Visiblement à l'étroit dans ce terrain de jeu qui l'empêche de déployer son goût de l'épate et de la flamboyance chromo, Boyle se cale sur le pas sec de son héros et tente de réinjecter un peu de cet affect qui intéresse si peu Sorkin.
(...) la confrontation réelle entre les deux frères, l'un constituant la tragédie de l'autre, le film ne cesse de l'annoncer, et le spectateur de le désirer. Mais il ne viendra pas, comme si la schizophrénie de Ron avait fini par figer l'ensemble.
Biopic (Joy Mangano a vraiment existé) étalé sur quarante ans, mélodrame familial, fresque scorsésienne avec flocons de neige sortis d'une fable de Capra, satire inoffensive du rêve américain, David O. Russell court mille lièvres à la fois, mais, in fine, n'en attrape vraiment aucun.
Grâce à une mise en scène précise et inspirée, "Taj Mahal" montre combien l'ampleur d'une action, la tension dramatique d'une séquence ne se mesurent pas forcément à la quantité d'explosions ou à l'immensité des espaces à parcourir.
Le résultat est hybride, à la fois bancal et attachant, suffisamment loin des canons hollywoodiens du moment pour être salué, mais souvent plombé par une incapacité à laisser l'action parler pour elle-même.
Le noir, la nuit, l'opacité des espaces et, donc, des enjeux, le rappel d'une mort qui rôde partout, (...) constituent le fond esthétique du film, mais l'écart entre sa forme tapageuse, et ce qu'il raconte prouve une nouvelle fois le savoir-faire et la roublardise de son auteur.
"Mon roi" ou le journal intime de la vie creuse de petites vedettes de cinéma à qui tout semble permis (l'atroce scène du restaurant), qui n'ont rien à dire, rien à partager, rien à montrer d'autre que leurs nombrils étriqués.
Si "Knock Knock" témoigne d'une volonté de Roth de faire un pas de côté et ne pas se laisser enfermer dans la cage du cinéma gore (...), il accuse aussi un manque d'ambition que ni son savoir-faire ni son vernis subversif ne parviennent à masquer complètement.
Moss tient en grande partie le film sur ses épaules, et son regard, capable de passer en un clin d'oeil de la douceur enfantine à une dureté d'acier, fait des merveilles.
Le problème de Baumbach, c’est que, passé le syndrome du « film charmant » et des signes qui font mouche, il semble reculer, ou faire un pas de côté, par rapport à la puissance critique de son sujet.
L'utilisation de la 3D, transformée en argument platement promotionnel d'un porno immersif, n'est jamais aussi belle que lorsque Noé se contente de caresser ses personnages (...) comme si le relief créait autour d'eux un cocon indéfinissable que l'extérieur menaçait à tout moment de briser.
Par le chas de cette aiguille sexuelle et de l'inconfortable relation qui naît bientôt entre Caleb et Ava, le film se débarrasse des arguties théoriques pour se placer sur le terrain de l'affect et d'une métaphore plutôt fine sur le droit d'usage des objets qu'on fabrique.
Au cinéma, l'étrangeté nécessite un minimum de talent et d'inventivité, deux qualités que Lanthimos, plutôt affuté sur le plan politique, possède visiblement.