Après un "Murder House" prometteur malgré ses défauts et un "Asylum" qui s'élevait à mon sens au stade de petit chef d'oeuvre, j'attendais énormément de "American Horror Story: Coven". Déjà que le pitch de départ, une guerre entre les sorcières de Salem et les prêtresses vaudous de la Nouvelle Orléans, était particulièrement alléchant, alors apprendre qu'un des rôles principaux serait interprété par l'excellente Kathy Bates et que Denis O'Hare, largement sous-employé dans la saison 1, allait faire son grand retour, il y avait littéralement de quoi sauter de joie...
Du moins c'est ce que je croyais.
Après deux ou trois épisodes, déjà assez bancals, mais potables, la saison a vite fait de se casser la gueule en tombant dans une hallucinante fumisterie. 13 épisodes durant lesquels l'histoire ne progresse pas, toutes les lignes narratives sont avortées, de nouvelles intrigues (le plus souvent inutiles et inconsistantes) sont grossièrement rapportées avant de s'achever brutalement dans l'épisode suivant, tout ça pour que LA grande question de la saison trouve son incohérente réponse dans les dix dernières minutes du final.
Heureusement que le casting, indéniablement talentueux, est là pour donner un semblant de consistance à cette catastrophe scénaristique (et visuelle d'ailleurs, le suremploi du grand angle et le syndrome de "la caméra qui tourne" auront tôt fait de donner des nausées au spectateur). Kathy Bates est, sans surprise, absolument parfaite dans ce rôle de terrifiante tueuse en série, rôle qui sera, comme presque tous les autres à l'exception peut-être de ceux de Frances Conroy (Myrtle Snow) et Lily Rabe (Misty Day), terriblement mal mené et sous exploité du début à la fin.
En ce qui concerne les autres membres du casting, on peut remarquer la performance d'Emma Roberts, hilarante en "Alpha Bitch" amorale et cynique, mais également les quelques moments de gloire de Denis O'Hare dans le rôle de Spalding, notamment le face à face avec Kathy Bates dans son repaire, ainsi que le charisme de la sublime Angela Bassett, parfaite en reine vaudou. Gabourey Sibide (Queenie) est également tout à fait convaincante. Sarah Paulson, quant à elle, se débat avec un rôle bien en deçà de ses capacités et Evan Peters se contente de grogner.
Quant à Jessica Lange, eh bien... Je tiens à dire que j'appréciai Jessica Lange, avant "Coven". Parce que NON (!!!) Jessica Lange ne fait pas la série à elle seule ! NON, on ne peut pas baser une saison entière sur des plans de Jessica Lange qui fume, qui marche avec des talons hauts, ou qui se plaint. OUI (!!) on sait Jessica Lange est belle, Jessica Lange a la classe, Jessica Lange est une femme fatale en Louboutins ! Pas la peine d'en faire des caisses ! On a compris !
En bref, "Coven" n'est pas grand chose de plus qu'une vaste blague dénuée de subtilité qui, ne réussissant jamais à faire réellement peur, se contente de crier haut et fort "Regardez comme on est malsains et subversifs !! On vous balance même des
mères incestueuses
et
des plans à trois nécrophiles
!!".
J'avais été totalement conquis par les deux premières saisons, autant dire que ma déception fut énorme. En espérant que le duo de choc Falchuck et Murphy relèvent un peu la barre pour la saison 4 et arrête de prendre les spectateurs pour des crétins.