Les fans seront aux anges. Et les autres ? S’ils se satisferont un temps de la vision caustique d’une Amérique coincée du bulbe, ils pourront tout autant s’interroger sur un scénario qui multiplie d’innombrables pistes (sans pour autant les exploiter) afin de mieux masquer une trame pas vraiment folichonne, voire terriblement banale.
ll faut remonter aux "Commitments" pour pister le souvenir d'un film musical aussi énergique, à "Jack et la mécanique du cœur" pour celui d'une BD aux chansons aussi uniformément enthousiasmantes, et "Pride" pour celui d'un feel good movie aussi spectaculaire et charismatique.
Accueilli avec une condescendance terriblement injuste au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de Nicole Garcia exprime pourtant lessence du romantisme avec une force que beaucoup pourraient lui envier.
Le deuxième épisode était, comment dire, embarrassant. "Camping" troisième du nom n’est pas pire. Faut-il crier au chef-d’œuvre pour autant ? Euh, non.
Le film transforme le parcours a priori excitant d’une sublime innocente dans la jungle des top-models en un chemin de croix esthétique où le souci de la « belle image » vire à la pure psychose audiovisuelle, sans compter l’insondable crétinerie pseudo-transgressive des vingt dernières minutes.
Interminable et handicapé par une direction artistique d'une laideur sans nom, le film ne retrouve jamais la pertinence historique, le tempo ou le charme pop de ses deux prédécesseurs.
On pense aux saillies de Scola, Risi et Ferreri. Avec parfois, une touche de poésie à la Fellini. Le problème tient dans la répétition des situations. Passée une première heure emballante, le film s’enlise. Dans une baie, c’est normal. Dans une salle, c’est plus ennuyeux.