Ponctués de longueurs, ces Aigles de la République peinent à décoller jusqu'à laisser l'impression d'un potentiel certain, mais pas exploité dans sa pleine mesure.
Une œuvre profonde, maîtrisée, spleenesque, bercée par la somptueuse musique de Reyn et du message de résilience planant Here Comes the River de Patrick Watson.
La construction dramatique, articulée sur trois joutes verbales expose les faits sans être didactique par sa capacité à emprunter aux codes du thriller, où le moindre faux pas, le moindre mot inapproprié de la part d'Alexander Kornev, campé par l'excellent Aleksandr Kuznetsov, peut être fatal. Haletant… et pertinent, donc.
Une série B proprette donc, axée sur la vulnérabilité et qui met en avant des outsiders, rejetés par les leurs, mais qu'on aura aussitôt oubliée une fois la projection achevée.
Un film choc donc, coup de poing, qui surfe sur le mouvement #MeToo puisqu’abordant la question du consentement, et celle liée au harcèlement ou au rapport de pouvoir.
Stéphane Demoustier n’oublie pas dans sa réalisation, très inspirée, de jouer sur les perspectives, pour un résultat concluant, en phase avec son sujet.
Un film déroulé avec une certaine finesse, camouflée derrière des gags plus directs, donnant un ton assez particulier à ce film servi par des acteurs en très bonne forme.
Ce choix de ne pas toujours faire éprouver de l'empathie envers eux fait que le film oscille entre les genres, passe de la chronique familiale à une critique d'un entre-soi littéraire hautain pour finir par s'engouffrer dans le Me Too. À la fois drôle et grave, naturaliste voire romanesque dans son dénouement, le résultat a le mérite de bousculer.
À oublier de porter un point de vue sur cette histoire et à abattre uniquement la carte de la farce lourde, sans approfondir quoi que ce soit, Thierry Klifa manque le coche et, multipliant les fautes de mauvais goût, s'embourbe dans du mauvais café-théâtre, loupant même, à cause du ton hystérique, la critique de la bourgeoisie promise sur le papier. D'où un nanar pur jus, désolant, voire même agaçant d'un bout à l'autre.
L'ensemble manque parfois de liant pour imposer Smashing Machine comme un classique du genre… Petit bémol qui ne remet pas en cause les qualités intrinsèques de ce drama, servi par une réalisation inspirée qui s'attache à être au plus près du ressenti de cet outsider magnifique.
À la fois fidèle au roman et osant se l'approprier, le cinéaste signe un film beaucoup plus moderne qu'il n'en a l'air puisqu'il évoque le mal-être de la jeunesse actuelle, en quête de sincérité, dépassée par un monde qu'elle ne comprend pas et qui lui semble justement étranger, absurde, ne serait-ce que par les conflits et autres guerres.
En dépit d'un rythme inégal, notamment dans la première partie, et de certaines performances en dessous des attentes – Clara Choï dans le rôle de l'épouse d'Aurélien n'est guère convaincante –, le film s'impose comme un divertissement original, ponctué de moments qui marqueront les fans de l'auteur de La Quête.
Les médecins ne constatent aucune pathologie, il devient « juste » minuscule. Son chat, une araignée, une voix trop puissante : tout devient hostile pour lui...
Les petites touches d'humour et l'esprit décalé de certains personnages – dont un drôle de trio vocalement doublé par Vincent Macaigne, Louis Garrel et William Lebghil – captent aussi l'attention de cette proposition sincère, inventive, marquée par l'esprit d'un auteur à suivre de très très près.
D'un point de vue mise en scène, c'est une nouvelle master-class, avec en point d'orgue l'utilisation de la couleur pour quelques flashbacks… dont celui à Auschwitz, de quoi provoquer un effet choc sur le spectateur et rappeler que l'horreur est toujours vive, et la menace, constante.
La prestation à la fois forte et sensible de Nadia Melliti, révélation récompensée par le prix d'interprétation féminine au festival de Cannes, renforce le côté introspectif et apporte la profondeur nécessaire à cette Petite dernière qui, à défaut d'être un film coup de poing, s’impose comme un drame sensible.
La réalisation est soignée, mais guère marquante, loin de la rock'n'roll attitude qu'on pouvait attendre, alors que des flashbacks sur l'enfance difficile en noir et blanc sont insérés par épisodes pour dépeindre la psychologie du principal intéressé.
Quelques punchlines, la présence de guest stars (Alain Chabat, Christian Clavier, Redouane Bougheraba…), la qualité de la photographie et des effets spéciaux, dont certains sont réellement spectaculaires, donnent du cachet à ce blockbuster made in France, déconcertant et qui, par sa conception même, s'adresse aux connaisseurs de l'œuvre. Et seulement à eux… quitte à diviser.