Le Cabinet des Curiosités de Guillermo del Toro, sorti en 2022, adopte un format anthologique où chaque épisode raconte une histoire indépendante, rappelant Black Mirror. Toutefois, là où cette dernière brille par des concepts percutants et des thématiques marquantes, la série de Del Toro peine à concrétiser son ambition. Dès le premier épisode, l’introduction laissait entrevoir une œuvre originale et immersive, mais la suite s’avère largement décevante.
Certains épisodes sont plombés par des messages idéologiques trop appuyés, tandis que d’autres manquent cruellement de direction et de profondeur narrative. Ce déséquilibre nuit à l’ensemble et empêche la série de trouver une véritable cohésion.
Le premier épisode illustre bien ces défauts : son scénario est faible et sa réalisation manque d’ampleur. Il véhicule un message politique caricatural, opposant de manière simpliste certaines catégories de personnes. Plutôt que de se concentrer sur son propos horrifique, il s’égare dans une critique stéréotypée qui alourdit le récit.
Dans le deuxième épisode, le personnage principal incarne une vision manichéenne de l’avidité et de la corruption, un traitement vu et revu qui manque de subtilité. Cette approche, en plus d’être prévisible, affaiblit l’impact de l’histoire et empêche toute immersion véritable. Heureusement, le troisième épisode relève le niveau en proposant une enquête policière teintée de fantastique, où un cadavre animé et une atmosphère glauque apportent une intrigue bien rythmée et plus engageante.
Le quatrième épisode, quant à lui, souffre d’un message contradictoire. Il critique la superficialité, mais finit par la valoriser d’une manière qui rend son propos confus. Une approche plus équilibrée aurait mieux servi son récit, par exemple en montrant qu’une femme peut se sentir bien dans sa peau sans devoir correspondre à des standards imposés.
Les cinquième et septième épisodes s’avèrent anecdotiques, sans réel impact narratif ou émotionnel. En revanche, le sixième, porté par Rupert Grint, se distingue en abordant avec justesse le thème du deuil, offrant une réflexion touchante et bien menée. Le huitième et dernier épisode, avec Andrew Lincoln – inoubliable Rick Grimes de The Walking Dead – parvient lui aussi à traiter ce sujet de manière sensible, apportant une conclusion un peu plus solide à l’ensemble.
Visuellement, la série bénéficie d’une réalisation soignée et d’une direction artistique inspirée, mais cela ne suffit pas à compenser ses faiblesses. Son rythme excessivement lent rend de nombreux épisodes interminables, et la plupart des intrigues, creuses et peu captivantes, manquent de tension et de mystère. On a souvent l’impression que la série s’étire sans nécessité, diluant ce qui aurait pu en faire une expérience marquante.
En définitive, Le Cabinet des Curiosités avait tout pour réussir, porté par un cinéaste talentueux et un concept séduisant. Mais entre des récits inégaux, des messages parfois trop appuyés et un rythme laborieux, la série peine à captiver. Quelques rares épisodes sortent du lot, notamment grâce à de solides performances d’acteurs comme Rupert Grint et Andrew Lincoln, mais cela ne suffit pas à en faire une œuvre mémorable.