Certains twists sont au mieux improbables, d’autres surfaits ou prévisibles. Mais ces aspects vont de pair avec le genre du thriller et de l’horreur, auquel Kevin Williamson rend ici toutes ses lettres de noblesse, tout comme la bataille, entre l’abîmé Kevin Bacon et le malfaisant James Purefoy, est parfaitement interprétée.
Treme
Drame
Créée parDavid Simon (II)
AvecWendell Pierce,
Clarke Peters,
Khandi Alexander
HBO, c’est vrai, fait souvent l’étrange erreur de confondre inaccessibilité avec qualité, mais c’est aussi la même erreur pour n'importe qui d’assumer qu'impopularité est comparable avec échec artistique. Treme raconte son histoire incroyablement bien, mais cela pourrait ne pas être une histoire que tout le monde ait envie de suivre. Certains entendront sa musique, d’autres non. Mais, si vous y arrivez, cela pourrait être l’un des rares shows à vous faire danser.
Grâce à Episodes, une satire du showbizz cinglante et souvent drôle, Matt LeBlanc prouve qu'il est assez intelligent pour se moquer de lui-même et suffisamment talentueux pour le faire correctement.
Boardwalk Empire
Drame,
Historique,
Policier
AvecSteve Buscemi,
Kelly Macdonald,
Michael Shannon
Extravagante dans sa production, violente et choquante, aussi implacable et froide que la glace, Boardwalk Empire remet la chaîne HBO en première ligne. (...) C'est une série à admirer et à honorer, malgré un goût presque ridicule pour l'ostentatoir. Mais il y a pire crime que de soigner le moindre des détails.
Lights Out devient en effet une bonne série [au fur et à mesure des épisodes]. Nous met-elle KO ? Non. Mais, parfois, il faut savoir se contenter de gagner aux points.
The Event connaît le petit jeu auquel elle joue et les risques que cela comporte. Elle le prouve d'ailleurs avec la dernière phrase du pilote (...) Mais la construction alambiquée du pilote et les nombreux sauts dans le temps sont accessoires. Au moins, Lost (la série que NBC espère remplacer) a eu l'intelligence d'attendre que l'on soit accro avant de tout compliquer.
Comme si Matthew Perry ne suffisait pas, Mr. Sunshine offre également une Allison Janney, échappée de la Maison blanche, qui s'éclate; et une apparition de dernière minute de l'adorable Jorge García. Que demander de plus ? Eh bien pour commencer des scripts un peu plus fins et une impression plus marquée que le héros peut faire tenir le show sur ses épaules. Mais il y a là assez de potentiel pour que la sitcom devienne bonne, surtout si elle suit le même chemin que Cougar Town avec un changement de direction en cours de route et un héros moins présent.
Noah Wyle réussit à créer un personnage attachant et réel au milieu d'extra-terrestres pas si convaincants et de quelques êtres humains qui ne le sont pas bien plus. Comme souvent dans ce type de programmes, Falling Skies requiert une certaine indulgence quant aux dialogues maladroits et quelques rebondissements prévisibles. La série reste un agréable divertissement pour l'été, qui plaira sans doute plus particulièrement au jeune public qui n'a pas vu tous les films cultes dont la série emprunte de nombreux éléments.
Si vous êtes à la recherche de profondeur et de bon sens, détournez le regard de The River, intellectuellement parlant plus proche du film Perdus dans l'espace (Lost in Space) que de la série Lost. Si, en revanche, vous êtes d'humeur à prendre une dose hebdomadaire de frayeurs sans images gores, du genre qui vous fait cauchemarder mais qui ne vous retourne pas l'estomac ou qui ne pousse pas vos enfants à poser des questions embarrassantes sur diverses perversions sexuelles à la American Horror Story, ce voyage est fait pour vous !
Personne ne veut retourner au coloriage à code de Diagnostic : Meurtre, hyper facile, mais de là à demander tant d'efforts à un public qui n'est pas récompensé en retour… Morose, sombre et de plus en plus confuse, voilà comment l'on peut qualifier Awake. Bien que ce ne soit pas la faute de la série, on la sent déjà poussée vers la sortie sans répondre aux questions qu'elle a soulevées. Ça peut sembler injuste, mais éveillé ou endormi, c'est ainsi qu'est la vie à la télévision.
Comme on l'attend de HBO, [Luck] est merveilleusement bien filmée et sent l'authenticité à plein nez. Jason Gedrick et Kevin Dunn signent de belles performances dans leurs rôles de leaders d'un quator de parieurs, et le bon boulot est partout. Mais, autant Milch est clairement attiré par ce monde, autant il n'a pas encore su le transformer en un endroit qui pourrait être sympathique ou même fascinant à visiter.
The Killing est une série à part grâce à l'effroi constant dans lequel elle nous plonge, grâce aux précipitations qui la traversent -cette impression que la pluie peut à tout moment tomber dans notre salon- et grâce à ses personnages magnifiquement dépeints (...) les parents de Rosie sont brillamment interprétés par Michelle Forbes et Brent Sexton. En fait, la scène où ils découvrent le corps de leur fille est la plus juste et la plus émouvante de l'année.
