Par où commencer ? Il y a tant à dire.
Je termine ce rattrapage 2024 de séries avec The Leftovers.
La saison une m'avait été offerte par un ami il y a des années, j'avais regardé le premier épisode et je n'avais pas accroché, tant les mécanismes de séries que je décrie tant me semblaient présents. Cette année, j'ai décidé de continuer et de me faire mon propre avis.
퐋'퐞퐱퐩퐞퐫퐢퐞퐧퐜퐞 퐝퐞 퐥'퐚퐛퐚퐧퐝퐨퐧 : Tout d'abord je vais commencer par un ressenti de spectateur. Rarement je n'avais senti l'incompréhension me gagner et me frustrer autant, tellement les scénaristes ont réussi à tourner les épisodes de telles façon qu'on peut se demander si on a bien lancé le bon. La série nous propulse dans les esprits torturés et perdus de ses personnages en nous laissant parfois autant voire plus déboussolés que ces derniers. Certains épisodes de la saison 2 en montage parallèle, finissent par tous faire sens à la fin de chacun. Une maîtrise dans l'écriture assez affolante et bluffante. C'est la seule série qui m'a autant de fois fait m’esclaffer seul à la fin de chaque épisode d'un : "Oh mais non !" tellement le besoin d'en savoir plus était proportionnel à l'intensité du cliffhanger utilisé.
퐕퐨퐢퐫 퐞퐧퐭퐫퐞 퐥퐞퐬 퐥퐢퐠퐧퐞퐬 : Autre point fascinant de cette série, c'est sûrement le fait que le pourquoi du comment de l'élément fantastico-religieux, n'est pas ce qui importe le plus. Alors que le propos de base, est immense, la série va se concentrer sur l'infiniment intime et focalise toute son énergie à observer les mécanismes psychologiques et sociaux qui vont venir perturber l'équilibre personnel et de groupe lors d'un évènement dont l'ampleur et la signification nous dépasse. D'ailleurs le titre de la série, pourtant limpidem a tendance à nous échapper au début : ''The leftovers'' cible bien les ''laissés'', ces ''restants'' et non pas les ''disparus''.
퐔퐧퐞 퐩퐚퐫퐟퐚퐢퐭 퐞퐭퐮퐝퐞 퐝퐞 퐜퐚퐬 : Au fil de ses saisons, la série va se focaliser sur un lieu, et des groupes représentatifs pour chercher à comprendre nos façons de gérer ces évènements. Ainsi seront traités les mécanismes de manipulations, la fédération autour de concepts populistes, l'individualisation en société qui émerge d'une fracture déjà marquée au stade individuel. La réaction face à l'exclusion, mais aussi les quêtes d'identité et d'appartenance à un groupe. La façon dont des opportunistes arrivent toujours à plier les âmes brisées ou fragilisées et à profiter d'eux via la pratique du charlatanisme. Démêler le vrai du faux, la croyance et les opinions des faits, s'abandonner complétement à une aspiration ou se raccrocher le plus possible au concret. Autant de nuances dans lesquelles chacun naviguera en fonction de son bagage personnel et sa capacité à endurer de tels traumatismes.
퐒퐮퐫퐦퐨퐧퐭퐞퐫 퐛퐥퐞퐬퐬퐮퐫퐞퐬 & 퐨퐛퐬퐞퐬퐬퐢퐨퐧퐬 : Chaque personnage principal mène un combat qui lui est propre. Cette mosaïque de problématiques, d'états d'âme et de difficultés nous permet de prendre de la hauteur et de nous projeter à leur place :
Vivre avec le point de la disparition de ses enfants pour Nora. La peur chronique de l'apocalypse par Kevin Sr, la perte de contrôle pour Kevin Jr, le besoin d'appartenance de Tommy ou encore la soif de croyance en quelque chose de plus grand, surtout en pleine considération de sa propre mort pour Matt etc etc etc,
퐂퐡퐚퐬퐬퐞퐫 퐥'퐞퐧퐧퐮퐢 : En plus de poser des questions si fortes et pertinentes, la série, va s'entourer de personnalités fortes et talentueuses. Mimi Leder réalisera une bonne partie des épisodes et chaque saison donnera lieu à un changement de décor, de taille de casting et d'atmosphère. Les dialogues font preuve à la fois d'une profondeur et d'une humanité totales, mais fait aussi mouche à chaque incursion comique, voire satirique. Le scénario fera preuve d'une audace parfois inespérée dans certains de ses choix. Grouillant d'idées aussi bien plastiques que thématiques, la série n’ennuie jamais. Les personnages sont complets, attachants et charismatiques. On s'y attache et alors que je ne pouvais m’empêcher de vouloir en savoir plus, l'arrivée proche de la fin me rappelait à quel point je n'avais pas envie de quitter cet univers et ces personnages.
Une mention spéciale à cette saison 2, dont le rythme, les interactions, les sujets, l'atmosphère et la musique forment un tout en totale osmose.
Un must see !