On se surprend parfois à penser la version naturaliste de ce "Mercuriales" et à la cohorte de stéréotypes qu'elle aurait pu charrier sur la banlieue. Mais cette frontière, Virgil Vernier a l'intelligence, et surtout l'intuition, de ne pas la franchir (...).
Un film consensuel, (...) plutôt désagréable donc, qui oublie (...) l'un des principes essentiels de la grande comédie italienne, on peut montrer les pires travers, mais à condition de filmer aussi du côté de ceux qui les possèdent.
Après une première partie honorable, (...) la dernière demi-heure décroche la palme du fourre-tout, puisqu'il s'agit de combler toutes les lacunes ouvertes, de boucler toutes les issues.
Du vivant qu’il interprète, [François Truffaut] fait un mort-vivant (puis un mort tout court) (…) [Il] n’exprime jamais la vie. Mort d’un ami. Mort de la femme aimée. Morts à la guerre. Mort. Mort. Mort. Il prend tous les prétextes (…), toute la névrose excessive du souvenir pour que la mort enfin l’habite. À la fin, c’est gagné. On est morts aussi. D’ennui. D’ennui. D’ennui.
Scott Frank signe un film plutôt élégant, racé, qui réussit surtout lorsqu'il se concentre sur ses personnages et relègue à l'arrière-plan une intrigue finalement assez convenue.
Epaulé par des comédiens toujours au plus près de leurs personnages, Francesco Munzi filme ses "héros" dans leur jus, le plus sobrement possible et avec une attention de documentariste soucieux de livrer le portrait le plus juste de son sujet d'études.
(...) le récit ressemble à une petite chose, un épisode de "Twilight Zone" qui aurait oublié d'être modeste, et aurait sans doute gagné à moins de sérieux (...).
(Cela) fait de ce Smetto quando voglio, au-delà de la saine et pertinente tranche de rigolade qu'il nous offre, un objet cinématographique inattendu, augurant du meilleur pour la suite de la carrière de son réalisateur.
(...) Terry Gilliam est un grand désespéré. Mais un désespéré à l'anglaise, ne se départant jamais d'un solide sens de l'humour et d'une certaine distance qui lui permettent, au final, de ne juger personne, (...)
Avec ses ruptures de ton, ses digressions constantes, ses sauts dans le temps où l'on passe sans prévenir de la rédaction du Marc'Aurelio à la vision de la mère de Mastroianni reprochant à Scola d'enlaidir son fils, le film de Scola constitue l'une des meilleures surprises de ce début d'été.
Voici sans conteste l'un des objets les plus étranges et fascinants sorti récemment sur les écrans [...]. La preuve que le cinéma n'a pas besoin de la 3D pour nous procurer des expériences nouvelles.
"Comme le vent" se veut être le portrait d'une femme qui sombre lentement mais s'avère incapable de tenir ensemble l'intime et le politique, ce petit miracle qu'ont accompli tant de film de Rosi, Damiani, Petri et consorts.
Daniele Luchetti signe un film où les résonnances autobiographies ne prennent jamais le pas sur la nécessité de raconter une histoire suffisamment universelle pour que chacun puisse s'y retrouver un peu. "Ton absence" est moins une confession intime que la chronique d'une époque et de ses contradictions (...).
Recyclant sans vergogne tous les poncifs du genre, (...) un navet intégral qui, de façon périphérique, relance le débat toujours pas réglé sur l'embouteillage des sorties en salles.