Cinéma Nouvel Odéon : Évènements spéciaux
Le programme Manières d'habiter la Terre, ensemble de projections et de rencontres conçues par Jean-Michel Frodon, critique de cinéma et professeur associé à Sciences Po, et Grégory Quenet, historien de l’environnement, en collaboration avec le Collège des Bernardins, revient pour sa cinquième édition au Nouvel Odéon autour de la thématique : Puissances fluviales.
Le programme propose des films qui déplacent nos perceptions et nos réceptions, à l’écoute d’autres cosmogonies et d’autres imaginaires.
Chaque projection est suivie d’une rencontre avec un(e) interlocuteur/trice qui aide à approfondir la singularité des apports du film proposé.
Nos manières d’habiter la terre engendrent tous les effets résumés sous l’appellation d’anthropocène – dont le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité, mais aussi des modes de vie fondés sur l’extraction illimitée des ressources et le consumérisme.
À ces processus correspondent des manières de représenter et de raconter, héritées de la Renaissance et de l’entrée de l’Europe dans l’ère dite moderne. En phase avec la domination politique et économique de l’Occident, ces manières de représenter, de raconter et de filmer se sont ensuite étendues au monde entier. Cinq siècles de récits et d’images sous toutes leurs formes ont engendré une évidence de ces modes de représentation du monde, comme s’ils étaient les seuls possibles.
Les historiens des civilisations non-occidentales et les anthropologues nous ont pourtant aidé à repérer de multiples autres modalités de représentations. Celles-ci offrent des ressources indispensables pour « dénaturaliser » nos perceptions, nos manières de voir, de sentir, de comprendre héritées de la modernité. « Dénaturaliser » n’implique pas nécessairement renier, mais réinterroger de façon critique ce qui semblait aller de soi.
Le cinéma, invention occidentale issue de l’ère moderne et de l’industrialisation, a évidemment d’abord été un puissant vecteur de transmission des rapports au monde que Philippe Descola a défini comme « naturalistes », et sur quoi s’est fondée la grande séparation entre nature et culture. Il l’est toujours. Mais progressivement, et en particulier à mesure que des cinéastes issus d’autres cultures se sont emparés des outils de la réalisation, sont apparues d’autres manières de voir, d’écouter, de conter, d’autres articulations entre espace et temps, entre humains et non-humains, entre visible et invisible.
Du 10 novembre 2026 au 8 décembre 2026
En écho à l'exposition Cabral : pour un humanisme radical (présentée du 16 octobre au 13 décembre 2026), la Maison des Mondes Africains (MansA) déploie une programmation culturelle riche et pluridisciplinaire, composée de débats, concerts, performances et projections, afin de prolonger la réflexion autour de la pensée d'Amícal Cabral et d'en souligner la portée universelle.
Cette programmation a pour ambition de mettre en lumière la diversité des interprétations et des résonances contemporaines de son oeuvre, à travers les regards croisés d'artistes, d'intellectuel-les, d'universitaires et d'activistes venu-es du monde entier, avec une attention particlulière portée aux voix du continent african.
Du 27 octobre 2026 au 7 décembre 2026
Les Films d’Oz vous proposent une collection de films relevant du mirage, de l’illusion et de la magie. Une suite d’enchantements, de mythes et de contes, qui vous entraîne au pays du fantastique et du merveilleux. Une série qui se décline à l’infini et permet une relecture de l’histoire du cinéma à travers le regard de rêveurs.
Dès la fin de l’été 2026, Les Films d’Oz font leur retour au Nouvel Odéon pour vous emmener au plus près des nuages, dans un dernier jugement, magique et merveilleux. Un nouveau cycle sur l'« Être Ange » : cet état de volupté, touché par la grâce et le miraculeux. De ces esprits qui vous (re)gardent et vous protègent en riant, aux sourires complices de ces âmes vagabondes qui veillent sur vous comme sur la prunelle de leurs cieux, vous vous mettrez à voler, à vous souvenir et à mourir, pour vivre et rêver.
