Depuis bientôt quarante ans, Joel Coen et son jeune frère Ethan portent un regard bien plus intense sur l’Amérique que ne le laisse supposer leur apparente décontraction. Enfants juifs du froid Minnesota, comme Bob Dylan, élevés par des parents universitaires – ce qui a engendré chez eux une certaine défiance à l’endroit des intellectuels –, les deux frères s’amusent très jeunes à refaire en Super 8 des films vus à la télévision. L’initiative revient à l’aîné, c’est bien Joel qui se dirige vers le cinéma après des études à New York University, et signe seul la réalisation des films jusqu’en 2004. Mais Ethan sera l’incontestable co-auteur d’une œuvre qui peut s’apparenter à une inlassable traversée du territoire et de l’imaginaire américain. Avant une incursion tardive dans le western, deux genres dominent l’inspiration des cinéastes : le film criminel et la comédie. Jusqu’à une date récente, cette Amérique un peu folle et hors d’elle-même, allumée, droguée, insensée, violente, mise en coupe réglée par les gangsters et les politiciens, cette Amérique des frères Coen que l’on aime à vrai dire davantage que la vraie – surtout aujourd’hui – apparaît comme un songe opiacé qu’il nous appartient de rêver seuls, c’est-à-dire sans le secours de cinéastes bien peu loquaces quant à la nature de leur art. Les films parlent d’eux-mêmes.
Marc Cerisuelo, l'ADRC et La Cinémathèque française
FARGO
Avec Fargo, les frères Coen prennent malicieusement à revers les poncifs du film noir, traditionnellement nocturne, viril et urbain, pour imaginer le négatif d’un genre qu’ils maîtrisent déjà à la perfection (Sang pour sang, Miller’s Crossing). Baigné dans la lumière blafarde d’un hiver polaire, le polar, inspiré d’un sordide fait divers ayant eu lieu au fin fond du Minnesota (région natale des cinéastes), s’ouvre sur un écran blanc comme neige - pas encore souillée de sang.
Eric Vernay, La Cinémathèque française
La séance sera présentée par Emmanuel Voisin scénariste et critique de cinéma
Vendredi 7 août à 21h30 FARGO de Joel & Ethan Coen· États-Unis, Grande-Bretagne ·1995· 1h38 · VOST Interdit -12 ans · version restaurée 4K
Un vendeur de voitures d’occasion endetté fait enlever sa femme par deux petites frappes afin de toucher la rançon qui sera versée par son richissime beau-père. Mais le plan ne va pas résister longtemps à l’épreuve des faits et au flair d’une policière enceinte…
A partir du
7 août 2026
L'horrible soirée
Amoureux de Cinéma de Genre en tout genre, votre rendez-vous mortel revient cet été ! Récents, classiques, gros budget ou fauchés, on ne se refuse (presque) aucune œuvre.
Une fois n'est pas coutume, place à deux phénomènes venus tout droit des internets qui ont secoués le Box-Office mondial au début de l'été :
À notre gauche, Kane Parsons, enfant du web de 21 ans, autodidacte, ayant fait sensation avec sa web-série The Backrooms en 2022 (dont A24 lui a confié l'adaptation ici), avant de poursuivre avec les non-moins excellents The Oldest View et People Live Still Here.
À notre droite, Curry Barker, cinéphile de 26 ans et amoureux du cinéma de genre, connu pour ses courts métrages mis en ligne entre 2019 et 2024, mêlant humour et horreur, ainsi que pour son premier long Milk and Serial, réalisé en found footage en 2024.
SAMEDI 8 AOÛT 1 FILM Tarifs habituels // 2 FILMS 13.80 €
19h : BACKROOMSde Kane Parsons États-Unis · 2026 · 1h51 · VOST film interdit aux moins de 12 ans avec avertissement Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles.
21h30 : OBSESSION de Curry Barker États-Unis · 2026 · 1h49 · VOST film interdit aux moins de 16 ans Et si vous pouviez réaliser votre rêve le plus fou ? Un jeune introverti met la main sur un objet magique capable d’exaucer n’importe quel souhait. Son crush de toujours tombe alors raide dingue de lui… jusqu’à l’obsession la plus totale. Faites attention à ce que vous souhaitez !
