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Un visiteur
Critique de la série
4,0
Publiée le 17 décembre 2013
Les cinéastes les plus réputés sont décidemment de plus en plus attirés par le petit écran. Après David Fincher ou encore Michael Mann, c'est la très indépendante Jane Campion qui s'est aventurée dans un plus petit format, mais pas sans garanties. Comme quand elle réalise, Jane Campion s'est arrimée à un projet ambitieux, de haut niveau artistique, et pour lequel elle a obtenu une liberté totale.
Et ça se voit : que ce soit dans la rythme, les personnages, le ton ou les décors, Jane Campion a infusé tout son univers dans cette série, sans chercher à se compromettre pour viser une saga ou toucher un large public. Une sorte de série 2.0 qui reboucle étonnamment avec la totue première grande série fantastique de l'histoire : "Twin Peaks".
Là aussi, un flic débarque dans un trou paumé, avec une population locale relativement étrange. Là aussi, une fille a disparu et là encore, le père est un suspect évident. Mais le ton est très différent, le ton kitscho-fantastique de Twin Peaks laisse place à un polar froid, nostalgique, et foncièrement réaliste.
Sur cette trame de film noir, la série se développe patiemment dans les paysages extraordinaires de la Nouvelle Zélande, en jouant à merveille sur tous les codes du genre. L'inspectrice qui a l'air petite et gentille est une incroyable dure à cuire. Le flic local arrogant est peut-être plus profond que prévu. Les déchets humains alcoolisés qui traînent au bar sont-ils vraiment suspects ? Et que dire de cette colonie de femmes venues s'installer au bord du lac dans des conteneurs sous la direction d'une gourou complètement allumée ?
C'est quand on voit des œuvres aussi travaillées et que l'on comprend que la photocopie n'est pas une fatalité. Qu'il est encore possible de surprendre et de passionner sur des thèmes de polar pourtant rebattus dans la littérature ou à la télévision. Mais cela implique de ne pas craindre la tristesse, la lenteur et la complexité.
Et bien sur d'avoir une équipe artistique de haut niveau, capable de créer une ambiance et de la développer sur plusieurs épisodes. On peut aussi pointer l'extraordinaire travail d'interprétation de l'ensemble du casting, avec trois protagonistes qui crèvent l'écran. Elisabeth Moss (la détective), évadée de Mad Men, qui joue en permanence sur son format de petite souris. Peter Mullan (le bad guy), phénoménal en mafieux rustre et calculateur. Et Holly Hunter (la gourou), un peu disparue des écrans radars, qui s'amuse à donner à son personnage une dureté hallucinante.
Et pour ne décidément rien faire comme tout le monde, Jane Campion a annoncé qu'il n'y aurait probablement pas de saison 2. Logique, quand on voit à quel point l'ensemble est d'une grande cohérence, et n'appelle pas de suite. Dur de faire du business avec des gens qui ont une vision artistique, et qui s'y tiennent...
Décidemment Arte tent de plus en plus à grignoter Canal dans le domaine des séries de haut niveau. La preuve avec cette intense production néo zélandaise aux paysages magnifiques. L'actrice principale est juste sublime de vérité, l'ambiance "bout du monde" typique des séries en provenance du "down under" (faut dire que vu la population au km carré ^^). Petit bémol concernant la fin qui ne réserve aucune surprise en guise de cerise sur le gateau. Un twist final aurait permis un 5/5
on pouvait attendre beaucoup de Jane Campion, le résultat est plutôt glauque. l'enquête policière est quasi inexistante, beaucoup de personnages détournent l'attention sans apporter la moindre contribution au fil de la série (DJ), et c'est principalement une sensation de sordide qui reste après les 6 épisodes. Loin de la subtilité de la leçon de piano, grosse déception.
Une série très dépaysante tournée dans de beaux décors néo-zélandais. Le personnage d'Elisabeth Moss est juste un peu trop agaçante avec ses maladresses. L'histoire est assez sombre, le suspense plutôt moyen, mais j'ai passé un bon moment
Robin Griffin, policière spécialiste de la protection des mineurs est détachée en Nouvelle Zélande, à Lake Top et seconde Al Parker pour retrouver Tui, une jeune adolescente qui disparaît après une tentative de suicide.
Pendant l’enquête, Robin qui a grandi ici, doit faire face à des souvenirs terribles. Elle a affaire à Matt Mitcham, le père de l’adolescente, un baron de la drogue qui maintient la ville sous son joug. Sur la terre de Paradise, une communauté de femmes avec son gourou tente de s’implanter.
Cette région magnifique, à l’autre bout du monde, n’obéit à aucune loi d’état et est peuplée de personnes atypiques, marginales voire dégénérées, que relie entre eux la loi du silence.
Cette série me fait penser à « true detective » ou encore aux films « Dans la brume électrique », « winter bones » ou « la isla minima », en tant que film essentiellement d’atmosphère, atmosphère poisseuse et délétère, émanant d’un monde clos coupé de tout, où personne n’est innocent.
C’est captivant, et le rythme lent participe à cette atmosphère enivrante.
