(...) Little Nicky est aussi inoffensif et insignifiant que gentiment bâclé et ennuyeux. Il n'y a pas de quoi s'énerver, il n'y a pas de quoi s'égayer non plus.
(...) Histoire de fantômes chinois est un échec. Tsui Hark a saturé la trame épurée du superbe film de Ching Siu-Tung, dont s'inspire le dessin-animé, d'apparats narratifs encombrants qui parasitent la substance de ce conte fantastique.
Si Denis Villeneuve avait laisser entrevoir quelques menues promesses avec Un 32 août sur terre, il révèle ici toute l'étroitesse de son cinéma, dont l'horizon est sans cesse bouché par des prétentions et des poses d'auteur.
Ce qui rend le film insupportable, c'est le ton atrocement sentencieux et surtout déclamatoire des comédiens ultra dirigés. Chacun d'eux est incapable de prononcer la moindre phrase sans adopter un ton de tragédien et jouer sur un pathos outrancier.
Le résultat frôle le néant : une succession de séquences dont la laideur et le je-m'en-foutisme absolu pourrissent littéralement tout le roman dont il s'inspire.
(...) Coyote girl est une sorte de croisement monstrueux entre une interview des Spice Girls, Esther Kahn et le dernier clip d'Ophélie Winter. Cherchez l'intrus.
(...) après nous avoir promis d'être une propédeutique à la dépression du mâle de quarante ans, ce pensum parisien (au mauvais sens du terme) finit par être pris au pied de la lettre : La confusion des genres devient un exercice de comique de boulevard plutôt efficace.
On cherche en vain l'intérêt d'une telle fiction : les thèmes sont usés, les sujets jamais abordés de front, l'ensemble baigne dans le descriptif fuyant et sans enjeu.
(...) de l'étrange chocolat de Mme Muller Isabelle Huppert) se dégage un parfum hitchcockien délicieusement cruel qui donne toute sa saveur à ce conte de la perversité ordinaire...
L'art d'Oliveira consiste à épurer son cinéma pour asseoir sa «démonstration». Autant dire que s'il se confond avec son sujet, il atteint, dans le même temps, la quintessence de son art.
Mr. Death
Titre original Mr. Death : the rise and fall of Fred A. Leuchter, Jr.
(...) Mr Death est probablement l'une des plus grandes œuvres jamais conçues contre la peine de mort. Un choc du niveau de De sang froid de Truman Capote. Ce qui n'est pas peu dire.
Poème céleste et foudroyant, Tigre et dragon allie à son irradiante beauté plastique une forme de naïveté qui ramène à l'enfance du cinéma : un cinéma de pur divertissement réinventé en spectacle absolu.
Drôle, angoissé, gracieux et doucement féerique, Aïe tient du Woody Allen sous acide mais révèle un univers d'une étrangeté absolue : attendons qu'il se déploie pleinement pour en mesurer toute la grandeur.
(...) si Mostow fait également preuve de hardiesse, c'est qu'il sait s'écarter suffisamment des poncifs de rigueur pour surprendre ou innover. La première bobine du film est sur ce point éloquente.
Du poil sous les roses se refuse à adopter un point de vue construit, sinon celui de la description méthodique. Cela fait son originalité, sa légèreté, sa drôlerie.
Le cinéma de Sharunas Bartas pose ainsi la question de l'incarnation et, en creux, interroge la notion de fiction et de personnage. C'est la part la plus intrigante de son cinéma, cette manière de minéraliser ses personnages (...)
Tout fonctionne comme si le cinéaste avait besoin de pôles contraires, d'une tension. Bref, de retrouver des enjeux dramatiques en action (verbaux, physiques, qu'importe) pour accéder à son sujet (...)