Comme elle l'avait prouvé avec Old Christine, et comme elle le fait une nouvelle fois avec la nouvelle sitcom de HBO, Veep, Julia Louis-Dreyfus est une des rares stars du petit écran qui mériterait d'être toujours à l'antenne. Dans la peau de la Vice-Présidente Selina Meyer, elle met à profit cette diffuse, mais familière, faculté à transformer même la plus insignifiante des répliques en répartie aussi spontanée que drôle, tout en rendant immédiatement attachant un personnage incroyablement égoïste et égocentrique (...) L'argument de base de cette comédie, et cet argument date carrément de John Adams, qui avait qualifié le rôle du Vice-Président d'"insignifiant", l'argument de base donc tient au fait que Selina n'a aucune responsabilité réelle à ce poste, si ce n'est le fait d'assister à des cérémonies auxquelles le Président ne peut pas ou ne veut pas se rendre. Elle organise des réunions, et personne ne se pointe. Elle met en place une opération média, et la presse ne se déplace même pas. Elle attend un coup de fil du Président, mais il n'appelle jamais. Le gros problème de cet argument, au-delà du fait qu'il est usé et bien connu, c'est qu'il passe à côté de son vrai sujet: ce "Veep" est une femme. Et il n'y a jamais eu de "Vice-Présidente" aux Etats-Unis.
Pendant la première heure, tout ce qui compte ce sont les dinosaures, plus convaincants et impressionants que jamais à la télévision. L'intrigue et les gens n'ont alors aucune importance. Puis, dans la deuxième heure, les personnages reprennent le contrôle et là, tout se détériore. On dirait que les auteurs n'ont jamais vu une seule série familiale car, si cela avait été le cas, ils se seraient rendus compte combien leurs idées sont usées.
La question n'est pas de savoir si le sexisme existe toujours dans les commissariats des grandes villes, mais si Prime Suspect peut parvenir à nous faire croire qu'une telle discrimination puisse exister de manière aussi ouverte et flagrante. C'est [une idée] particulièrement difficile à vendre sur NBC, network où les téléspectateurs ont passé des décennies à regarder des femmes prospérer dans les différentes incarnations de Law & Order. Imagine quelque chose de nouveau, Jane. Et pour l'amour de Dieu, oublie le chapeau.
Once Upon a Time
Aventure,
Drame,
Fantastique
Créée parAdam Horowitz,
Edward Kitsis
AvecLana Parrilla,
Robert Carlyle,
Colin O'Donoghue
Si Once Upon A Time bénéficie instantanément de notre familiarité avec ses personnages et leurs contes respectifs, il s'agit aussi de sa limite. L'intrigue semble en effet étriquée, et s'il est toujours possible d'y intégrer d'autres personnages de contes, ces derniers ne restent que des archétypes censés incarner une émotion bien précise, quel que soit l'angle emprunté, et cette émotion va dominer le personnage. Le casting repose sur de bons acteurs, mené par le toujours impeccable Robert Carlyle dans le rôle de Rumpelstiltskin. Mais la Reine incarnée par Lana Parrilla manque sa cible, ne ressemblant au final qu'à une garce de soap de bas étage quand elle devrait inspirer de la grandeur et de la méchanceté jouissive, du calibre de celle incarnée par exemple par Joan Collins ou Glenn Close. Il faut malgré tout féliciter ABC de tenter quelque chose de différent. Seulement la prochaine fois il faudra essayer plus fort. Faire mieux. Et plus court.
Miami Medical
Drame,
Médical
Créée parJeffrey Lieber
AvecElisabeth Harnois,
Jeremy Northam,
Lana Parrilla
Pour les téléspectateurs de CBS, les blagues du 1er Avril arrivent avec un jour de retard ! Cela aurait été rassurant que cette série soit une blague de la part de la chaîne car elle est si lamentable que ça en devient drôle, en plus d'être extrêmement datée. Heureusement, Jeremy Northam s'en sort bien avec son charmant accent anglais qu'on l'a laissé garder. Cela dit, son personnage aurait été plus intéressant dans l'univers de Grey's Anatomy".
TNT n’a pas vraiment relancé Dallas, mais l’a plutôt exhumée. (…) Ici, l’histoire de la famille se répète, chose pratique pour les scénaristes qui peuvent ainsi simplement recycler de vieux complots. (…) Les plans machiavéliques et les trahisons abondent et sont mélangés aux luttes aux corps à corps, regards cupides, opportunités qui se ferment pour laisser la porte ouverte à d’autres, éléments dont semble affectionner le genre. Et n’ayez pas peur de vous sentir perdus, car les personnages vous expliquent lors de scènes fréquentes ce qu’ils ont fait et ce qu’ils veulent, mais en réalité, vous n’avez nullement besoin de telles explications. Il ne fait aucun doute que certains de ceux qui ont adoré le Dallas original vont retrouver ce nouveau Dallas enchanteur. D’autres seront uniquement attirés par l’atmosphère de boy scout qui se dégage, des plans vastes de forêts aux dialogues parfois à la limite du ridicule. Et pour le reste d’entre nous, nous pouvons être satisfaits que la télévision offre un large panel d’autres choix pour l’été.