Cette série étonnait par son synopsis : une jeune femme/adolescente participe à des jeux mortels pour gagner sa vie.
Le visuel et les choix artistiques rappellent immédiatement les séries Bakemonogatari (2009) et l’esthétique de la saga du studio SHAFT.
C’est le studio DEEN (Umineko – When They Cry, Pupa, Sankarea) qui adapte le light novel.
L’histoire mélange jeux mortels joués par des adolescentes ou jeunes adultes dans des manoirs, bâtiments abandonnés, station thermale voir arène gigantesque.
Si dans certains chapitres, l’ambiance est bonne enfant, douce et bienveillante, lorsque la situation devient plus tendue et nécessite un sacrifice humain, les protagonistes sont submergés par leurs émotions contradictoires : stupeur, craquage nerveux, colère et dans certains cas, folie meurtrière.
Au fur à mesure des épisodes, dans un ordre non-chronologique, on suit les jeux auxquels participe Yuki, qui semble insensible à tout ce qui arrive, mais s’avère toujours dévoué à la survie du groupe.
Comme les expériences sociales menées en laboratoire, ces jeux mortels sont l’occasion de voir des comportements amoraux émerger : dans chaque groupe, un leader apparaît, quelque fois bienveillant, parfois manipulateur voir tyrannique.
Certains n’hésitant pas à justifier leurs atrocités sur l’idée de la survie du plus fort, ou la volonté d’être la « numéro un » des jeux.
La série ne plairas pas à tout le monde : enjeux moraux forts, rythme lent, réflexions psychologiques, absence de sensationnalisme.
L’adaptation fait également le choix de faire des allers-retours dans la narration, où l’épisode suivant se passé dans le passé de l’héroïne.
On trouve également des absences de continuité entre deux épisodes du même chapitre : la situation à la fin de l’épisode précédent ne correspond pas à celle du début de l’épisode suivant.
La mise en scène est sobre, voir minimaliste, avec peu de séquences explicatives, peu de voix-off. La narration se faisant avant tout sur l’aspect visuel des lieux et des tenues des protagonistes.
Le personnage principal apparaît comme effacé, taiseux, et ne montre que rarement ses émotions, la rendant froide et insensible aux évènements tragiques.
La série reste une réussite artistique, OVNI télévisuel, série adulte, qui ne prend jamais les téléspectateurs par la main, ne fait jamais de raccourcis scénaristiques ou twists infantilisant, pleine de dilemmes moraux et de questionnements sociétaux.