Mine de rien, le film de Roar Uthaug se tient suffisamment à l'écart des sentiers balisés pour ne pas susciter ce sentiment agaçant de déjà-vu qui nous saisit dès qu'une ville s'effondre dans un blockbuster. (...) avec une honnêteté et une modestie peu courantes en la matière.
Le problème vient de l'incapacité de Nicloux à remplir son film autrement, à donner de l'épaisseur et du mystère à ses images, à les renouveler, (...) ou, plus simplement, à donner à Depardieu de la matière à jouer (...).
Là où Mann se tournait aussi vers le citoyen contemporain et sa baisse d'appétence pour la vérité des événements, Vanderbilt se contente de réduire la responsabilité de ce nouvel état des choses à de stricts effets de collusions et d'intérêts économiques.
Egoyan, dont la carrière s'est inexplicablement ensablée dans un académisme dévitalisé, se situe entre les deux, entre le téléfilm peu crédible et la master class magnifique d'un acteur shakespearien.
Le seul intérêt du film tient à la fois dans l'obstination du personnage, sa candeur aussi (...) et son origine étrangère, dont le film exploite toutes les ressources.
Que dire donc de ce film qui, entre plagiat inavoué et emphase creuse (...) s'avance comme un mastodonte multioscarisable accompagné d'un battage médiatique qui voudrait faire office de critique (...)? Pas grand-chose.