Bonne surprise kiwi, on se laisse facilement emporter par cette nouvelle série, qui doit beaucoup à son magnifique cadre, la Nouvelle Zélande et son ambiance sombre à souhait. Le jeu d'acteur est parfait, le scénario souffre de quelques longueurs et le dénouement de l'intrigue peut être quelque peu rapide et simpliste. À voir.
N'étant pas du tout un adepte des séries télé, mais grand admirateur du cinéma de Jane Campion, j'ai jeté un oeil du côté de cette série et je dois dire qu'elle m'a vraiment séduit, par sa dimension à la fois ultra mélancolique et son intensité dramatique. Alors oui bien sûr, mieux vaut être fan du cinéma de l'auteur de la "Lecon de Piano" ou de "Bright Star" que des dernières réalisations de Ridley Scott ! Ce "Top of the Lake" est une grande réussite d'une part par la temporalité qu'il installe et par le tempo qui marque le déroulement des évènements, une lenteur qui laisse tout le temps au film d'imprégner le spectateur et de vraiment caractériser les personnages, mais aussi une lenteur qui permet au drame de prendre beaucoup de profondeur et d'intensité au fil de la série. Un scénario parfaitement bien écrit, un enchainement dramatique très bien agencé, un intrigue millimétrée, une musique vraiment envoutante et des acteurs extrêmement naturels et crédibles, notamment l'actrice principale qui est incroyable de naturel à l'écran !, tous ces éléments qui font de ces 6 heures de film une longue mélopée dramatique suspendue à l'intrigue dont à aucun moment on ne devine l'issue dernière ! En prime, Jane Campion nous offre un sublime panorama de son Ile et ses paysages fantastiques, un décor grandiose et mélancolique où se joue la fresque terrible des rapports humains de la Nouvelle Zélande, à la fois brutaux, machistes et presque tribaux !
Quel gâchis ! Cette série avait un grand potentiel : paysages magnifiques, plongée dans un monde rural intriguant, acteurs qui ne sont pas tous des mannequins professionnels... Tout cela apparaît donc fort crédible dans un premier temps. Au final, c'est pourtant un vrai manque de vraisemblance qui vient anéantir les espoirs du cinéphile quelque peu attentif.
On se rend vite compte que la série tente tant bien que mal de porter un message féministe. L'ennui, c'est qu'il ne s'agit pas d'un féminisme intelligent, nuancé, qui invite à s'interroger sur des questions essentielles. Ici, il s'agit plutôt d'un féminisme un peu bête, manichéen et naïf. On a beau se trouver dans la campagne la plus profonde, notre héroïne, fiancée mais en proie au doute, spoiler: se verra offrir un cunnilingus dans les toilettes d'un bar un peu glauque par son nouveau prince charmant. La scène fait sourire, mais elle n'est qu'un des multiples exemples qui viennent transformer cette série en nanar: personne n'est dupe, personne n'y croit. Explosion de rire quand la série nous apprend spoiler: qu'une gamine de 12 ans, enceinte, peut survivre plusieurs semaines dans la montagne puis accoucher seule, en quelques secondes, presque sans souffrir et surtout sans aucune complication pour le bébé ou elle-même. Oui, dans Top of the Lake, les femmes sont des surhommes.
La fin aurait pu sauver l'oeuvre, corriger le tir. En réalité, elle vient renforcer le ridicule qui se dégage de Top of The Lake. Les hommes sont encore plus méchants qu'on ne l'imaginait. On dirait bien qu'ils sont pour la plupart pédophiles, incestueux ou adeptes du viol en réunion. La réalisatrice tente de dépeindre un univers glauque, mais ça ne prend pas. C'est déjà trop tard, on n'y croit plus, on s'ennuie.
La saison 2 ? Sans moi. Top of the Lake démontre une fois de plus que la qualité technique et un jeu d'acteur correct ne suffisent pas, seuls, à produire une oeuvre de qualité.
