Si l’humour mordant reste celui de la série animée de Nickelodeon, le style visuel, plus éclatant, s’accorde à un ton déjanté dont l’ambition est de déclencher fous rires et frissons.
Si ce long-métrage de Louise Hémon est aussi âpre qu’exigeant, la délicate Galatea Bellugi saisit la main du spectateur pour lui faire traverser les bourrasques de neige, mais aussi celles de son cœur.
A partir d’une idée propre au fantastique, Alice Vial a construit une comédie romantique on ne peut plus tangible où les émotions se bousculent au rythme des sentiments naissants. Si l’on chavire, c’est aussi grâce au talent de Jonathan Cohen, qui joue les jolis cœurs avec panache, et de Magalie Lépine-Blondeau, dont la puissance de jeu nous bouleverse.
Si Isabelle Nanty, dans le rôle de la grand-mère de l’ennemi juré de la fillette, et Patrick Timsit, dans celui du Père Noël foutraque, s’en donnent à coeur joie, le spectacle reste plus amusant pour les enfants que pour leurs parents.
Si le rythme et les dialogues ne sont pas toujours à la hauteur de son ambition, Nicolas Keitel a pu compter sur le soutien de trois actrices solides qui apportent sincérité et émotion au film.
Si l’on peut regretter que ce long-métrage s’attache plus aux relations amicales et amoureuses de l’héroïne qu’à tous les mécanismes de création de son chef-d’œuvre, il n’en reste pas moins une belle ode aux femmes.
D’une confession face caméra à une scène de jeu entre Eva Yelmani et Liliane Sanrey-Baud, son film prend la forme d’une déclaration d’amour aux mères absentes et nous laisse bouleversés, tant il est fort et poignant.
Nathan Ambrosioni filme la colère, l’absence et la reconstruction avec une infinie sensibilité et beaucoup de pudeur. Il nous émeut aux larmes tandis que l’on suit cette histoire évoluant de l’ombre à la lumière.
Yorgos Lanthimos nous sert sa vision du complotisme avec ce remake du film sud-coréen ‘Save the Green Planet !' arrosé à la sauce hémoglobine. Si les amateurs se réjouiront de voir qu’il s’y sent à son aise et qu’Emma Stone fait un sans-faute, les nostalgiques de La Favorite ne pourront qu’espérer son retour dans une cour où la violence serait moins démonstrative.
Malgré quelques longueurs dues à un scénario parfois trop alambiqué, ce film compte suffisamment de suspense et de coups de théâtre pour en faire un divertissement efficace.
Avec un réalisme aussi rare que bienvenu, un humour teinté d’autodérision et une bonne dose de sentiments contrariés, cette comédie romantique est de celles que beaucoup attendaient.