Léa Seydoux, convaincante de bout en bout, tout comme ses consoeurs d'ailleurs, endosse au pas de charge cette admirable fin de règne qui n'est pas sans en rappeler une autre.
Ce premier film palawanais (île située au sud de Manille), inspiré par plusieurs contes traditionnels, s'inscrit d'emblée dans le sillage du Thaïlandais Weerasethakul. Sans en atteindre toutefois la flamboyance poétique
Merzak Allouache échoue à donner une forme cinématographique à ce qui s'apparente à un débat post-projection. Reste la fraîcheur d'une troupe de jeunes acteurs inconnus (dont Nouha Matlouti, véritable bouffeuse d'écran)
Evan Glodell y fait le portrait d'une jeunesse nihiliste ancrée dans une Amérique aux faubourgs déserts, qui impressionne par l'ambitieuse construction de son récit. Son film n'est pas sans défauts (de rythme notamment), mais il révèle sans nul doute un auteur.
Obsession des sondages, course à la démagogie, croc-en-jambe des camps rivaux, Michel Muller mène rondement cette satire féroce de la politique spectacle.
Le couple Béart-Dalle est remarquable, mais la jeune Stéphanie Sokolinski, dite Soko, chanteuse et actrice déjà repérée chez Xavier Giannoli, embarque tout en indécrottable révoltée.
L'enfer du délitement, de l'assèchement (la famine fait alors rage dans le pays), la conscience d'un peuple supplicié, voilà ce qu'enregistre le cinéaste dans ce document essentiel.
On ne peut que saluer l'entreprise tant le film serre au plus près l'intimité du personnage, bosseur fou, artiste visionnaire et personnalité complexe, magistralement incarné par Jérémie Renier.
Le cinéaste, un surdoué du cadre, opte d'abord pour de captivants plans fixes, oppose la distance entre Vladimir et Elena à la promiscuité qui règne dans l'appartement du fils de celle-ci et filme l'affrontement père/fille avec des accents bergmaniens.