Du 4 septembre 2026 au 18 décembre 2026
Le ciné-club de Thierry Jousse est de retour au Nouvel Odéon pour la saison septembre - décembre 2026 ⭐️
À l’horizon, la rentrée et une nouvelle saison qui se profile. Et pour débuter cette nouvelle étape, quoi de mieux que de revisiter l’œuvre complexe et sublime d’un cinéaste américain majeur, Joseph L. Mankiewicz ? Six films, parmi ses plus importants, composent un cycle qui s’étend de la fin des années 1940 au début des années 1970, autrement dit qui couvre l’essentiel de sa carrière. Par ordre chronologique, nous débutons par un des plus beaux fleurons de cette œuvre majeure, L’Aventure de Madame Muir (1947), film de fantôme d’une délicatesse infinie et d’un romantisme hanté, qui donne son plus beau rôle à une actrice légendaire, Gene Tierney. S’ensuivront quatre films tournés par Mankiewicz dans les années 1950. Le premier d’entre eux est sans doute le plus célèbre, Eve, avec les grandes Bette Davis et Anne Baxter et même Marilyn Monroe, déjà remarquée dans une de ses premières apparitions à l’écran. Une grande histoire d’actrices au scénario diabolique. Le moins connu des six films du cycle, On murmure dans la ville, mérite pourtant largement le détour, ne serait-ce que par la présence de Cary Grant (que Mankiewicz surnommait « cette chanson joyeuse ») et parce qu’il traite, sur le ton d’une comédie à la fois acide et allègre, de l’effet très nocif des rumeurs, ancêtres des fake news et du harcèlement en ligne. La Comtesse aux pieds nus, quatrième film du cycle, a été, au milieu des années 1950, un des plus beaux exemples de la modernité du cinéma américain, très célébrée par la critique de l’époque. Une fable d’un romantisme noir sur Hollywood et ses vanités avec, en prime, l’extraordinaire Ava Gardner et le grand Humphrey Bogart. Avec Soudain l’été dernier, c’est l’univers de l’écrivain Tennessee Williams que Mankiewicz investit. Un film moite et envoûtant, avec un casting trois étoiles, Elizabeth Taylor, Katharine Hepburn, Montgomery Clift. Enfin, nous terminons en beauté avec l’ultime chef-d’œuvre de ce virtuose au fort tempérament, Le Limier (1972), vertigineux jeu de rôles, duel incroyable, métaphore d’une impitoyable lutte des classes, entre deux acteurs en lévitation, Laurence Olivier et Michael Caine.
À l’approche d’Halloween et de la Toussaint, nous dédierons un deuxième cycle à quelques Perles noires, c’est-à-dire des films dont l’étrangeté brille d’un éclat tout particulier. Au programme, cinq longs métrages américains très singuliers et même uniques en leur genre - un par décennie, des années 1930 aux années 1970 - en commençant par le fascinant Freaks (1932) de Tod Browing, inoubliable méditation sur la monstruosité qui a directement inspiré David Lynch pour Elephant Man. Dans un autre registre, La Féline (1942) de Jacques Tourneur nous fait pénétrer au cœur de l’angoissante métamorphose d’une femme sous influence, avec un sens de la suggestion qui crée une véritable poésie de la peur. Premier et dernier film de l’acteur-cinéaste Charles Laughton, La Nuit du chasseur (1955) est, quant à lui, un conte nocturne, qui met en scène un pasteur effrayant, faussaire incarné par un Robert Mitchum plus vrai que nature, à la poursuite d’enfants en fuite. Une véritable œuvre culte qu’on peut voir et revoir à l’infini. Le quatrième film du cycle, Qu’est-il arrivé à Baby Jane (1962) de Robert Aldrich, met en scène un face-à-face mémorable entre deux grandes stars hollywoodiennes qui ont, toutes deux, débuté dans les années 1930, Bette Davis et Joan Crawford, deux sacrés monstres qui s’affrontent dans une atmosphère ensorcelante qui oscille entre le grotesque et l’horrifique. La dernière de ces « Perles noires » est Eraserhead (1977), premier long-métrage de David Lynch, véritable OVNI sorti de nulle part qui nous plonge dans un monde kafkaïen, entre réalisme et fantasmagorie. Encore un film unique qu’il est difficile d’oublier.
