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Fêtons le cinéma
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2,0
Publiée le 12 septembre 2019
Que cette série est tristement actuelle ! Dans les temps agités de la phallocratie décadente, voici venir une œuvre qui promeut un nouveau slogan : balance-ta-communauté. Ou comment un homme peut être le géniteur de toute une contrée par le seul fait qu’il soit un homme et que son appétit insatiable le conduise à abuser de chaque femme qu’il rencontre, aidé en cela par la consommation de drogues et d’alcool. Dès le générique se met en place une tension entre un titre – en l’occurrence, Top of the Lake – et un geste, celui d’une descente dans les entrailles de ce même lac. Deux mouvements inverses, en somme, qui poussent à remettre en question les titres masculins : spoiler: l’agent de police est un proxénète, le père un violeur d’enfant, l’amant un frère en puissance . Nous errons dans les faux-semblants et la transgression, mis en scène avec les mêmes lourdeurs que les vers enragés d’Agrippa d’Aubigné dans les Tragiques. Au royaume de l’interdit, l’homme est un roi, la femme sa victime. L’environnement naturel est à la fois un appel à la méditation et à l’engloutissement : le gigantisme des forêts et des montagnes écrase les êtres et leurs souffrances, contraint le masculin à rivaliser avec la nature en recourant à la violence. Le seul îlot de tranquillité, c’est « Paradise », sorte de Woodstock pour femmes brisées où l’on peut voir des vieilles se balader nues, un gourou aux cheveux sales prêcher l’autoconservation, une dame nous parler des relations avec son chimpanzé (allégorie du mari ?). Alors, pas de doute là-dessus, Top of the Lake revendique une bizarrerie dépressive, saisit dans ses décors ce sentiment de solitude qui contraint les individus à se heurter les uns aux autres pour se prouver qu’ils existent. Seulement, à quoi bon marteler un féminisme aussi nauséabond dont les partis pris quittent le champ de l’art – nous sommes devant une série et non devant une tribune politique – pour choir dans l’agression et la complaisance. Car filmer de la sorte le malheur de la femme, avec une telle brutalité, une telle froideur, une telle outrance, donne l’impression que l’œuvre se repaît de la situation qu’elle entendait pourtant dénoncer. Créatrice de la série, Jane Campion ne laisse pas son propos jaillir des images mais assomme par la massue de l’idéologie douteuse toute spontanéité du geste cinématographique, spontanéité qui faisait de La Leçon de piano, entre autres, un monument. Coincée entre la harangue féministe et l’interprétation d’un personnage de fiction, Elisabeth Moss ne porte que rarement le charisme tragique que Robin Griffin exigeait, passe d’un lieu à l’autre, une moue névrosée au visage. Il est assez atterrant de constater qu’une cinéaste aussi talentueuse que Campion ait, en tant de temps, appris si peu, au point de sacrifier sur l’autel de la cause politique l’opacité de ses figures, l’étrangeté insondable de ses atmosphères, le lyrisme désespérant qui perce à de rares occasions dans la noirceur humaine des halos de sublime.
Le méchant est méchant comme prévu, mais a souffert dans son enfance, le pauvre. Le flic est douteux, on s'en doutait dès le départ, et au final GJ s'en va après beaucoup de phrases sentencieuses. (GJ= Gourou Jane?) Au démarrage, ce n'est pas désagréable, avec une vraie atmosphère de western moderne, des plans réussis de nature sauvage mais ensuite des passages incohérents réguliers et sans queue ni têtespoiler: ( en pleine course poursuite, on se met à faire l'amour/on tire sur la gamine otage qu'il faut ramener vivante! Etc…)
Au final, il nous reste un univers sombre, déprimant, rempli de déséquilibrés, femmes et hommes et Campion n'a apparemment pas prévu de rédemption pour l'un d'entre eux. Ne donne pas envie de voir la saison deux. Et ce ne sont pas les acteurs qu'il faut blâmer. DVD vo - aout 23
Si l'on s'en tient aux deux premiers épisodes de "Top of the lake", il y a de quoi être perplexe devant le schématisme des personnages, l'aspect convenu de l'enquête menée et l'incapacité à mettre en valeur les superbes paysages néo-zélandais, ces derniers restant assignés à une fonction décorative, symptôme d'une mise en scène académique. Il faut attendre le troisième épisode pour que la série se recentre, à raison, sur le personnage complexe de Robin (Elisabeth Moss géniale) et des motifs troubles (inceste, viol) qui permettent au personnage de s'identifier à Tui, jeune fille enceinte recherchée qui a fui un père violent et torturé. La réalisation réussit même à faire face à Robin lors d'une course-poursuite haletante entre les rochers se concluant de manière tragique, la cruauté d'un suspense manipulateur s'opposant brillamment à l'obstination du personnage. Hélas, si la série est portée par une actrice remarquable, elle souffre de personnages secondaires peu intéressants et n'oublie malheureusement pas de conclure son enquête et de manière téléfilmesque – un twist que l'on voit venir de très loin. Il aurait fallu aller plus loin dans la représentation d'affects contradictoires et de relations malaisantes et délaisser quelque peu l'action pour rendre cette saison plus dense et plus mystérieuse. En l'état, elle ne donne pas suffisamment envie de découvrir la suite.
