N'ayant pas vu Le Bureau des Légendes, je me garderais de faire une comparaison entre les 2 séries et c'est donc sous un regard totalement neuf que j'ai découvert cette adaptation américaine.
Précisons que même si elle se passe côté "yankee", avec tout ce que ça suppose sûrement comme différence d'esprit et de ton par rapport à la série originale française, on suit l'équipe de la CIA de Londres, ce qui offre malgré tout une petite touche européenne et plus subtile à l'ensemble, puisque les agents ne sont pas tout à fait chez eux. D'ailleurs, les personnages jouent sur cet aspect dès lors qu'ils se confrontent à leur hiérarchie à Washington, une direction nettement moins subtile par contre (McNulty ce chien^^).
Concernant cette saison 1, je suis rentré dedans direct, même si ça commence doucement le temps de présenter les protagonistes et les enjeux. Mais une fois que ça s'emballe, on est pris dedans et on a hâte de connaître la suite épisode après épisode dans un contexte de tension USA vs Russie vs Chine qui se reniflent constamment, avec l'Europe et l'Afrique comme terrain de jeu... ou comme paillason (car y'a pas d'autres mots^^).
Michael Fassbender campe, comme à son habitude, un personnage froid et calculateur, à la fois charismatique et rassurant tout en étant inquiétant par moment. On peut dire qu'il était fait pour ce rôle. Même si on a parfois du mal à avoir de l'empathie pour son personnage de Brandon "Martian" Colby, son amour pour la belle Samia et sa relation tendre avec sa fille Poppy le rendent nettement plus sympathique qu'avec ses collègues de bureau. La frontière est souvent mince entre un "héros" qui contrôle la situation et/ou qui est en train de perdre pied face aux événements, comme cette confusion entre le personnel et le professionnel alors que la profession d'espion exige (pour des raisons évidentes) de totalement séparer les 2. Cette dualité donne tout son sel à cette série et bien malin qui sait comment ça va se terminer pour lui.
Pour compléter ce casting 5 étoiles on retrouve entre autre Jeffrey Wright et Katherine Waterston, ainsi qu'un Richard Gere en chef de l'agence londonienne vraiment très (très) convaincant, nous faisant regretter de le voir aussi peu à l'écran ces dernières années.
Avec des références directes à la guerre en Ukraine, certaines situations gagnent en crédibilité, même s'il est difficile de savoir si c'est à ce point réaliste ou pas. En revanche, on est assez surpris de cette "réunion secrête" tenue entre le Soudan et la Chine qui n'ont rien trouvé de mieux que de la faire à... Londres, là où ça grouille d'espions anglais et américains alors que c'est précisément eux qu'ils veulent éviter de mettre au parfum. Mais passons cette incohérence.
On suit également les "débuts" d'une jeune espionne Daniela qu'on veut lancer dans le grand bain... en Iran, rien que ça. Faut s'accrocher comme 1ère mission dis donc ! On sera également un peu surpris qu'on envoie un simple analyste (Owen) en Biélorussie dans la planque d'un espion pour des vérifications, un peu risqué tout de même s'il s'était fait choper par les renseignements locaux ou le FSB. Et que dire de la secrétaire de Volchock qu'on envoie au casse pipe sans remords avec un vulgaire micro planqué dans la chaussure du roi de la parano (dixit la CIA elle même), pas très sérieux. Sous une apparente maîtrise des éléments, la CIA fait donc parfois dans l'amateurisme dans l'empressement dans cette série. Espérons que la réalité est un peu plus sérieuse. Mais ici, pour de la fiction, il faut admettre que ça pimente un peu plus les choses.
Au final, malgré quelques petits couacs, j'ai franchement adoré cette saison 1 de The Agency et je regarderais la 2ème avec grand plaisir. Je conseille fortement aux amateurs de séries d'espionnage. Si vous attendez beaucoup d'action, vous serez déçu par contre, ce n'est pas un James Bond. D'ailleurs le personnage de Martian le dit lui même à la psy, si vous recherchez le glamour, les cascades et les montres qui explosent, vous vous êtes trompés de métier... ce n'est uniquement que de la duperie, même à soi même !