Une deuxième saison qui creuse le sillon de la première, à ceci près que la bizarrerie n’a plus ici la force d’une déflagration. Elle n’est plus un OVNI dans le paysage de la fiction française, elle est plutôt devenue elle-même un paysage à part entière, ovniesque sans aucun doute, mais aussi plus en prise avec notre monde contemporain. La poésie du quotidien est remplacée par une inquiétude existentielle où passent tous les fantasmes d’invasion (migrants, extraterrestres, extrémistes, zombies...) et qui prend encore une fois la forme (après la saison 3 de Twin Peaks, à laquelle on pense inévitablement) de la figure du double, inépuisable source de vertige. Entre les univers de Tati et de Lynch, Dumont trace une voie étroite qui en rebutera plus d’un, mais qui regorge d’idées géniales et repose sur une pensée aussi simple qu’une formule mathématique : 1+1=0. Le double, c’est le néant. Ou, pour le dire autrement, quand on est obligé de compter sur ses doigts pour savoir à qui on a affaire, c’est qu’on est tombé dans le règne de l’inhumanité. Que tout ça se résolve dans une parade carnavalesque pourra sembler une facilité, mais j’y vois la preuve que Dumont a touché du doigt une gravité telle que seule la plus grande légèreté peut lui servir de réponse et de conclusion.
Le retour de QuinQuin, devenu CoinCoin, montre après 2 ans que les tronches ont changé, les gosses ont grandi, mais l’ambiance absurde et la bizarrerie ambiante n’ont pas quitté le petit patelin de l’entre-deux Cap. B. Dumont reprend le même humour ultra-décalé et caustique qui a fait la réussite de la première saison, et gare à celui qui n’a pas le décodeur de l’humour au 3ème degré-bis qu’il faut avoir pour trouver l’oeuvre jouissive. Et elle l’est !!! Jouant souvent sur le ressort du gag répétitif, on ne sait jamais où B.Dumont va s’arrêter, et autant prévenir qu’il ira loin, beaucoup plus loin, plus drôle et plus absurde que “QuinQuin“. Dans cette deuxième saison, le réalisateur apporte une touche plus politique (les migrants, la religion) qu’il faut savoir néanmoins décrypter. Et non, jamais le réalisateur nordiste ne se moque des habitants de cette magnifique région du boulonnais, il arrive bien au contraire à y retranscrire le coeur généreux et sincère des gens qui y vivent (parole de ch’timi !!!). Cette saison est l’occasion de mettre en avant le duo génialissime et no-limit des 2 gendarmes Van der Weyden & Carpentier, qui pique cette fois-ci la vedette à CoinCoin et à la découverte de son adolescence. Encore bravo pour ce casting, de moins en moins amateur, mais toujours d’une authenticité et d'une pureté incroyable. Néanmoins, on regrettera que B.Dumont néglige un peu sa réalisation aux allures un peu cheap (ce qui n’était pas le cas au premier opus avec de superbes cadrages). Les effets spéciaux et cascades sont du même acabit mais se marient bien à l’absurdité du propos. Le scénario perd en originalité (1ère saison) ce qu’il gagne en scènes de drôlerie, mais reste un peu fainéant sur son final. “CoinCoin et les Z’Inhumains“ a un réalisateur-scénariste extra-terrestre dans son casting au nom de B.Dumont, une pépite de drôlerie et d’absurdité assumée qui font encore avec ce “CoinCoin“ un moment exquis d’humour OVNI.
Quelle galerie de deglingos !! Sur l intrigue on ne sait quoi dire puisque c est assez improbable. Une série qui s attaché à décrire des personnages et des situations debiles... ça peut plaire, à condition d apprécier le second voire le 3eme degré ... la saturation peut arriver au bout d un épisode. A consommer avec modération ? Afin d éviter que ça devienne pénible à force de répétition avec ces acteurs "étranges". Dur dur pour l image des Haut de France également... sans généraliser ça n aide pas à vendre le "tourisme" local, ce n est pas bienvenue chez les ch'tis
Géniale maîtrise de l'absurde et du surréalisme ! Scénario qui fonctionne bien, un jeux d'acteur incroyable, et une réalisation très réussit. Quand on voit d'autres réalisations comme Au poste de Quentin Dupieux on comprends que c'est un genre difficile à maîtriser, Bruno Dumont y excelle ... Merci pour ce petit bijoux.
