Klapisch dresse un portrait drôle, émouvant et percutant de l'ultra-moderne solitude urbaine et du célibat connecté à l'ère des réseaux sociaux en racontant non pas une histoire d'amour, mais une préhistoire d'amour - toutes les galères par lesquelles on passe avant de tomber amoureux.
Cet amour très pictural de deux femmes en avance sur leur époque, véritable ode à la sororité, transende le regard, la naissance du désir et la beauté du souvenir.
Si le pitch n'est pas très original, cette comédie romantique, un peu à la Wes Anderson, le transcende à chaque instant par son sens du burlesque et de l'absurde.
À travers le portrait de ces deux losers magnifiques et de leur amitié indéfectible, Tarantino rend un hommage drôle et tendre aux sans-grade de l'industrie du cinéma qui oublient leurs répliques, noyés dans l'alcool, aux troisièmes couteaux abonnés aux rôles du mec-qui-tombe-à-cheval-au-second-plan-dont-on-ne-connaîtra-jamais-le-nom.
Ce conte amoral et balnéaire, léger comme un souffle d'été, offre à l'ex-escort girl, Zahia, un rôle inespéré, taillé sur mesure de poupée Bardot gonflable, opaque et fascinant.
En commissaire humaniste aux allures de curé, Roschdy Zem réinvente la figure du flic taciturne au flair redoutable, dans ce polar qui préfère jouer sur le mystère plutôt que le suspense.