Yellowstone est une terre brûlée par le soleil et les trahisons.
Un territoire immense, indompté, qui ne cède rien sans un prix et parfois quel prix !
C’est une fresque, une tragédie, un chant crépusculaire où s’affrontent la tradition et le progrès, la loyauté et la trahison, les racines et l’oubli.
Une Amérique tiraillée entre mythe et réalité.
Une famille qui se dévore pour survivre.
Un monde qui meurt à petit feu, mais qui refuse de disparaître.
Au centre, le ranch des Dutton.
Un empire ancestral menacé de toutes parts.
On s’y entretue pour quelques hectares.
On y aime comme on tue, sans mesure, sans retour, sans pitié.
Le casting est tout simplement parfait selon moi, car je n’imagine pas Yellowstone avec d’autres acteurs/actrices.
Côté personnages (attention spoiler), on retrouve moult clichés mais on s’en doute dès la disparition du fils aîné dans le tout premier épisode.
John Dutton, patriarche inflexible, dernier rempart d’un monde qui s’effondre, parfaitement incarné par Kevin Costner qu’on a plaisir à retrouver dans les grands espaces. Régnant avec une poigne de fer et le silence des hommes qui savent. Chez lui, l’amour se prouve par le sacrifice, et le devoir pèse lourd dans la définition de son amour.
Dans la famille Dutton, je demande le fils en quête de paix, tiraillé entre deux mondes, l’amour et le devoir. Le révolté qui lutte contre ses propres ténèbres, cherchant à évoluer pour faire le bien. L’équilibre, il le trouve dans son foyer auprès de son fils et son épouse qui lui apporte une toute autre vision du monde.
Jamie, le fils mal-aimé, se débat entre ambition et besoin d’amour. Il veut bien faire mais il ne sait plus pourquoi et pour qui. Il est l’enfant des décisions impossibles. Il choisit toujours trop tard, ou trop seul.
Celle qu’on n’attendait pas dans ce rôle là, c’est bien Kelly Reilly qui nous offre une prestation d’exception dans le rôle Beth. De la justesse du début à la fin, elle incarne la bad’ass dans toute sa splendeur et légitimité, un ouragan en robe noire. Elle pense plus vite que tout, frappe là où ça fait mal, avec pour armes son intelligence et sa douleur. Elle est brisée et entière, sublime et dangereuse.
Et puis il y a Rip, l’ombre fidèle. Un chien de guerre valeureux. Un cœur qui ne bat que pour Beth. Il tue comme on protège. Il aime comme on se sacrifie.
Enfin, il nous faut des opposants comme dans toute épopée digne de ce nom.
Le voici, Thomas Rainwater, chef amérindien au nom bien choisi, incarne l’autre voix. Celle de ceux qu’on a dépossédé. Stratège silencieux, il observe, attend, et tente de reprendre ce qui fut volé, sans renier ce qu’il est.
Yellowstone, c’est une série de contrastes : la beauté sauvage des paysages contre la brutalité des actes. L’élégance d’un cheval lancé au galop, et le sang qu’on lave au bord d’une rivière.
C’est beau, mais avec le temps, le style prend le pas sur le sens et on tourne un peu en boucle avec des énigmes prévisibles d’une saison à l’autre.
Les plans sur les couchers de soleil, façon pub pour Wrangler ou Marlboro, c’est sublime, mais on en espère parfois un peu plus.
Cela dit, je reste tout de même prise au piège de cette tension permanente jusqu'au dernier épisode qui offre une fin parfaite !