"10 Cloverfield Lane" a la bonne idée de ne pas vouloir piétiner les plates bandes de son prédécesseur. Pas d’overdose de found footage, ni de suite à proprement parler, mais un thriller parano joliment mené.
Depuis son premier film, Jeff Nichols s’est fait le portraitiste fascinant de la famille américaine contemporaine. Un terrain maintes fois labouré en son temps par Steven Spielberg : « J’ai grandi avec ses films », témoigne humblement Nichols. "Midnight Special" est une façon poignante de tuer le père.
Dans le registre de l’esthétisme forcené, de la lenteur aux allures de défi et du scénario qui raconte tout sauf une histoire, ce film de sabre est un cas d’école.
Le culte entretenu autour du premier Zoolander masquait un laxisme certain dans le rythme et une indéniable laideur visuelle. Deux gros défauts qu’on retrouve seize ans plus tard, affublés d’un troisième : le recours incessant au name dropping qui transforme le projet en grand raout finalement très conformiste.
Il souffle sur ce "Saint Amour" un grand vent de liberté. Celui qui rend les joues roses et pique au nez. Qui enivre aussi, sans pour autant filer la gueule de bois.
On pense fortement à Terrence Malick, auquel Inarritu a emprunté le chef-opérateur. On s'éparpille aussi un peu, au fur et à mesure d'un récit finalement prévisible ponctué de lourdeurs qui, chez d'autres cinéastes moins adoubés par la critique, feraient rire grassement. Reste la performance de DiCaprio.
Une petite bombe d'engagement, de civisme, de malice, mais aussi, plus inattendu, de personnalité cinématographique. Pas seulement « merci » : un « bravo ! » admiratif, reconnaissant, ému.
Quelques astuces scénaristiques habiles permettent de maintenir à flot un projet qui avait tout pour déplaire. Au point d’accepter deux ou trois ficelles énormes. Ça ne tient à pas grand-chose, un « feel good movie »…