Foundation était, avec la sortie collatérale du film Dune, deux des œuvres les plus complexes et abouties de la littérature de science-fiction adaptées à l’écran.
Production Apple+, on sent que les moyens financiers sont là, et que les auteurs ont eut la liberté nécessaire pour retranscrire une oeuvre supposée inadaptable.
J’aime que la série brasse plusieurs visions du futur, à la fois une planète-capitale très moderne Trantor, mais également des planètes beaucoup plus pauvres et peu développées, notamment en raison de considérations religieuses (Synnax, la planète des eaux, et Lune Vierge, la planète désertique siège de la religion).
On trouve également une dissonance dans le palais impérial, qui par définition, n’a pas, dans l’inconscient collectif du spectateur, quelque chose à faire dans une oeuvre futuriste.
L’une des choses les plus difficile à montrer à l’écran est le temps qui passe dans le palais impérial, sachant que les clones de l’Empereur ont tous à des moments données, le même visage et le même âge. Mais l’on comprend que malgré le même ADN, chaque Cléon a quelques légères différences, suites aux évènements qu’il a du endurer.
Le casting est l’un des plus grandes réussites du show, capable de nous immerger dans ces intrigues de palais, secte de scientifiques prédisant l’effondrement de la civilisation, et toutes les sous-intrigues qui les relient.
La découverte de la série est clairement Lou Llobell, jeune mathématicienne fuyant une société gouvernée par des fondamentalistes religieux inquisiteurs, l’actrice accompagne le téléspectateur dans cet univers neuf et visionnaire, par ses questionnements, ses doutes, ses peurs, et par le fait qu’elle semble subir le destin que d’autres lui ont choisi arbitrairement, impliqués dans des évènements qui la dépasse totalement.
La série s’appuie sur des acteurs secondaires mais confirmés tel le charismatique Lee Pace (Cléon à 40 ans), Clarke Peters, le père posé et savant de Salvor, Jared Harris incarnant avec un naturel pas possible l’énigmatique mathématicien Hari Seldon, ou Terrence Mann jouant avec beaucoup de force la version âgée de Cléon.
On ne peux pas non plus oublier la guerrière farouche et jusqu’au-boutiste Phara, incarnée par l’excellente Kubbra Sait.
On découvre également la charmante Amy Tyger alias la jardinière Azura, faisant tomber amoureux la version ado de Cléon.
L’actrice Leah Harvey qui joue le rôle pourtant central de Salvor Hardin manque de subtilité, au jeu d’acteur trop masculin et sommaire à mon goût.
Idem pour son comparse Daniel MacPherson qui interprète son amoureux Hugo, il est vraiment trop détaché et pas assez impliqué émotionnellement pour être crédible.
On sent que le final est un poil rushé pour terminer les intrigues de la première saison, avant de revoir les personnages-clés revenir dans la seconde saison (le sommeil spatial a bon dos).
Reste une série qui marque par sa qualité, sa recherche esthétique, et la volonté de ses auteurs de ne pas simplifier l’intrigue au maximum, tout en donnant un spectacle digne des grandes œuvres de science-fiction, et de présenter des personnages ni noir ni blanc, capable d’une rare complexité psychologique. Et c’est déjà beaucoup.
On est à des années-lumières (#humour) de la version pour ados de Star Trek. Une oeuvre à voir absolument.