(...) un film très ennuyeux, bavard et vain, prétendument provocant (...) mais au final plus pudibond que soft jusqu'à en être gênant de vacuité, étouffant ce qu'il a à dire sous des cache-sexe faussement transparents.
Entre personnages atrocement convenus et refus du gore jusqu'à l'anorexie, cette sombre pochade évoque une sorte de sous-Souviens-toi l'été dernier au formol, la version light de n'importe quelle série B horrifique vue et revue depuis plus de vingt ans.
Cet art du décalage (horaire), donne toute son ampleur au cinéma poético-burlesque de cet artiste (Tsai Ming-liang) du presque ici-bas et du quasiment ailleurs.
Ces longues séances de lecture, pour éprouvantes qu'elles soient (l'énumération finale donne le vertige et la nausée), sont d'abord là pour indiquer que le film exige quelque chose de nous : un travail de mémoire, une écoute attentive du récit de Lerner.
Dans un élan esthétique qui doit autant, sinon plus, à la poésie pure (celle d'un Maldoror, par exemple) qu'au film de genre, Trouble every day brasse l'horreur avec des gants de velours.
(...) tout, dans Malèna, évoque la grandeur d'un cinéma sur le fil, perdu entre la lourdeur apparente de son style et les élans de grâce inouïe qui lui donnent souffle et respiration en profondeur.
Nul doute qu'avec La chambre du fils, le cinéma de Moretti a franchi un pas décisif et s'est considérablement ouvert, là ou son sujet pouvait laisser redouter un repli supérieur.
Sans doute Roberto Succo est il l'un des rares (le seul ?) films d'action de la modernité, en ce sens qu'il fusionne l'absurdité moderne avec la trivialité du cinéma américain. Ce qui en fait un objet véritablement étrange.
La pianiste, oeuvre résolument marginale dans la filmographie du cinéaste autrichien, si elle n'est pas une mise en crise du cinéma est, au moins, une mise en scène de la crise.
(...) le cinéma naît de lui-même, au détour d'une scène, d'un regard de Nicholson, d'un dialogue, de choses concrètes, palpables (...) Par contre, les nuées et l'imagerie naïve que le film charrie ici et là sont au contraire trop conventionnelles pour convaincre.
(...) malgré la lisibilité des intentions de mise en scène, Bertrand Bonello tient fermement ses propositions en imposant à chaque scène une pesanteur et une durée assez inconfortables.
Dover Kosashvili, (...) tire les ficelles de cette comédie dramatique (...) pleine d'humour et d'ironie, sans fausse pudeur – voir les scènes de sexe, très réussies – avec une souplesse qui fait tout son prix.
Habile mélange d'audaces bienvenues et franchement drôles, et de réflexes «mainstream» qui lui permettent de ratisser un large auditoire, Shrek a beaucoup d'atouts dans son jeu. (...) Inutile de bouder son plaisir, donc (...)
Un projet qui part d'un manque, d'un vide (celui du père), pour aboutir, non pas à un trop-plein d'émotions, mais à une plénitude liée à une recherche définitivement inachevée.
(...) la capacité du cinéaste à générer de telles images de terreur, où se répondent sans cesse l'effacement des corps en (sur)vie et l'opacité mystérieuse des morts (...) est incontestablement la marque d'un grand.
On retiendra donc, de Pau et son frère, cette première partie éblouissante qui, si Recha se débarrasse de ces petites complaisances, est la marque d'un grand cinéaste en devenir.