PASS 2 FILMS : suivez ce lien
A partir du
8 août 2026
Little films festival
Votre P'tit Festival Estival est de retour ! Du 28 juin au 31 août, le LITTLE FILMS FESTIVAL vous fera (re)découvrir une sélection de programmes de courts métrages que nous avons aimés, mais également de tout nouveaux petits films en AVANT-PREMIÈRE !
Tarif unique : 4,50€
du 15 au 31 juillet LITTLE FILMS FESTIVAL Un petit air de famille 43 min - dès 3 ans
du 1er au 15 août LITTLE FILMS FESTIVAL Rita et Crocodile 40 min - dès 3 ans
du 16 au 31 août LITTLE FILMS FESTIVAL 輦 Animo Rigolo 40 min - dès 3 ans
Avant-Premières les 23 & 29 août LITTLE FILMS FESTIVAL Patouille et Momo, les contes de la forêt 35 min - dès 3 ans
Petit frère et petite sœur bienvenus ! Poussettes et trottinettes seront gardées dans le hall
Classique
JOEL ET ETHAN COEN : l'autre face de l'Amérique
Depuis bientôt quarante ans, Joel Coen et son jeune frère Ethan portent un regard bien plus intense sur l’Amérique que ne le laisse supposer leur apparente décontraction. Enfants juifs du froid Minnesota, comme Bob Dylan, élevés par des parents universitaires – ce qui a engendré chez eux une certaine défiance à l’endroit des intellectuels –, les deux frères s’amusent très jeunes à refaire en Super 8 des films vus à la télévision. L’initiative revient à l’aîné, c’est bien Joel qui se dirige vers le cinéma après des études à New York University, et signe seul la réalisation des films jusqu’en 2004. Mais Ethan sera l’incontestable co-auteur d’une œuvre qui peut s’apparenter à une inlassable traversée du territoire et de l’imaginaire américain. Avant une incursion tardive dans le western, deux genres dominent l’inspiration des cinéastes : le film criminel et la comédie. Jusqu’à une date récente, cette Amérique un peu folle et hors d’elle-même, allumée, droguée, insensée, violente, mise en coupe réglée par les gangsters et les politiciens, cette Amérique des frères Coen que l’on aime à vrai dire davantage que la vraie – surtout aujourd’hui – apparaît comme un songe opiacé qu’il nous appartient de rêver seuls, c’est-à-dire sans le secours de cinéastes bien peu loquaces quant à la nature de leur art. Les films parlent d’eux-mêmes.
Marc Cerisuelo, l'ADRC et La Cinémathèque française
THE BIG LEBOWSKI
Il y a souvent une matrice de film noir classique dans la genèse d’un film de Joel et Ethan Coen. Pour The Big Lebowski, c’est très certainement l’univers de Raymond Chandler à Los Angeles qui est à l’origine de ce récit tortueux proche du Grand Sommeil, peuplé de personnages extravagants et intemporels. Mais le titre n’est pas trompeur, et c’est bien autour de lui, Jeff Lebowski, alias The Dude, que tourne tout le film : ce personnage massif, chevelu et barbu, au gilet aussi ample qu’un peignoir et le museau humecté en permanence de « russe blanc ». De tous les plans, même quand il est avachi ou allongé, il est une sorte de moteur passif du film. The Dude, c’est Jeff Bridges, acteur aussi discret que reconnu depuis son premier grand rôle dans La Dernière Séance.
Bernard Payen, La Cinémathèque française
La séance sera présentée par Alexis Brouiller programmateur de l'Hélios
Vendredi 14 août à 21h30 THE BIG LEBOWSKI de Joel & Ethan Coen· États-Unis ·1998· 1h57 · VOST version restaurée 4K
Jeff Lebowski, prénommé le Duc, est un paresseux qui passe son temps à boire des coups avec son copain Walter et à jouer au bowling, jeu dont il est fanatique. Un jour deux malfrats le passent à tabac. Il semblerait qu'un certain Jackie Treehorn veuille récupérer une somme d'argent que lui doit la femme de Jeff. Seulement Lebowski n'est pas marié. C'est une méprise, le Lebowski recherché est un millionnaire de Pasadena. Le Duc part alors en quête d'un dédommagement auprès de son richissime homonyme...