à une époque où le cinéma cherchait encore comment absorber les univers vidéoludiques sans les réduire à de simples récits illustrés. Le jeu faisait de ...
Lire plus
Lire plus
Reconnu coupable s’inscrit dans la tradition du thriller judiciaire tout en en déplaçant subtilement les fondements. Là où le genre repose habituellement sur la révélation progressive d’une vérité dissimulée, le film préfère organiser une circulation du soupçon, une mobilité permanente de la culpabilité qui engage autant les personnages que le spectateur lui-même.
Le récit avance ainsi par glissements successifs. À mesure ...
Lire plus
Lire plus
Primate s’inscrit d’emblée dans une tradition narrative particulière de l’horreur : celle des récits où la menace n’est ni dissimulée ni véritablement mystérieuse, mais annoncée. À la manière de certains dispositifs policiers inversés — on pense à Columbo — le film ne fonde pas son efficacité sur la révélation, mais sur le déploiement d’un danger connu, dont l’intérêt réside dans la progression, l’attente et ...
Lire plus
Lire plus
Greenland: Migration s’inscrit dans une tradition narrative précise du cinéma catastrophe contemporain : celle du récit de traversée. Plus qu’un film sur l’événement apocalyptique lui-même, il s’agit d’un film sur le passage, sur le déplacement d’un point A condamné vers un point B encore habitable, dont la promesse suffit à maintenir le mouvement. La catastrophe n’y est plus un choc inaugural, mais une condition ...
Lire plus
Lire plus
28 ans plus tard opère un déplacement net et assumé au sein de la saga inaugurée au début des années 2000. Là où 28 jours plus tard (2003) puis 28 semaines plus tard privilégiaient une progression plus lente, presque clinique, fondée sur la contamination graduelle et l’effritement progressif du tissu social, ce nouveau volet adopte une énergie sensiblement différente. Il ne s’agit pas d’un simple changement de rythme, mais ...
Lire plus
Lire plus
La Femme de ménage s’ouvre sur un dispositif volontairement lisible, presque rassurant, qui inscrit immédiatement le film dans les codes du thriller psychologique domestique.
Les rapports de classe sont clairement établis, les rôles sociaux immédiatement identifiables, et la situation dramatique paraît s’organiser autour d’un déséquilibre central dont les contours semblent évidents.
Le récit adopte le point de vue de Millie, ...
Lire plus
Lire plus
Le dernier opus de la saga Avatar s’inscrit dans une dynamique de continuité maîtrisée, tant sur le plan narratif que formel. Le film confirme la solidité de l’univers pandorien conçu par James Cameron, tout en révélant une évolution notable de la réception spectatorielle : l’effet d’émerveillement, moteur central du premier film, semble désormais largement intégré, voire dépassé.
Lors de la sortie du premier Avatar ...
Lire plus
Lire plus
Il arrive que certains films refusent de se dévoiler immédiatement, paraissant, dans leur premier élan, presque réticents à s’affirmer, comme s’ils préféraient s’installer dans l’esprit du spectateur avec la lenteur des choses qui, pour durer, doivent d’abord se faire oublier. L’Élue appartient à cette catégorie rare où l’horreur ne s’abat pas, mais se répand, semblable à ces lumières du matin qui ne s’annoncent ...
Lire plus
Lire plus
Il y a dans Five Nights at Freddy’s 2 une assurance nouvelle, presque déroutante : le sentiment que la franchise, longtemps tenue comme un phénomène périphérique, trouve enfin sa forme de cinéma.
Là où le premier volet oscillait, cette suite assume : un ton, une esthétique, une mé n’est plus dans la simple adaptation d’un jeu culte, mais dans la construction d’un univers aux règles internes précises — une horreur qui se ...
Lire plus
Lire plus
Il arrive, très rarement, qu’un film surgisse avec cette sensation de précision absolue, d’équilibre souverain, d’évidence narrative. L’Intermédiaire (Relay) appartient à cette catégorie infime d’œuvres qui semblent déjà parfaitement à leur place dans le paysage contemporain, comme s’ils avaient anticipé nos inquiétudes, nos fuites, nos hésitations.
C’est un film d’une élégance formelle exceptionnelle : les cadres ...
Lire plus
Lire plus
Avec Bugonia, Yórgos Lánthimos ne surprend pas au sens brutal du terme, celui du virage inattendu ou de la rupture radicale, mais selon une modalité plus subtile, plus profonde : il affine.
Le film s’inscrit dans une répétition maîtrisée de son univers, mais cette répétition n’a rien d’un ressassement mécanique. Elle ressemble davantage à ces variations lentes où un motif, déjà connu, se modifie imperceptiblement au fil des ...
Lire plus
Lire plus
Il y a, dès les premières minutes du Running Man d’Edgar Wright, cette manière singulière de vous saisir par l’image avant même que le récit n’ait véritablement commencé ; comme si le réalisateur, fidèle à son goût pour les rythmes serrés et les éclats visuels, posait d’emblée son monde tel un décor trop brillant pour ne pas cacher quelque chose. Dans cette nouvelle adaptation du roman de Richard Bachman — que le film ne ...
Lire plus
Lire plus
L’univers de Colleen Hoover, déjà brillamment porté à l’écran avec Jamais plus, trouve ici une nouvelle incarnation tout aussi attentive aux émotions brutes que recèle son œuvre. Regretting You s’impose d’abord comme un drame d’une grande sensibilité, porté par un duo mère-fille dont les sentiments semblent vibrer à fleur de peau. Le film prend le temps d’installer ses personnages, de les montrer dans leurs gestes ...
