La série française de Netflix, « Nero », se présente comme un ovni audacieux, un cocktail détonant qui ne se contente pas d'être catalogué. Elle mélange allègrement les genres : très Moyenâgeux, un soupçon de western spaghetti façon Sergio Leone, du fantastique-horreur avec sorcellerie et descendance du diable, le tout mâtiné d'une touche de Kamelott ».
Cette ambition narrative, portée par une intrigue consistante et des rebondissements constants, évoque d'ailleurs, comme vous l'avez si justement noté, l'esprit de « « Game of Thrones » . Nous sommes en effet plongés dans une quête de pouvoir et un univers médiéval fantastique où les alliances et les manipulations font loi. Le scénario maintient un rythme soutenu grâce à une intrigue se déroulant aux quatre coins du pays et suivant l'évolution de groupes de personnages disparates , une structure multi-arcs qui n'est pas sans rappeler les fresques épiques. On retrouve cette atmosphère sombre, chassant la sorcière et devant fuir le mal, tandis que la présence des Pénitents, ces fanatiques vêtus de cuir, agit comme une menace implacable, rappelant subtilement ceux qui "viennent de l'hiver". D'ailleurs, certains critiques appellent déjà à ce qu'elle devienne le « game of thrones à la française »
Visuellement, la série est une réussite, saluée pour sa photographie sublime et son décor crédible du XVIᵉ siècle, fait de paysages escarpés et ocre. Côté casting, Pio Marmaï (Nero, le brigand-manipulateur) est un super acteur, même si son côté clownesque agace certains.
Le choix stylistique le plus polarisant réside sans conteste dans les dialogues. Les réalisateurs ont opté pour un « « « « anachronisme assumé », faisant s'exprimer les personnages avec un phrasé résolument contemporain, parfois vulgaire. Si certains y voient une « fainéantise intellectuelle » qui gâche l'immersion, j y trouvez la clé pour séduire un public plus jeune vers ce genre médiéval fantastique . Il faut reconnaître que ce langage moderne apporte une dynamique bienvenue, donnant du naturel au jeu des acteurs. Malgré quelques incohérences scénaristiques ou ruptures de ton, « Nero » est un beau projet français qualitatif, un super divertissement qui nous maintient éveillés. Et laisse une fin ouverte pour une saison 2.
À découvrir sans modération !
Brunofrombelgium