Construit sur une idée originale, Top of the Lake a, sur le papier, des raisons de séduire. La disparition de cette gamine, son entourage familial, l'enquête de cette policiere, son passé tragique et autres joyeusetés. Le rythme est lent et la série distille ses informations au compte goutte pour tenir le spectateur en haleine. Le souci vient justement de là, la plupart des personnages n'ont qu'un "background" creusé en surface et on ne rentre presque jamais dans l'empathie avec eux. On se contente d'être spectateur de ce qui se déroule sous nos yeux sans réellement, pour ma part, comprendre certaines motivations et certaines situations des personnages principaux. Comment cette policiére peut elle enquêter sur la disparition alors que ce n'est pas sa juridiction? pourquoi avoir imbriqué autant les liens avec les personnages? Le réel interêt du camp des femmes? Top of the Lake, premiére saison, aurait pu s'éviter quelques scénes maladroites et quelquefois incompréhensibles et quelques scénes avec un developpement de personnages qui ne servent pas le propos, assez glauque il faut dire. Reste une mise en bouche pour le personnage principal et ce qui va lui arriver dans la suite de la série.
Au fil des années, on avait un peu oublié Jane Campion, dont la filmographie n'avait pas tout-à-fait tenu les promesses de "An Angel at my Table" et "The Piano". C'est donc avec un plaisir sans réserve qu'on retrouve sa patte si caractéristique dans cette "mini série" (6 épisodes d'une heure - telle que la série est publiée en DVDs, et non 7 épisodes de 50 minutes comme elle a été diffusée -, pas d'autre saison en vue) quasi parfaite qu'est "Top of the Lake" : condamnation sans appel du machisme, voire de la masculinité en général, peinture subtile de femmes fortes, mais clairement pas épargnées par la folie, respect prudent de la Nature envisagée comme une force supérieure, brutale dans sa splendeur, le tout souligné par une mise en scène à la fois patiente et précise, au fil d'une narration maîtrisant magnifiquement le cours du temps. Pour nous amener exactement là où Jane Campion le voulait, dans l'horreur de ces deux derniers épisodes terribles, bouleversants, où se révèle toute l'ampleur de l'intrigue, toutes les ramifications du comportement - qui semblait jusque là erratique - de personnages à la complexité peu courante, même dans le monde des séries adultes. On appréciera la beauté stupéfiante des paysages naturels de la Nouvelle Zélande (pas besoin du tout des ajouts digitaux de Mr. Jackson pour que ce "Paradise"-là soit magique !), la classe suprême d'un récit qui mise sur l'intelligence du téléspectateur (qui devra lui-même faire tous les recoupements pour comprendre réellement la "révélation" du dernier épisode…), et l'interprétation globalement excellente, même si la palme revient sans aucun doute à un Peter Mullan souverain ici, comme jamais. Bon, avouons quand même qu'on n'irait vivre pour rien au monde au milieu de la population décrite ici, et gageons que l'Office du Tourisme néo-zélandais n'a pas dû remercier Jane Campion autant que Peter Jackson !
