Déjà relativement lourdingue dans son humour, Lucky Luke devient carrément pénible lorsque son récit se prend au sérieux, se rhabille en drame pour imaginer une origin story par exemple.
Etirée en 30 épisodes visuellement splendides, bien que flirtant avec une esthétique publicitaire, la série du cinéaste sur l’ascension d’un homme d’affaires se cale sur le tempo frénétique d’une ville en plein boom capitaliste.
Avec l’irruption d’un cadavre vient la nécessité d’un pourquoi. La série s’exécute, se raconte dès lors en flash-backs, multiplie les interrogatoires. Une normalisation du langage qui ne torpille pas complètement cet étrange thriller érotique entre quinquas en doudounes Purina, dont les jeux sexuels ont bien du mal à conjurer l’insatisfaction plus profonde.
C’est évidemment Benoît Magimel, en tête d’affiche, qui réussit le mieux ce contraste entre la morosité d’une vie moderne et l’attrait d’un underworld maculé de sang – sans lui, la série perdrait peut-être même tout son fumet, et aurait peut-être l’air d’une dramatique criminelle de l’été sur TF1. Mais sa douceur taurine, ses boniments de beauf charismatique à bouc et gomina suffisent à entretenir la fascination d’une série qui heureusement récompense l’attente et, dans son finale, malmène nos nerfs autant que promis.
Hélas les mystères de "Lost Media" paraissent souvent un peu ridicules. Un des grands ressorts de l’angoisse creepypasta tient à la trivialité de ses images, à l’état induit par le visionnage de vidéos brutes où l’ennui renforce le surgissement de l’étrangeté. Or ici tout semble un peu trop propret et bien taillé.
Etonnamment saisissante, la Française interprète une pharmacienne vengeresse, engagée auprès de femmes victimes de l’emprise de leurs maris. Une minisérie réussie.
Le créateur de "Scrubs" et "Ted Lasso" revient avec une comédie de mœurs cette fois logée dans l’univers académique américain, avec un Steve Carell plus drôle et subtil que jamais.
Sorte d’adaptation du film d’Audiard délocalisée aux Baumettes, la production Canal, inerte et bizarrement sentimentale, s’éparpille dans des intrigues annexes.
Le monde de "Heated Rivalry" est celui de la rom-com sexy poussé au max. La vie quotidienne des équipes n’existe quasiment pas et quand un joueur star drague un serveur dans un café, les rapports de disproportion de statut social et financier se dissolvent dans le sucre du milk-shake aux myrtilles.
Plus intimiste que sa grande sœur, la nouvelle série dérivée de l’univers de George R. R. Martin dépeint avec humanité la grandeur morale d’un chevalier, superbement incarné par Peter Claffey.
Nicolas Maury y arrive toujours, à nous gêner comme à nous émouvoir dans un même geste, garçon-chiffon devenu homme-mouchoir, à même d'absorber les larmes et les fluides encombrants de l'être humains. Les Saisons, série de rancoeurs et de passions, est, encore une fois, une incroyable preuve de tout cela.
La séduisante comédie romantique de Rodrigo Sorogoyen dépeint la relation contrastée d’un couple sur une décennie en réduisant la focale à une simple soirée par an, le 31 décembre.
Le génial créateur de "Breaking Bad" débarque sur Apple TV avec de la bave, une invasion et une protagoniste seule contre tous, qui forment une formidable comédie noire, riche et constamment surprenante.
La nouvelle série de Ryan Murphy se vautre dans le kitsch de manière sans doute plus délibérée qu’on ne le croit. Mais un naufrage volontaire reste un naufrage.
Empilement d’effrois light, Bienvenue à Derry ne parvient jamais à infuser un climat durable où la peur déborderait du moment présent. Des cinq épisodes partagés à la presse ne ressortent que l’écho affadi et enlaidi de films déjà pas bien fameux.