L’année 2026 s’achèvera avec un cycle dédié au grand cinéaste iranien, Abbas Kiarostami, disparu il y a dix ans tout juste. De Où est la maison de mon ami ? (1986), son œuvre la plus célèbre, à Ten (2002), la plus radicale, ce sont cinq grands films que nous vous invitons à redécouvrir à cette occasion. Les trois premiers - Où est la maison de mon ami ?, Et la vie continue (1992), Au travers des oliviers (1994) - forment ensemble une passionnante trilogie qui permet de voir l’évolution de la trajectoire d’un cinéaste, depuis son travail extraordinaire avec les enfants dans le premier jusqu’à la réflexion, à la fois brillante et très émouvante, sur une catastrophe, en l’occurence un tremblement de terre qui a eu lieu sur les lieux même où a été tourné Où est la maison de mon ami ?, dans les deux suivants. Palme d’or ex-aequo avec L’Anguille de Shohei Imamura, au festival de Cannes 1997, Le Goût de la cerise, quatrième film de ce dernier cycle, est un road-movie d’un genre très particulièrement qui met en scène un homme qui cherche désespérément quelqu’un pour l’aider à disparaître. Sûrement, un des films les plus subjuguants d’Abbas Kiarostami qui fonctionne sur une obsession à la fois morbide et vitale. Quant à Ten, le dernier de la liste, il met en œuvre un dispositif très simple mais absolument passionnant. Dix plans-séquences pour dix conversations entre une femme au volant et dix passagers qui prennent place dans sa voiture. Une idée qui paraît minimale, à première vue, mais qui, en réalité, s’avère particulièrement opérante pour porter un regard sismographique sur la société iranienne. En somme, le film d’un cinéaste qui, tout au long de sa carrière, a su ruser avec la censure iranienne et inventer un cinéma limpide, mystérieux et politique à sa façon, à la fois très concret et très profond.
Thierry Jousse
Du 6 septembre 2026 au 20 décembre 2026
Pour Halloween, le Nouvel Odéon vous invite à plonger dans l’univers fascinant des vampires le 31 octobre !
Des créatures de la nuit, des amours éternelles, du sang et beaucoup de cinéma : de l’animation pour les plus jeunes aux grands classiques du genre, venez passer toute la journée au cinéma et (re)découvrir quatre films aux styles et aux époques très différents.
驪 13H40 — PETIT VAMPIRE
Kid Odéon · Film et animation
Pour commencer la journée, direction le monde tendre et décalé de Petit Vampire. Une séance spécialement pensée pour les plus jeunes, suivie d’une animation.
16H — LES LÈVRES ROUGES
Le vampire se fait mystérieux, sensuel et inquiétant avec ce classique culte de Harry Kümel.
率 18H — ONLY LOVERS LEFT ALIVE
Jim Jarmusch revisite le mythe du vampire avec un couple d’amants immortels, mélancoliques et rock’n’roll, errant dans une nuit sans fin.
喝 20H30 — DRACULA de F.F Coppola
Pour terminer la journée, place à l’icône absolue du vampire : Dracula. Une plongée dans l’un des grands mythes du cinéma fantastique pour clôturer cette journée de Halloween en beauté.
Rendez-vous le 31 octobre au Nouvel Odéon… si vous osez franchir nos portes.
A partir du 31 octobre 2026
Le ciné-club Barberousse, Médecine et soin au cinéma est de retour au Nouvel Odéon pour la saison Septembre - Décembre 2026 喙
Ces projections-discussions font sentir et comprendre les expériences intimes et sociales des soignés et soignants – en médecine et au-delà. Elles valorisent la richesse des relations de soin dans nos vies.
Les projections sont suivies par des discussions animées par François Crémieux, directeur de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, Jean-Michel Frodon, critique de cinéma et professeur associé à Sciences-Po Paris, et Céline Lefève, professeure de philosophie et directrice de l’Institut La Personne en médecine (Univ. Paris Cité).
