Des racines de sa vocation à son accession à la gloire, de "home movies" parfois déchirants en performances captées avec une énergie cinématographique contagieuse jusqu'au vertige, la splendeur gymnique, politique, poétique de son travail laisse des traces indélébiles. Pleurer devant un documentaire ? Eh bien, oui !
Comme Paul Thomas Anderson dans le récent "Inherent vice", Black saisit la fin d’une époque, celle de l’innocence 60’s et du flower power qui fit croire, un temps, que tout pouvait changer. Il ne reste plus que le cinéma pour rêver, semble nous dire Shane Black. A Cannes, personne n’en doute.
A première vue, "Money Monster" a tout du projet cossu et confortable : deux acteurs glamours à souhait, un sujet à suspense (alors, la ceinture explosive, elle pète ou pas ?) et un sous-texte concernant (le capitalisme, ses ravages et l’impunité des nantis qui trompent les gens du peuple). Devant la caméra, ça joue juste.
"Tout pour être heureux" colle aux basques de cet apprenti papa avec une tendresse palpable. Jusqu’à un final bouleversant où passe le fantôme de Claude Sautet.
"Free to run" (libre de courir) apparaît donc comme un documentaire vibrant. (...) Il met en perspective une question intemporelle, que Pierre Morath voudrait que chaque coureur se pose : « quelles valeurs je porte à travers la manière dont je cours ? ».
Embrassé à cœur ouvert par les interprètes, le scénario révèle non seulement une personnalité inespérée, mais ce qu’il dit des racines familiales et des rapports père-fils dégage une authenticité poignante.
Tendu à craquer, tranquillement virtuose, traversé d’éclairs de violence et d’accélérations spectaculaires, il n’en oublie pour autant jamais de faire circuler l’émotion, de disserter de façon assez électrisante sur l’honneur et l’amitié, et d’obtenir de son casting des performances de premier ordre.
En nous immergeant dans son Niagara choral de rapports humains qui embrassent la totalité du spectre des sentiments, la réalisatrice témoigne d’une énergie inépuisable tout en arrachant à ses comédiens des accents d’une vérité inouïe. D’ores et déjà, une de nos palmes de l’année.