Nul doute que nous entendrons beaucoup parler de Jane Campion en 2014, puisqu'elle sera la présidente du jury du prochain Festival de Cannes. Mais en 2013, la réalisatrice néo-zélandaise nous a déjà régalés d'une mini-série de six épisodes, totalement haletante et très immergente dans des paysages de l'autre bout du monde. En Nouvelle-Zélande, aux abords d'un lac immense entouré d'une nature somptueuse, gigantesque et inquiétante de si peu d'humanité, Tui, une jeune adolescente de 12 ans mystérieusement enceinte, disparaît. Laketop, la ville à proximité du lac, n'est guère plus humaine que les sombres forêts alentours: entre trafiquants de drogue dérangés, bikers imbibés et notables cyniques, on comprend peu à peu la terreur de la gamine à défaut de ce qui l'aurait poussé à fuir. Car s'ils boivent encore du thé, il semble que les descendants des sujets de sa gracieuse majesté soient retournés à l'état sauvage dans cette petite bourgade repliée sur elle-même. Un camp presque sectaire, du nom de Paradise, fait la liaison entre la ville et les espaces naturels. Aménagé de quelques containers, il est peuplé de femmes à la dérive évoluant dans une pseudo-spiritualité autour d'un gourou interprété avec beaucoup de talent par Holly Hunter. Ce lieu des vérités révélées laisse tout autant les hommes livrés à eux-même. Tui y passe, mais disparaît très vite une fois encore. Comme ange et démon, seules deux personnes se soucient réellement de retrouver la gamine dont les chances de survie sont minces dans la forêt: son père, parrain de la drogue ultra-violent, instable et menaçant, et une femme flic de Sydney, native de Laketop, Robin Griffin. Perdue dans une vie qui pourrait être rangée mais qui ne lui correspond pas, Robin est hantée par les traumatismes de son adolescence auxquels elle doit faire face du fait de son retour. Attirée par la marge plus qu'elle n'ose se l'avouer, l'histoire de Tui a pour elle un écho très personnel. Retrouver, sauver la petite devient une question de vie ou de mort, et pas seulement pour l'adolescente, loin s'en faut. Elisabeth Moss, déjà très remarquée dans Mad Men, compose ici un personnage complexe et très crédible. Elle vient d'ailleurs de remporter pour ce rôle le prix de la meilleure actrice dans une mini-série lors des derniers Golden Globes. Amplement mérité ! Top of the lake captive et inquiète. On navigue sans cesse entre les faits bruts et les obsessions des personnages, ce qui donne parfois un étrange sentiment de distorsion de la réalité. Et quand on pense être à deux doigts de basculer dans quelque chose de presque mystique, le polar revient imposer ses codes. Les paysages néo-zélandais sont à couper le souffle. Ils m'ont d'ailleurs amenée à m'interroger sur ce pays dont je me suis rendue compte que je ne connaissais rien si ce n'est deux ou trois clichés, comme le rugby ou les moutons. Cette nature extraordinaire et le sentiment d'immensité inquiétante qu'elle véhicule sont pour beaucoup dans l'ambiance très aboutie de cette série. Jane Campion dit s'être inspirée de The Killing version US, réalisation elle-même inspirée du Forbrydelsen danois que j'adore. Les atmosphères de ces séries policières, extrêmement travaillées, sont une indéniable réussite et resteront je pense comme une signature.
Quelle surprise que cette mini-série en 7 épisodes, Jane Campion prend le temps de sculpter ses personnages dans cet environnement remarquable de la Nouvelle Zélande (probablement au vu des paysages sur l'Île du Sud). On entre dans cette œuvre sans exactement savoir immédiatement mettre une étiquette sur le genre cinématographique que Jane nous sert ici. Et c'est rafraichissant. Au bout de 3 épisodes, je trouve cette série déjà passionnante, et remarquablement construite et originale. A suivre.
je viens de voir les 3 premiers épisodes et j ai hâte de voir la suite jeudi prochain sur Arte que je remercie au passage. Cette série est bien réalisée : de bons acteurs, de tres beaux paysages, une ambiance mysterieuse et une intrigue autour de la disparition d une fillette. Ce climat qu ressemble à ceux que l on ressent duand on lit les polars suédois.... Super merci
"Top of the lake" nous offre une photographie froide, une atmosphère oppressante et remplie de secrets. Les magnifiques paysages sont considérés, ici, comme un personnage à part entière et sont utilisés pour transmettre des messages.
Les acteurs incarnent de façon extrêmement juste leurs personnages respectifs travaillés à la base en profondeur : David Wenham (le capitaine de police Al Parker) réussit le tour de force de donner le sentiment de cacher un secret explosif sans éveiller le moindre soupçon et ce, malgré la connivence qui le lie au personnage de Peter Mullan (Matt Mitcham). Elisabeth Moss arrive à nous faire ressentir les failles, les doutes, les douleurs et les faiblesses de Robin Griffin, inspectrice spoiler: victime d'un sombre événement dans son adolescence . Holly Hunter joue à merveille, entre humour et philosophie, G.J., cette "éclairée" menant un groupe de femmes afin qu'elle reprennent leurs vies en main.
"Top of the lake" comporte certes quelques moments de faiblesses mais cela n'entache en rien la trame policière très bien menée sur un rythme entretenant notre curiosité (spoiler: plus à savoir "qui est le père de l'enfant de Tui ?" que son "meurtrier" ) sans jamais tomber dans le glauque ou le sanguinolant.
Top Of The Lake est une série américano australo britannique diffusée pour la première fois en mars 2013 sur la chaîne indépendante Sundance Channel et qui débarquera sur Arte en octobre de la même année. Créée et écrite par Jane Campion et Gaspard Lee, cette série raconte comment Robin, jeune inspectrice, va tenter de résoudre la disparition d’une adolescente enceinte dans la petite ville de Laketop en Nouvelle-Zélande. Nous sommes ici devant une création de Jane Campion et le côté féministe est très présent. Les hommes y sont quasi tous dépeint comme un troupeau de bêtes sauvages et seuls certains sont traités avec un peu d’empathie par la réalisatrice. Bref, une série dramatique policière à l'atmosphère mystérieuse forte. Une nature magnifique mais angoissante qui soutient un message féministe bien (trop) présent.