Jakarta
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Peter Franckson
Peter Franckson

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Critique de la saison 1
4,5
Publiée le 17 avril 2026
Même si le point de départ est le même que celui du film italien « Il maestro » (2025) *** d’Andrea di Stefano (un ancien champion de tennis entraine un adolescent prometteur), la série n’a rien à voir. Le synopsis, en première lecture, n’est pas très original, avec un ancien joueur de badminton, José Ramon, dit Joserra, Garrido (Javier Cámara, 58 ans), sélectionné aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, vivant seul, avec 7 passereaux et perruches en cage sur son balcon d’appartement, professeur d’éducation physique, qui décide d’entrainer Mar Navarro, adolescente revêche, peu intéressée par l’étude du Siècle d’or au lycée et joueuse de badminton. Bref, une histoire de loser et d’adolescente rebelle, vue 100 fois. Pas du tout ! Le scénario est construit brillement comme un roman dur (= sans Maigret) de Georges Simenon (1903-1989), où l’état psychologique des personnages est bien montré (exercice plus difficile sur un écran que dans un livre), avec diffusion progressive d’informations sur leur passé ; il est aidé par un montage intelligent où aucun détail n’est présent par hasard, retrouvant son sens ultérieurement. L’avantage de la série permet d’avoir le temps de peaufiner le caractère des personnages, avec une fin pour chaque épisode qui donne envie de voir le suivant. A l’instar de Simenon, décrivant, pourtant, des personnages ordinaires, mais à la psychologie complexe, et donnant, lui aussi, envie de continuer à tourner les pages. Comme dans les romans durs, l’ambiance est noire : spoiler: Joserra, broyé par un fait survenu dans l’enfance, en avril 1979, tombé dans l’addiction au jeu de bingo, souhaite prendre sa revanche sur la fédération de badminton qui ne l’a pas écouté alors et l’a exclu, et mener jusqu’au sommet du badminton, Mar, d’abord, en Espagne puis à Djakarta, ancienne capitale de l’Indonésie, où le badminton (d’origine indienne, copié par les Britanniques et introduit par les Néerlandais dans l’archipel, alors Indes Néerlandaises) est un sport national
. Malgré la noirceur du film, il y a aussi de l’humour spoiler: avec la rencontre des sosies de Julio Iglesias dans un hôtel et dont certaines chansons ne sont pas si creuses que cela [« Me olvidé de vivir » (1977), version hispanique de « J’ai oublié de vivre », créée par Johnny Halliday, écrite par Pierre Billon sur une musique de Jacques Revaux].
Outre le scénario, le montage, avec flash-back, les dialogues (« Le vrai mérite est de gagner en trichant », « On ne joue pas au badminton si on est heureux »), la série doit beaucoup à l’interprétation de Javier Cámara et de la jeune Carla Quílez (17 ans mais qui joue depuis 2022).