(...) Marker et Lhomme, toujours à l'écoute de ceux à qui ils tendent leur micro, signent un essai poétique, où l'anecdotique et l'historique se font écho.
On a beau dire que Kubrick est tout ce qu'il y a de plus mégalo, son film est d'une troublante modestie en dépit de son budget, de ses décors et de ses trente-six chandelles. 09/09/76
Passé le film de fantômes (...), c'est le côté puritain, l'air de rien, du récit qui frappe. Sous ces aspects de ghost movie classique, "Mama" décrit en effet la conversion forcée d'une femme indépendante et rockeuse (...) qui a décidé de ne pas avoir d'enfant.
(...) Redford (...) signe un faux thriller mélancolique, inquiet (...), qui dialogue, à vingt ans d'écart, avec "A bout de course", ce chef-d'oeuvre méconnu réalisé par Sidney Lumet en 1988 sur un sujet similaire.
Trois Oscars pour cette merde (si peu sournoisement) raciste dont la grande audace consiste à doter un vague mafioso de trentième ordre de toute l’ardeur des pionniers de la libre entreprise. Charlie Hebdo, 7 avril 77
Nichols ne cache pas ses propres figures tutélaires (...), mais navigue au milieu d'elles avec une assurance (...) qui tranche avec l'essentiel de ce que produit le cinéma américain contemporain. [Mais] on pourra reprocher au film un excès d'écriture (...).
L'idée est en soi assez belle, mais n'échappe pas à une forme de niaiserie que joue à merveille Damon et qui - soyons justes- a toujours irrigué le cinéma de Gus Van Sant (...).
(...) Bellocchio semble un peu perdu, démuni même, face à cette Italie qu'il ne comprend plus qu'à moitié (...). D'où le côté répétitif du film, souvent ostentatoire et finalement convenu. (...) Sa ronde des douleurs finit vite par bégayer autour d'un sujet qu'à la fin du film il n'a visiblement pas trouvé.
Esthétiquement, "Berberian Sound Studio" est une merveille, souvent intelligente (...), et les aficionados d'Argento (...) auront de quoi s'occuper. Mais l'hermétisme du film (...) risque de conduire bon nombre de spectateurs vers la sortie. Tant pis pour eux.
Sur la forme, "Guerrière" reconduit péniblement toute l'imagerie attachée à ces gangs de fanatiques demeurés (...). Sur le fond, le film est d'un simplisme affligeant.
On oscille constamment entre l'admiration devant ce travail d'orfèvre, d'une ambition folle et virtuose, qui dans le cinéma contemporain n'a guère d'équivalent, et le sentiment d'une montagne narrativement complexe qui accouche d'une souris un peu rachitique, porteuse d'un discours simpliste.
(...) La première réussite du film tient à la façon dont [Bruno Dumont] a su exploiter Juliette Binoche. D'un côté, en la filmant comme les autres patients (...). De l'autre, en faisant aussi d'elle une anomie (...). Une merveille.
(Ressortie) (...) L'un des plus grands films américains jamais réalisés, un immense opéra de poussière, une fresque d'une puissance formelle à couper le souffle (...).
[La] vision documentaire [du film] (...) ne résiste pas à sa boursouflure formelle, et celle-ci, pour se justifier, a parfois besoin d'aller piocher deux ou trois motifs dans le genre (...) qui ne s'accordent pas au réalisme voulu.
(...) "Flight" tangue, hésite, passe par des trous d'air (de scénario), affronte des turbulences morales énormes, mais, en dépit d'une fin bigote (...), arrive au bout du tarmac (...).
Trivial, hors sujet, anémique, ce "Hitchcock" est une illustration parfaite de la bêtise produite par l'application, devenue systématique, de la psychanalyse à la chose artistique.
(...) Voici un film digne de figurer dans les manuels d'histoire (...). Mais (...) le réalisateur filme, encore une fois, du point de vue rétrospectif une histoire mythique qui ne tolère aucune nuance et la légende de Lincoln.
Pendant plus de deux heures, [Kathryn] Bigelow filme son enquête à ras des évènements, à mi-chemin du documentaire et de la fiction. Aucun psychologisme freudien, aucun sentimentalisme, (...) un chef d'oeuvre.