Mr.Robot a eu de très bonnes critiques de la part des médias et des spectateurs avec des épisodes d’une heure chaque. La bande annonce de cette série donnait envie de la voir. Cependant lorsqu’on s’installe confortablement dans son canapé et qu’on lance le premier épisode, il y a déjà un problème : la voix off. Celle-ci peut-être intéressante à exploiter, pour ma part, elle peut être soit extérieure à l’intrigue et aux personnages de la narration, soit peu présente pour ne pas alourdir les images. Or ici la voix off est omniprésente et souligne la schizophrénie de l’acteur principal, qui, certes, a un bon jeu, mais une mauvaise interprétation du hacker à la Robin des Bois car certes les yeux d’un geeks qui passent leur vie derrière leur écran sont explosés mais pas globuleux comme ils le sont ici. Par ailleurs, les cracks qu’il fait paraissent très simples et à la portée de tout un chacun alors qu’il est censé cracker des entreprises ayant une grosse influence, par conséquent une grosse sécurité informatique.
De plus, cette amourette qui semble peu crédible étant donné que le hacker se dit anti-social et donc il n’est pas censé entretenir une relation avec les autres. Néanmoins, cet aspect est tout de suite atténué quand la première séquence dévoile ce hacker en présence d’une personne qu’il a hacké et à qui il demande une rançon sans quoi il divulguera toutes les informations qu’il connait à la police. Là encore, il y a des grosses imprécisions et incohérences puisqu’il se dit anti-social, impassible à approche humaine, et indifférent à l’argent. Or, il demande à être payé tout en soulignant que l’argent ne l’intéresse pas. Et il travaille pour une agence en tant qu’agent de sécurité de l’entreprise, donc il a un salaire et côtoie autrui. Une nouvelle fois on nous prouve qu’il n’est pas si anti-social que ça.
Tout ce côté narratif de la série, pour moi, manque de préparation et de recherches sur le sujet des cyber-criminels, des hackers et tout autre genre de personne travaillant, seul, derrière son ordinateur.
Du point de vue de l’esthétique de l’image et du son. Les idées étaient bonnes au départ, avec une bonne musique bien classique à la Requiem for a Dream qui nous met dans un environnement pesant et anxiogène. Mais la musique a toujours la même intonation le même but qui est de faire montrer la tension tout au long de l’épisode. Nous pourrions voir cela comme un point positif pour la série mais c’est justement là où le défaut réside, dans la répétion et le manque d’originalité.
En ce qui concerne l’image, si la valeur de plan est toujours la même avec des éclairages très sombres ou très blancs afin de signifier les deux pendants du hacker. D'un côté le pacificateur, en dénonçant les défauts des systèmes de sécurités et ainsi dévoiler leurs failles et d’un autre la noirceur de ce personnage schizophrène qui va aller loin dans sa manière de dénoncer les cyber criminelles et les fautes professionnels. Quant au montage cut, il fonctionne très souvent lors d’un montage d’un film mais ici il est tellement utilisé que le spectateur est perdu d’un point de vue spatio-temporel.
La série avait de l’originalité dans le sujet mais cela ne fait pas tout, le scénario doit pouvoir suivre et être fiable le sujet étant assez connu aujourd’hui. De plus, la qualité d’images devrait empêcher la lassitude, ce qu’elle ne fait pas devant un épisode qui dure tout de même une heure.
Pour le second épisode j’attends qu’il puisse m’apporter des réponses à tous les problèmes que j’ai soulevé ici.