Lire plus
Lire plus
Dans Shelby Oaks, la peur ne se présente pas comme un événement, mais comme une lente efflorescence, une de ces ombres qui se déposent d’abord imperceptiblement sur la surface des choses, puis finissent par troubler l’air même que l’on respire. L’enquête autour d’une sœur à la recherche de celle qu’elle a perdue n’est qu’un prétexte pour sonder une autre disparition, plus intime : celle de la certitude que le réel existe ...
Lire plus
Lire plus
Réalisé par Dan Trachtenberg, ce nouveau volet de la saga Predator change de cap : l’alien chasseur devient protagoniste, l’humain absent, l’emphase portée sur un rite de passage dans un monde étranger. Le personnage principal, le jeune Yautja Dék, arrive sur la planète Genna décidé à prouver sa valeur — mais il se retrouve allié à Thia, une synthétique endommagée — et le film explore la solitude, l’honneur, la ...
Lire plus
Lire plus
Dès l’ouverture, Sinister installe un revers inattendu du quotidien : une maison dont les murs retiennent plus que des souvenirs, l’écrivain Ellison Oswalt (Ethan Hawke) s’y installe malgré les signes. Le plan Super 8 d’une famille pendue sous un arbre introduit la mort comme la trace silencieuse d’un vécu trop banal. La caméra ne surgit pas ; elle attend. Et c’est l’attente elle-même qui devient le spectre.
Ellison, en ...
Lire plus
Lire plus
« Les Intrus : Chapitre 2 » se glisse dans l’ombre d’un huis-clos prolongé. Dès l’ouverture, l’hôpital désert devient plus qu’un décor : il se mue en prisme où la peur se fragment au-dessus du corps et dans le vide. Le couloir s’étire comme un souvenir trop vif, la caméra s’attarde dans le silence avant que le cri ne trouve sa place. On assiste à une fuite non seulement du corps mais de l’être.
Maya incarne cet ...
Lire plus
Lire plus
Avec L’Homme qui rétrécit, Jan Kounen et Jean Dujardin livrent une méditation sur la proportion, la mesure et la perte. Le film s’ouvre comme une fable tranquille avant de glisser vers l’expérience métaphysique d’un homme qui se découvre minuscule face à ce qu’il croyait maîtriser.
Dès les premières minutes, Kounen impose son regard. Les plans s’étirent, la caméra se fait contemplative. De subtiles contre-plongées ...
Lire plus
Lire plus
Certains retours ne se signalent ni par le fracas ni par la surprise. Ils ne frappent pas, ils réapparaissent — comme une présence que l’on croyait dissoute et qui, silencieusement, reprend place dans la pièce. Black Phone 2, sous l’égide de Blumhouse, relève de ce type de réapparition : non l’annonce d’une suite, mais l’installation d’une persistance. Rien ici ne cherche à prolonger un succès ; tout semble tendre vers ...
Lire plus
Lire plus
Présenté au festival SXSW 2025, Good Boy de Ben Leonberg s’impose comme une expérience singulière dans le paysage de l’horreur contemporaine. Le film repose sur un dispositif narratif minimaliste : raconter une histoire de hantise à travers la perception d’un chien. Ce déplacement du regard humain vers l’animal modifie profondément la nature de la peur, qui devient une expérience perceptive plutôt qu’un simple effet ...
Lire plus
Lire plus
Sous les dehors frivoles d’une comédie romantique, A Big Bold Beautiful Journey dissimule une expérience bien plus secrète. Le film n’avance qu’en apparence sur le sable léger du sentiment ; à mesure que la marée du temps s’y retire, on découvre, sous la façade polie des gestes et des sourires, la matière mouvante d’une gravitation intime. Tout y semble ordonné selon une loi invisible : les êtres s’attirent, se repoussent, ...
Lire plus
Lire plus
Adapté du roman The Long Walk de Stephen King (publié sous le pseudonyme Richard Bachman en 1979), Marche ou crève s’inscrit dans la tradition du cinéma dystopique contemporain, où l’épreuve mortelle devient dispositif politique autant que narratif. Dans une société totalitaire, cent adolescents doivent marcher sans jamais s’arrêter, sous peine d’exécution.
Ce postulat minimaliste instaure un survival dystopique dont la ...
Lire plus
Lire plus
Une bataille après l’autre, fresque ample et labyrinthique de Paul Thomas Anderson, ne raconte pas seulement la violence et la révolte : il en fait une élégie, où la lutte politique se confond avec les blessures intimes. L’idéal révolutionnaire y apparaît comme une poésie fragile, nourrie autant de ferveur que de désillusion, toujours menacée par la pesanteur des passions humaines.
La mise en scène saisit les personnages au seuil ...
Lire plus
Lire plus
The Conjuring : L’Heure du jugement, dernier volet de la saga, n’est pas un simple prolongement mais l’aboutissement d’une nuit cinématographique où chaque silence semble dicté par une main plus ancienne que l’image elle-même. La mise en scène installe la peur non par la surenchère, mais par la lenteur : couloirs banals, miroirs fissurés, escaliers dérobés deviennent les véritables autels d’une liturgie obscure. La scène ...
Lire plus
Lire plus