Song of the Samurai
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Steph HUSS
Steph HUSS

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Critique de la série
2,5
Publiée le 28 juin 2026
Je trouve que c'est bien rythmé pour les 6 premiers épisodes, le format est approprié 1h à 1h30, ça nous laisse le temps de comprendre l'histoire de découvrir les personnages, même si on n’évite pas les clichés, exemple le bad-boy arrogant et prétentieux, le gentil aventurier charismatique, ambitieux et naïf, l'intello à lunette, droit dans ses bottes et grand général de guerre etc etc. On devine très vite qu'il s'agit d'une adaptation de manga...

Elle se déroule à l'époque féodale japonaise (totalement inconnue pour moi), la série est parfois assommante, avec les différentes hiérarchies et les titres, on s'y perd d'autant plus que c'est en VOST, donc la série exige de la concentration de notre part. Mais les dialogues ne le sont pas, et les chorégraphies des combats et les décors sont superbes, qui n'est pas sans rappeler les films de sabres chinois style Hero, sans tomber dans le burlesque ou le pastiche.

Au début j'avais peur de me retrouver face à un mix entre du Marvel et les Chevaliers du Zodiaque, avec que du combat, style c'est moi le meilleur, c'est moi le plus beau, et le plus puissant.
Ce sont quasi tous des jeunes adultes, qui apprennent à vivre en communauté, à s'apprécier, ou se détester. Donc clairement, les différents protagonistes sont développés, ce qui fait que nous apprenons aussi à les connaître et pas forcément à les juger. Ensuite, une autre qualité de la série c'est le côté aventuresque et samouraï-esque, c'est fort appréciable.
Ensuite, j'apprends à comprendre la culture japonaise, les intonations (parfois exagéré pour notre culture occidentale), leur notion de l'amitié indéfectible (il y a une magnifique bromance) et non tactile, mais aussi ce qu'est la dévotion, la fidélité et l'obéissance envers la hiérarchie de l'époque Edo. Song of the Samouraï est vraiment une belle série, pour tout ça elle est passionnante, intéressante et palpitante.

Et patatra, l'épisode 7 (et le dernier le 8 n’est pas mieux…) vient contrebalancer mes propos et mon engouement... la magie n’opère plus, et l’émerveillement s’estompe.
Faites place aux gros clichés lourdingues, les deux frères abrutis (on aurait préféré qu’ils soient muets), qui viennent à la rescousse et uniquement pour bastonner (l’effet de l’humour burlesque est complètement inapproprié, et surtout tardif). Les combats s’arrêtent subitement afin de commenter un geste soi-disant unique et extraordinaire (et de façon récurrente). Ce procédé ridiculise la qualité et l’esthétisme des combats, et les armes démesurées et phalliques sont aussi risibles ! On se farcit 2h de la culture manga, des combats qui n’en finissent plus, on se croirait dans la cour de récréation de collège, qui a la plus grosse, et "tu ne connais pas cette technique hein", et "bah tu vois c'est moi le meilleur", 2h de pépite de ces dialogues laborieux, pathétiques, et poussifs, qui n'a rien à voir avec le 7ème art et ses codes, et surtout c'est insultant (pour reprendre les termes de Q. Tarantino, concernant les films de Marvel) !
Tout ce cirque fragilise les scènes de revange, d'hémoglobine, et les chorégraphies de combats (incroyables, magnifiques et extraordinaires).
Quant aux 3 super-vilains de fin (attention, des personnages bibliques à la MARVEL comme on aime), ce sont des clichés ambulants, prétentieux, arrogants et cruels, de ce fait chacun de leurs propos et de leurs intentions sont prévisibles et d’un ennui mortel. Et celui qui veut me faire croire que le personnage de Kamo Serizawa est charismatique, il faudra se lever plus tôt pour me faire gober une telle absurdité, ses tocs et ses gimmicks, on se demande si c’est maladif ou s’il ne lui manque pas une case, l'écriture du personnage est maladroite et son interprétation est vraiment paresseuse. 2 personnages fictionnels qui me viennent à l’esprit Elle Driver de Kill-Bill, Anton Chigurh de no Country for the old Man ils sont caricaturaux mais crédibles, et par conséquent il peuvent être charismatiques.
Et Tarantino avait compris comment allier ces deux arts et ces deux cultures, tout en respectant l'intelligence des personnes qui regardent son œuvre Kill-Bill. Même Bryan Singer, Michael Fassbender et Ian MacKellen ont su comment amener au cinéma Magneto, pour le rendre humain et charismatique !
Bref, on se coltine le parfait abécédaire du manga formaté pour ado, ça ne fonctionne pas pour le petit écran, en l’occurrence avec cette série, mais plutôt il vient fausser son ambiance et son rythme de départ…
Même l’ange noir de la mort (somptueux personnage énigmatique, et son visuel gothique est bien travaillé), et toute sa symbolique représentative sont tronqués, anecdotiques et éclipsés par cette niaiserie démesurée et inutile.

Et la fin, on répète bêtement le mécanisme à la Marvel et du manga classique, un nouveau méchant encore plus cruel et plus arrogant, et ouf on évite la scène cachée pour l'introduire et annoncer probablement une saison 2 !