(...) si la première partie du film traîne un peu en longueur (et en paroles inutiles), on se laisse vite prendre dans le tourbillon fatal des règlements de compte et des casses spectaculaires. Contrairement à certains films où les méchants peuvent paraître sympathiques, LA MENTALE ne fait rien pour rendre ces gangsters moins cruels qu'ils ne le sont.
Un film avec suffisamment d'humour, d'émotion, d'action (et de bonne morale) pour réussir peut-être à surprendre les jeunes enfants. Quant aux parents un conseil : essayez de retrouver, le temps du film, votre âme d'enfant, sans quoi vous risquez fort de trouver ce 2ème opus des aventures de Stuart Little bête et niais au possible.
Après une mise en route difficile, on se laisse finalement attendrir et bercé par l'histoire de ces deux jeunes femmes en quête de tendresse. Mais si le sourire est de mise, le côté caricatural des personnages reste quant assez agaçant.
Le résultat est une très belle variation sur les thèmes du désir, de la liberté, et de l'aliénation à l'être aimé. Rodolphe Marconi a réussi à saisir et à transmettre cet instant rare où l'on se sent possédé et démuni à la fois, à la merci de cet autre qui devient tout pour nous, jusqu'à l'obsession.
Cependant les acteurs inspirent une réelle tendresse, en particulier la jeune et attendrissante Morgane Moré, mais aussi Karine Silla, splendide femme du réalisateur, qui a co-écrit le scénario. Guillaume Depardieu est fidèle à lui-même, brut de chez brut, abîmé, dur, vrai. Bref, rien à redire du côté du casting, malgré un gros vide au niveau résultat.
Malheureusement, il faut le reconnaître, BLISSFULLY YOURS est long et lent. Ce film est par contre vivement recommandé aux adeptes de la relaxation, l'action est tellement calme que le spectateur dispose de tout son temps pour profiter des bruits de la forêt tropicale, les arbres, les feuilles, la rivière, le vent...
Les Divins secrets
Titre original The Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood
Le parti pris esthétique surprend (...). Tout cela pourrait irriter bien des spectateurs, s'il n'y avait les performances exceptionnelles de ces quatre mamies "Ya-Ya" : Ellen Burstyn, Maggie Smith, Fionula Flanagan et Shirley Knight.
Michel Blanc a réussi le pari de ne pas tomber dans le film d'acteurs où l'histoire n'est qu'un prétexte à la réunion du cinéma français. Ici, le chassé-croisé de la dizaine de personnages permet à l'histoire de prendre corps en même temps on savoure cet éventail d'acteurs.
INVASION n'est pas un film grand public et ne sera sûrement pas la tasse de thé de tous les cinéphiles. Il faut savoir prendre le recul nécessaire pour pouvoir apprécier ce long-métrage qui tire sa force de ses acteurs mais aussi d'une musique exceptionnelle.
Le réalisateur, Rob Cohen (...) a, une nouvelle fois, fait le choix du too-much : effets spéciaux, explosions, cascades, etc.... tout y est et le film frise parfois le ridicule ; mais il s'en sort. Le scénario se tient et les acteurs semblent bien imprégnés de leurs personnages. Ce mélange fait passer un bon moment aux amateurs du genre et aux spectateurs venus chercher du simple divertissement.
La réponse est convaincante, la manière d'y arriver encore plus et la dérision utilisée, formidable. Seule ombre au tableau de BOWLING FOR COLOMBINE : il ne dure que deux heures. Heureusement, Moore ne nous laisse pas sur notre faim, mais beaucoup risque d'en redemander.
Si la tristesse et la mélancolie habitent l'image, il s'ouvre finalement sur une fin heureuse et sans pathos, vers des lendemains meilleurs, offrant à tous une formidable leçon d'optimisme et un témoignage poignant sur l'Allemagne d'aujourd'hui.
Il ne manque qu'une chose à toutes ces vies singulières : une petite dose de tonus et d'énergie pour les rendre plus passionnantes et surtout plus percutantes.
Quoi qu'il en soit, vous l'aurez compris, MINORITY REPORT fait partie des films à ne pas manquer ce mois d'octobre. Seul petit hic : il fait aussi parti des films que l'on apprécie vraiment à la première projection mais qui perd toute sa force lors de la seconde.
Portrait anthropologique d'une humanité mise à nu dans toute sa laideur et son inanité, DOG DAYS nous offre une vision stroboscopique au réalisme cru d'une modernité déstructurée, en pleine déliquescence. Sans négliger, toutefois, tout ce que, parfois, une âme pervertie recèle de souffrance et de beauté cachée...
A priori, les inconditionnels de Corto ne seront pas déçus, quant-aux autres, ils devraient être conquis, d'autant que CORTO MALTESE, le film, est une bonne entrée en matière pour se lancer ensuite dans une découverte plus approfondie de la BD, quel que soit votre âge...