L humour français traditionnel est baigné d autoderision et c est un signe d intelligence et d apaisement d esprit. De Funès, Bourviil, Fernandel en symbolisent la quintessence. Bruno Dumont semble s'inscrire dans cette tradition en mêlant la simplicité (à la limite du handicape) avec l attachement bienveillant (Les comédies actuelles se vautrant trop souvent dans le politiquement correcte) . Il est cependant à regretter que cette auto dérision s arrête à la seule population "française de souche" (les autres etant systématiquement traités avec déférence,, respect touchant à l obsequieux, l immigré étant presque toujours intelligents, très sensibles, gentils etc.. brefs cumulant des qualités forcées hyper prévisibles rebarbatives et parfaitement absurdes .). Ce politiquement correcte pour certains mêlé à la dérision pour d autres est gênant et souligne bien le malaise au lieu de le gommer. A quand l autoderision pour tous ? A quand des Algériens grotesques, à quand des migrants débiles mais attachants ? Pas pour demain si on regarde la filmographie hagiographique du producteur historique de B. Dumont.
Dans cette série grand guignolesque tout se mélange dans un carnaval réjouissant et la fin du monde est prise dans le maelström du mélange ethnique. Les deux policiers, le Commandant et son fidèle accolyte, sont assez fascinants.
L'ovni cinématographique le plus déjanté, drôle, parfois dérangeant que j'ai vu depuis longtemps. Ça laisse pas indifférent. Les personnages sont attachants et vous impriment la mémoire pour longtemps. Idem des dialogues et un scénario incroyable. Mais c'est très clivant. On aimera beaucoup ou on se barrera en courant.
Moi, j' adore ce film, car c' est l' humour improbable, un peu et en encore plus absurde que les Charlots à leur époque, l' absurde des situations fait que c' est drôle, ceux qui comprennent l' humour loufoque ne peuvent qu' aimer les autres c' est qu' ils ne le comprenne pas
Le genre de serie clivante, difficile d’etre dans un entre-deux, soit on aime, soi on deteste...j’adore ! Mais c’est tellement indefinissable qu’il faut essayer par soi même! Les acteurs amateurs (de moins en moins amateurs au fil du temps) sont "excellents", le scenario est loufoque à souhaits. J’admire toujours avec incrédulité ce qui peut sortir du cerveau de gens comme Dumont, Dupieux ou Gondry, pas toujours pour le meilleur mais au moins on est sur de voir quelque chose de rare qu’on ne verra pas ailleurs. Au bout du compte, L’OFNI l'emportera toujours sur le blockbuster insipide et CoinCoin est un bon exemple
C'est complètement absurde, sans doute un héritier du roi UBU. Les personnages sont grotesques et si on peut en rire c'est parcequ'ils ne sont pas crédibles. ce sont nos travers et nos bêtises poussées à leur maximum. C'est de nous que l'on rit grace à cette série. C'est une farce qui se termine en musqiue et avec le carnaval. Je lui reprocherais juste quelues longuers.
J'y ai retrouvé l'accent du Nord dont je suis originaire. L'accent vocal mais aussi comportemental comme le parler peu mais franc, les sans détours, la brutalité mais la sensibilité aussi. tant de qualités et de défauts typiques du Nord. On n'aime pas se prendre au sérieux dans le Nord, alors là pour le coup c'est gagné. Comme la précédente série Quinquin, tout est original et réussi dans celle-ci : comme la mise en scène en laissant de vrais gens jouer, les scènes loufoques et déjantées, des plans sublimes, et cette Poésie soufflée par la brise marine... Comme il serait intéressant de voir l'oeil du peintre Bruno Dumont se poser quelque part ailleurs également , dans une autre région ! La France est tellement diverse avec des gens , tous avec leur propre charme et saveurs. Et comme le dit si bien Bruno Dumont: tous forgés par les paysages qui les entourent.
Une série extraterrestre! Une originalité dans le PAF. C'est pas le régionalisme marquant qui est drôle, on n'est pas dans la moquerie. C'est l'absurde qui fait rire. Et dans le quotidien on en rigole encore : " hein?! Carpentier!! C'est quoi c'bordel?" (+pet de la bouche). Si c'est pas ça une série marquante si ce n'est d'en délirer encore des jours après? Mention spéciale aux 3 acteurs principaux. Bernard Pruvost, Philippe Jore et Alane Delaye qu'on reverrait bien volontiers dans d'autres prestations filmées. C'est bien aussi des films, téléfilms ou série sans acteurs professionnels. Ca permet de découvrir des pépites.