Moretti donne le ton d’un film qui, partant du réel, se permet toutes les fantaisies (…). Des séquences aussi réussies que la manifestation antifasciste réduite à l’image d’une place envahie par les parapluies, ou la leçon de philosophie administrée avec un mètre à ruban. Moretti a le sens de l’image qui fait mouche. (Numéro juin 1998)
[Les acteurs et actrices] parviennent à composer un portrait si ludique et joyeux de la Comdie-Française, à rebours de tout préjugé sur son image prétendue compassée, qu'il est difficile de résister, à la fin de la projection, au désir impérieux de les revoir dès que possible sur scène.
Panorama de la Bulgarie actuelle, "L'Aventure rêvée" est un "western" au sens que le titre du précédent film de Valeska Grisebach donnait à ce terme, tandis que l'adjectif "rêvée" rapproche ce récit de "Désir(s)", son second long métrage. Le regard posé sur ce pays fragile est celui d'une héroïne hors norme interprétée par Yana Radeva, bouleversante dans son premier rôle.
La réunion de la satire politique et de la comédie sentimentale ne convainc pas dans cette Ecologie des sentiments trop empêtrée dans la recherche des bons mots et d'un style décalé qui tombe à plat.
Dry Leaf fait partie de ces films qui donnent envie de suivre leur auteur dont le but est de regarder au mieux les gens et les bêtes, les ombres et les jours.
L'impression d'une narration qui progresse "au hasard" tient à l'incertitude de la vie qui se présente à la jeunesse. Cette note authentique, la caractérisation des personnages et la fin ouverte achèvent de nous convaincre.
De quoi faire passer un bon moment plein de malaise aux amateurs de genre, retenir l'attention des fans de création sonore et faire écho chez un peu tout le monde.
Ce magnifique film de Danielle Arbid, à la croisée entre le drame social et la romance, brille par sa capacité à lier l'intime avec quelque chose de plus grand. "Seuls les rebelles" se distingue aussi par sa conception singulière née de la contrainte qu'impose un contexte géopolitique instable.
Formidablement servi par ses acteurs, le film interroge notre regard sur la vieillesse et montre le destin qui lui est réservé dans ces résidences qui contraignent les êtres et les infantilisent [...].
Le duo de réalisateurs signe un film nerveux et ambigu qui, malgré un épilogue décevant, ne laisse jamais indifférent en examinant l’étrange entêtement d’une apprentie soignante et un monde hospitalier en souffrance.
Avec une caméra collée au plus près de son réalisateur, et dont l'omniprésence contredit quelque peu le projet affiché de solitude réparatrice, cette oraison funèbre accumule trop vite les affèteries stylistiques d'un certain genre de documentaire télévisuel d'aventures (musique balisée, voix off explicative...).
Le scénario d’Ed Solomon, habituel complice du cinéaste en alternance avec David Koepp, ménage jusqu’au bout ses révélations avec un suspense jubilatoire. Au-delà de la comédie policière, l’œuvre est aussi une poignante réflexion sur la création [...].
Au-delà du scénario social de ce film ostensiblement pré-Brexit (on entend souvent les informations politiques à la radio en fond sonore), ce sont les partis pris formels qui transmettent une véritable vision d’auteur.
La réalisatrice convoque la palette et les personnages hauts en couleur des films d'Almodovar des années 1980, mais c'est à un film en noir et blanc que "Vanilla" fait surtout penser : "Roma" d'Alfonso Cuaron.
C’est peut-être là l’élégance suprême du film : laisser affleurer la douleur dans le contraste d’une plage noire, volcanique, presque vide, et de serviettes de couleurs vives qui découpent des taches artificielles dans la lave. Le décor n’offre plus de refuge : il révèle une dissonance. La beauté formelle ne comble rien, elle encadre le manque.