Certes, l'intrigue de "Mad Max" tient sur un demi-ticket de métro (...), mais éblouit par sa mise en scène, sa gestion de l'espace (...) et son retour à des effets old school qui redonnent à cette course-poursuite, ultra inventive, corps et densité.
Hormis la faiblesse esthétique de l'ensemble, plus adaptée à l'écrin télévisuel, et une fin qui révèle la cuistrerie de celui qui se croit malin, c'est surtout l'absence totale de point de vue, et donc d'originalité, qui frappe, comme si Johnson, (...) s'était contenté d'appliquer une formule qui a fait son temps.
Esthétiquement, "Blind" gonfle les muscles, déroule toute la signalétique attendue d’un film d’auteur désuet (…) mais il lui manque une vision, quelque chose à raconter ou, tout simplement, un sens, peut-être celui du cinéma.
Une pincée de Lubitsch, une humeur à la Woody Allen, ce film écrit dans les années 1990 avec son ex-femme, Louise Stratten, et mis au frigo suite à la mort de John Ritter, qui devait interpréter le rôle principal, retrouve l'optimisme des jours glorieux de la comédie hollywoodienne.
Si le dispositif de "Taxi Téhéran" évoque "Ten", le film du mentor Abbas Kiarostami, il en constitue aussi l’antithèse, voire l’antidote. Ou plutôt la version drolatique et énergique.
"The Humbling" est atteint, comme tant d'autres films dévorés par le statut d'un acteur star qui devient l'instrument et le sujet du film, de ce qu'on pourrait appeler le "syndrome de la master class".
Un cran en dessous des films de Bong Joon-ho, "Sea Fog" (Les Clandestins) prend la forme d'un huis clos maritime qui, en dépit de quelques longueurs et de personnages un peu expédiés, trouve le juste équilibre entre cette candeur propre au cinéma coréen et la noiceur de ce qu'il décrit.
Burton se laisse guider par les grimaces épuisantes de Christoph Waltz, qui, sans la direction rigoureuse de Tarantino ou de Polanski, montre ici toutes ses limites et constitue même une force contre-productive du récit, puisqu'il empêche la magie (...) d'opérer.
La réussite de "The Voices" (hormis le dénouement, peu inspiré) tient surtout dans le point de vue qu'adopte Marjane Satrapi face à une pathologie largement balisée par la cinéma.
Contrairement à ses aînés, Paul Thomas Anderson se loge, de fait, dans la rétrospective et se contente de recréer une époque sur laquelle tout, ou presque, a été écrit et filmé. (...) Joaquin Phoenix se montre trop conscient de son méta-jeu et de ses effets.
"Exodus" résume assez bien l'impasse esthétique où butent tous ces péplums contemporains (...) désireux de retrouver le souffle épique et grandiose des films de Cécil B. De Mille et de David Lean, mais avec les moyens illimités et glaciaux de l'image numérique.
(...) "20 000 Jours" trace un sillon original, qui n'hésite pas à emprunter de drôles de chemin de traverse, entre la fiction et le rêve, le passé et le présent.
Il en résulte un film bien plus subtil qu'il ne le laisse paraître, porté par des comédiens troublants, qui veille à se tenir en équilibre sur la ligne de fracture entre le "Bien" et le "Mal" (...).