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Mélany T
48 abonnés
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Critique de la série
4,0
Publiée le 25 mai 2026
Le documentaire est parfois confus et sensationnaliste mais dans l'ensemble, les images d'archives et les explications sont claires et excellentes. Le tout est passionnant.
e 25 avril 1986 au soir, un arrêt système AZ5- test de contrôle (défaillance humaine des opérateurs non prouvée mais un réacteur pourvu d’un défaut de conception) sur le réacteur 4 de cette centrale nucléaire se transforme en pire catastrophe nucléaire de l’histoire (En 1/2 seconde puissance multipliée par 10 000 et température de 40 000 degrés...une cocotte-minute infernale)...1200 tonnes du couvercle volent en éclats le 26 avril 1986 à 1h23 projetant vers le ciel une colonne incandescente dans les nuages. Toute cette mécanique maladroitement maitrisée se solde par la fusion incontrôlée du coeur de ce réacteur RBNK typiquement soviétique jusqu’à son explosion spectaculaire et lumineuse et au final, un incendie gigantesque détruisant un toit de 10 000 mètres carrés. Cette centrale construite en 1970 disposait des plus grands réacteurs d’Europe , quatre chacun produisant 1000 mégawatts pouvant alimenter un million de foyers. Les fumées chargées de plutonium un mélange de combustible de graphite et d’uranium s’évaporèrent dans l’air en contaminant toute une population et la nature environnante. La ville de Prypiat à quelques kilomètres, agglomération nouvelle et lieu de villégiature de techniciens et d’ingénieurs avec leur famille fut évacuée, quelques jours plus tard, dans la confusion et les atermoiements politiques préservant la loi du silence et de la corruption du régime soviétique de l’époque. Que de cancers de la thyroïde parmi les pompiers, les mineurs chargés de creuser un tunnel, et des liquidateurs (entre 60000 et 800000 ouvriers spécialisés déblayant les matières radioactives répandues sur le chantier). Une forte irradiation aux rayons Gamma fait perdre les cheveux, s’attaque aux cellules osseuses de la moelle épinière puis au système gastro-intestinal et au système cardio-vasculaire dans les pires cas. Quant au premier sarcophage de béton terminé le 30 novembre 1986 puis un second en forme de dôme achevé en 2016, ils font partie du jeu macabre des poupées russes car personne ne sait comment démanteler ce monstre endormi. Existe-t-il une quelconque technique sérieuse pouvant venir à bout de ce béton et de toute cette ferraille contaminée pour l’éternité ? Il est permis d’en douter. Les becquerels touristiques sont légués aux futures générations. Un documentaire à ne pas louper.
Ce documentaire reprend les événements du pire accident nucléaire de l'histoire, quasiment heure par heure puis jour par jour etc. L'enchainement des événements est raconté à l'aide d'archives médiatiques, de témoignages de survivants impliqués de près dans la catastrophe et de divers professionnels américains (CIA, correspondant à Moscou). L'affaire commence le 26 avril 1986 lors de l'explosion du réacteur n°4 de la centrale et s'achève en 2025, alors que la centrale est revenue dans l'actualité à cause de la guerre en Ukraine.
Ce qui est frappant : l'horreur absolue qu'a provoquée cet accident ; les risques mortels qu'ont pris, de gré ou surtout de force, les hommes ayant participé au sauvetage de la centrale (pompiers, mineurs, nettoyeurs, "liquidateurs" ; le rôle du mensonge du régime soviétique dans ce cauchemar, que ce soit avant, pendant et après la catastrophe ; le cynisme criminel de ce régime, prêt par exemple à sacrifier notamment des orphelins qu'il fera défiler le 1er mai à Kiev, pour montrer que tout va bien, alors que le nuage radioactif se déploie sur la ville ; le courage sacrificiel de nombreux volontaires ; le courage de ceux qui ont oeuvré pour révèler les véritables causes de l'accident.
Une fiction en forme de série existe également sur Tchernobyl, que je n'ai pas vue et qui serait très bien aussi. "La Supplication. Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse" est un recueil de témoignages, par Svetlana Alexievitch, qui est certainement ce que j'ai lu de plus dur dans ma vie.