Du 12 septembre 2026 au 5 décembre 2026
Le ciné-club For the Record, créé et animé par la journaliste Eglée de Bure et consacré à la pop-culture, fait son grand retour pour la rentrée du Nouvel Odéon ♥️
Pour marquer cette reprise, la programmation mettra à l'honneur trois œuvres emblématiques des années 90 : Prête à tout de Gus Van Sant, True Romance de Tony Scott et L'Impasse de Brian de Palma.
Du 15 septembre 2026 au 19 novembre 2026
PÄTAM PÉLIKULẰ est un festival indépendant de courts-métrages, qui défend un cinéma libre, sans compétition, sans frais d’inscription, sans thème ni genre imposé, et quelques soient les moyens de production.
La soirée de la 21ème édition se déroulera samedi 21 novembre à 19h. Au programme : projections des courts-métrages sélectionnés, puis cocktail & DJ set par l'artiste @nalla.mp3 ⭐️
Les courts-métrages sélectionnés :
POSSESSION, de Yoan HUDSON. Durée : 20'
Émile vit reclus dans un manoir avec Gabriel, son ami d’enfance qu’il croit possédé. Il fait appel au Père Mathias pour pratiquer un exorcisme. Au fil du rituel, des secrets ressurgissent
SOIL d'Arnaud LIN. Durée : 4'33
Être lié à la terre n’est pas seulement une question de géographie, mais aussi de culture. Soil, inspiré par la célébration populaire chinoise du SheHuo, questionne la migration des traditions — ce qui est emporté, transformé et ce qui demeure.
Deux Mois L'Été de Félix MASSON. Durée 24'
Deux mois l’été c’est l’histoire de Lou et Malo ; deux jeunes charentais qui se lancent comme défi de passer deux mois ensemble avant de ne plus jamais se recontacter.
Entrée, Plat, Viscère d'Alice AJORQUE. Durée : 25'29
En suivant le parcours du poisson, de sa capture à son assaisonnement, le film révèle les rouages invisibles qui relient l’océan à nos tables.
C'est une exploration esthétique qui invite à questionner notre rapport à l’alimentation, sans jamais porter de jugement.
LE FESTIVAL :
Fondé en 2018 par des cinéastes et des comédien.nes, et en partenariat avec le Nouvel Odéon depuis 2022, ce festival vous invite à découvrir, deux à trois fois par an, des sélections que vous ne verrez nulle part ailleurs. S’y mélangent les genres, les sensibilités et des gestes artistiques affirmés.
L’équipe de PÄTAM PÉLIKULẰ présente des films de tous horizons, en accordant une place particulière aux œuvres encore peu diffusées, qui nous semblent injustement invisibilisées.
Leur vision :
Pas de remise de Prix
Pas de frais d'inscription
Pas de critères de sélection (sauf durée 30’ max)
Des temps de questions/réponses travaillés avec soin
Une mise en valeur de tous les métiers du cinéma en échangeant en plateau avec les équipes
Une convivialité qui se veut non élitiste (restauration faite maison, prix accessible, ambiance chaleureuse)
A partir du 21 novembre 2026
Dans le cadre d'une séance spéciale, découvrez le film Juste au corps.
Le film suit Jazze Parry est la première catcheuse drag queen de France. Depuis ses débuts, elle allie catch et drag, qui sont pour elle deux disciplines indissociables. Le 21 février 2025, elle lance la première édition d’un spectacle d’un nouveau genre : Drag Attack Wrestling, le premier show français de catch et de drag. Juste au corps met en image cet évènement dans lequel Jazze Parry décide de combattre un adversaire à sa hauteur : Nate Prince, surnommé le « personnage principal ». Les deux catcheur·euse·s vont préparer méthodiquement leur combat et présenter au spectateur les bases de leur discipline avant de s’affronter sur le ring lors d’un match d’anthologie.
La séance sera suivie d'une discussion avec une partie de l'équipe.
Du 29 octobre 2026 au 12 novembre 2026