Dans une Nouvelle-Zélande sauvage, mystérieuse et inquiétante, Robin, une enquêtrice revenue provisoiremenr d'Australie, enquête sur la disparition d'une jeune fille. À mesure que les recherches progressent, Robin prend la mesure du système d'oppression que quelques hommes imposent aux autres membres de la communauté, et de la complaisance de la police à leur égard. Partant d'un scénario a priori déjà vu (mais pas convenu pour autant), cette série de Jane Campion se démarque toutefois pour son attention à des territoires, des personnages et des situations rarement vus à la télévision et au cinéma. Elle aborde ainsi pêle-mêle et de façon sensible des questions liées aux violences sexuelles, et dénonce avec beaucoup de vigueur un système patriarcal et misogyne que l'on associe rarement à la Nouvelle-Zélande. Un groupe bariolé de femmes d'âge mûre parti faire une retraite hors de prix avec une étrange gourou vient toutefois apporter des touches comiques particulièrement bienvenues. La réussite de la série tient aussi à son héroïne, merveilleusement incarnée par Elisabeth Moss, ainsi qu'à l'ensemble du casting. Bien que les cliffhangers qui émaillent la saison semblent un brin forcés, et même si le dénouement n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur de ce que les épisodes précédents laissent présager, Top of the Lake soutient l'intérêt du début à la fin, et offre un spectacle de qualité, aussi prenant que malin.
Début un peu longs et hasardeux. Par contre la série monte en puissance jusqu'à une fin très haletante et angoissante. Série tenue par d'excellents acteurs.
Tout d'abord j'ai adoré le lieu où se déroulait cette série, les paysages de Lake Top sont superbe entre lac et montagnes, typique de la Nouvelle Zélande. La série est bien porté par des acteurs plus que convaincants, l'histoire est bien narrée et une fois de plus on peut découvrir la cruauté de l'homme...
Je ne donne mon avis que sur la saison 1 car je ne regarderai pas la suite...Intrigue cousue de fil blanc, personnages caricaturaux et exagérés. Bref, l'histoire ne prend pas, et je trouve cette série vraiment décevante. Un point positif: de superbes paysages, c'est ce qui m'a fait tenir pour regarder la saison en entier.
Belle série. Paysages magnifiques de Nouvelle Zélande, scénario bien ficelé, actrices et acteurs de bon niveau. Et surtout des personnages hauts en couleurs : la gourou de Paradize et ses fans, Mat, la petite Tui et bien sûr, Elisabeth Moss. Quelques points négatifs : la fin est complètement ratée et invraisemblable, en dehors de la lente durée de l'intrigue ; il y a des longueurs à cause de l'étalage des états d'âme des uns et des autres... C'est fatigant. Ça casse le rythme. Je l'ai regardé deux fois, à plusieurs années d'intervalle : je ne me souvenais plus de la fin.
Une sorte de série à auteur qui se déroule à Pedoland. On s'ennuie à longueur d'épisodes en espérant que la fin ne soit pas aussi nulle que le reste... eh bien si.
Palmé à Cannes pour "La Leçon De Piano", Jane Campion créée sa propre série qui nous emmène sur ses terres néo zélandaises pour nous raconter une histoire de disparition d'enfant qui va nous procurer pas mal d’émotions. Grâce tout d'abord à l’écriture qui malgré un début tranquille où tous les éléments se mettent en place s’avère prodigieuse sur l'ensemble. La tension et le suspense montent crescendo tout au long des sept épisodes, nous offrant pas mal de rebondissements. Le décor de cette bourgade plantée à coté d'un lac sert de personnage à part entière dans lequel Jane Campion en profite pour en dépeindre ses mœurs par le biais de personnages très travaillés, interprétés par des acteurs de renom tel que Peter Mullan, Holly Hunter ou l’exceptionnelle Elisabeth Moss qui confirme qu'elle est une grande actrice. En somme une série très sombre, sondant les plus bas instincts de l'homme qui nous rappellent d'excellents thrillers.
Une première saison prenante, pour qui arrive à être saisi par l'atmosphère de ce petit village aux énigmes nombreuses. Les acteurs sont excellents, et l'enquête autour de la disparition de la jeune fille passionnante. "Top of the lake" alterne entre temps forts et temps faibles avec réussite. L'ensemble est donc savamment dosé, et la réalisation assez exceptionnelle. A voir.
Une série très dépaysante tournée dans de beaux décors néo-zélandais. Le personnage d'Elisabeth Moss est juste un peu trop agaçante avec ses maladresses. L'histoire est assez sombre, le suspense plutôt moyen, mais j'ai passé un bon moment